Réflexions
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contre l'oubli: Photo-blog
Ces textes sont
aussi affichés via un blog sur Le Monde ici - - du 7 février au 31 mars 2005 -
Vendredi 17 juin - 08h10 - Big Brother?
Qui le premier a annoncé la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi?
L’AFP, CNN, Associated Press, Reuters, BBC, al-Jazirah, … ? non!
Alors France Info, LCI, France Inter, liberation.fr ou nouvelsobs.com … ? eh bien, non plus!
Alors TF1, France2, Canal+, TV5, le Quai d’Orsay … ? ce n’est pas ça non plus!
Alors qui ?
Eh bien le réseau de téléphonie mobile Orange via un service (payant) d’infos en direct. Pour du direct, c’est du direct puisqu’ils ont été plus vite que tout le monde (de près d'une heure pour certains canaux habituels).
Mais une question, comment l’opérateur Orange l’a-t-il su ? … En écoutant les mobiles des gars de la DGSE qui ont un abonnement à Orange, par exemple?
J’aimerai bien que l’on me donne cette réponse.
Jeudi 16 juin - 10h00 - Lettre ouverte à M. Bernard Bajolet, ambassadeur en Irak
Monsieur l’Ambassadeur,
J’ai écouté avec beaucoup d’attention la chronique de J.A. Richard sur RTL hier mercredi 15 juin et votre interview. Afin de ne pas laisser place à l’interprétation, voici la retranscription exacte de ces 55 secondes.
«L’ambassadeur de France en Irak a clairement décidé d’augmenter la pression sur les reporters qui y sont encore sur place et particulièrement sur la seule journaliste française présente de façon permanente en Irak. Bernard Bajolet reconnaît publiquement qu’il a adressé le 1er juin dernier une lettre officielle à Anne-Sophie Le Mauff*, une pigiste qui se trouve en Irak depuis plus d’un an.
«Bon, vous savez, je la connais bien, donc en toute amitié, je l’ai conjuré de quitter ce pays en lui disant qu’il n’y a plus d’excuse pour ceux qui se trouvent encore ici. Il est de notre devoir de porter assistance aux Français qui se trouvent en Irak mais en même temps il est aussi de notre devoir de les inciter de ne pas se jeter dans la gueule du loup».
Clairement, le représentant de la France en Irak craint une nouvelle prise d’otage de Français, journaliste ou non d’ailleurs. Des lettres de mise en garde ont également été envoyées à des hommes d’affaires, des techniciens, des particuliers français installés en Irak. Après neuf mois de prises d’otages, Chesnot, Malbrunot puis Aubenas, Bernard Bajolet souhaite surtout reprendre son activité «normale» d’ambassadeur : «L’ambassade, elle est là d’abord pour le peuple irakien, pour la reconstruction, pour la réhabilitation d’hôpitaux ou d’écoles, pour l’octroi de bourses à des Irakiens, or je vous avoue que au cours des neuf derniers mois, j’ai dû un peu laisser de côté ces activités là.»
Monsieur l’Ambassadeur, quelle vision avez-vous de l’information ? Et surtout quelle vision avez-vous quand vous déclarez que «l’ambassade est là d’abord pour aider le peuple irakien» ?
Dans un des ses derniers articles consacré à la condition des femmes en Irak (publié en mars 2005), Anne-Sophie Le Mauff, écrit : «Parmi les victimes de ce conflit armé qui s’éternise, les femmes, majoritaires dans le pays (…) après des décennies de violences, les femmes méritent un sort meilleur (…) Nous vivons un enfer, explique Nidal, une étudiante en médecine originaire de Ramadi. Plusieurs de mes amies ont cessé l’université après avoir reçu des menaces de morts. Nous vivons en sursis, souligne-t-elle». Une militante des droits de la femme explique : «Il ne faut pas en oublier pour autant la menace des islamistes qui tentent de contrôler le pays. C’est en mobilisant nos amis à l’intérieur et à l’extérieur du pays que nous parviendrons à faire baisser cette fièvre, ennemie de tout progrès.»
Florence Aubenas –qui revient de l’enfer- était l’invitée de Stéphane Paoli à 07h20 le 15 juin. A Stéphane Paoli qui déclarait : «Il est impératif de pouvoir nous dire ce que vous nous dites ce matin. Que ces hommes et ces femmes sont privés de leur propre liberté, de leur visage et de leur apparence. Parce que si on ne le dit pas, ils auront de moins en moins d’apparence. Et peut-être qu’un jour ils disparaîtront sous une barbarie ou une autre. Donc il faut y être.» Et Florence Aubenas a répondu : «Bien sûr qu’il faut y être.»
En avril, lors du triste anniversaire des 100 jours de captivité pour Florence et Hussein, Anne-Sophie Le Mauf écrivait : «Le reportage est plus que jamais indispensable pour comprendre la vraie réalité des événements.»
Monsieur l’Ambassadeur, si une chape de silence –et de barbarie- s’abat sur l’Irak, que deviendra le peuple irakien ? Comment vous seul –et les quelques personnes de votre équipe- pourrez faire face à ce défi «d’abord pour le peuple irakien» si le monde entier n’est là pour le savoir? Et pour lutter.
Nous sommes des centaines de milliers en France à avoir manifesté pour Christian Chesnot, Georges Malbrunot, Florence Aubenas, Hussein Hanoun. C’est la preuve que nous souhaitons être informés. Que nous comprenons que des journalistes prennent des risques car ces risques sont nécessaires pour l’éveil de la démocratie et de la liberté en Irak. Les Irakiens le disent : «C’est en mobilisant nos amis à l’intérieur et à l’extérieur du pays que nous parviendrons à faire baisser cette fièvre, ennemie de tout progrès.»
Il est donc de votre devoir de nous aider, d’aider les journalistes et donc de ne pas leur demander de partir.
Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de mes très respectueuses salutations.
* NDA: Anne Sophie le Mauff est notamment pigiste pour l'Humanité, Radio-Canada, i-Télévision, et Canal+; Roger Aucque pour TF1-LCI, TV5 et RMC-Info (détenu 11 mois par le Hezbollah libanais pro-iranien en 1987) était encore en Irak en avril 2005. [Hors courrier: j'ajoute que depuis la formation du gouvernement irakien, il y a six semaines, au moins 900 personnes sont décédées à la suite d'attaques. Ce dont on ne parle pas beaucoup dans nos journaux. Or 900 morts, c'est tout de même une sacrée catastrophe. Et combien de blessés?... ah oui, il n'y a plus de journaliste pour compter...]
Mardi 14 juin - 18h00 - Et maintenant ? Soyons hypocrites ?
Maintenant, je souhaite d'abord que Florence reprenne une vie normale, quoique en conclusion de sa conférence de presse, elle dise que c'est déjà le cas. Mais cela sera rude après une telle épreuve. C'est d'ailleurs ce que disait Georges Malbrunot sur RTL hier soir.
Maintenant, que devient ce site? Son but initial était de traduire les messages de Libération pour que les internautes irakiens les comprennent. Des bloggeurs irakiens ont affiché dès février la photo de Florence ou mes messages. Qu’ils en soient remerciés. Comme ils ont aussi été les premiers à me manifester leur plaisir à la libération de Florence dès dimanche midi, qu’ils en soient doublement remerciés. Au bout de quatre mois d’existence, ce sont des milliers de visiteurs qui sont venus, d’une soixante de pays. Mais maintenant, arrêter là, comme le comité de soutien qui s’est dissout aujourd’hui ? Ou continuer pour parler des autres : Ingrid Betancourt toujours retenue ? Douglas Wood en Irak ? De ceux qui meurent aussi. Est-ce qu’en parler une fois de plus est utile alors que RSF, IFJ, IFEX le font déjà si bien ? Cette question me taraude depuis longtemps. Et je n’ai pas la réponse cet après-midi.
Et maintenant, quel regard aussi porter sur la communication ? Car autour de cette affaire, on découvre que des choses ne sont pas dites. Ne seront probablement jamais dites. Il y a eu six cassettes vidéo mais nous n’en avons réellement vu qu’une, celle du 1er mars, sans laquelle on n’aurait probablement pas su qu’il y en avait eu une autre peu de jours auparavant, et encore deux cassettes les 20 janvier et 8 février (cf. conférence de presse de Florence Aubenas)… Et puis Florence a été claire en parlant de ses ravisseurs "On n’arrive à rien avec votre ambassade" (20 janvier) et "votre ambassade, toujours rien, j’y arrive pas" (8 février). Alors que dans le même temps le quai d’Orsay disait «aucune info». Pourquoi ce silence?
Et puis les journalistes roumains ont croisé Florence et Hussein mais ils ne l’ont pas dit. Je comprends bien sûr que « dans l’intérêt des otages », il faille faire attention à tout. Mais à l’avenir que retenir de ce que l’on nous dit ? J’entendais hier matin Christian Chesnot expliquer sur France Inter que dans son livre, ils (lui et Georges Malbrunot) avaient masqué des noms, tu des informations, que le livre avait été relu par la DGSE. Je pensais acheter ce livre, mais maintenant je n’en ai plus envie. Cela ne m’intéresse pas de lire un livre «corrigé». Bien sûr, je comprends les raisons. Mais comprendre n’est pas forcément admettre. Bien sûr, pour gagner une bataille il faut accepter de perdre des hommes. Aussi pour cette raison suis-je contre la guerre et pour le dialogue et la négociation. Bien sûr, certains sont irraisonnables… Alors comment dialoguer ? D’où la guerre. Et les morts. Et les prises d’otages. Que de souffrances ! Mais nous simples citoyens ? Nous nous sommes battus pour soutenir Florence, pour la liberté de la presse et la liberté de l’information et, et… nous ne saurons jamais l’exacte vérité sur toute cette affaire. C’est tout bonnement aberrant. J’ai écouté avec une attention très particulière chaque mot de Florence durant sa conférence de presse à 16h00. En parlant des journalistes roumains, elle a déclaré "la façon dont ils témoignent est particulière", puis "ça ne m’amuse pas de faire ça". Et encore à une troisième intervention d’un journaliste roumain : "On est dans une situation ridicule" et "je ne fais pas ça pour protéger des ravisseurs". C’est quoi le «çà» ?
J’avoue que j’aurai aimé que l’on me dise que Florence était vivante, qu’on avait des images, que les négociations avançaient ou quelles étaient dures... J’ai croisé professionnellement Florence, je l’ai appréciée. Et j’ai été très touché par son enlèvement. Je ne suis pas de sa famille, mais nous sommes de la même profession, et après tout, je n’aurais pas réagi différemment qu’elle fut ma sœur, ma fille, mon épouse, ma collègue. Au quotidien, l’omniprésence de son absence était parfois cruelle. Alors, oui, j’ai souffert ce manque d’informations. Et je suis souvent resté ma plume en l’air à essayer d’imaginer ce qu’elle souffrait. Alors j’ai milité, j’ai dépassé mon trac et pris le micro devant des assemblées pour parler d’elle, j’ai affiché, j’ai dessiné, et pas un jour ne s’est terminé sans que j’ai au moins une fois parlé d’elle à un meeting, à un inconnu, à un spectacle, dans un courrier électronique... Oui, j’ai souffert de cette détention absurde et j’aurai aimé vraiment connaître la vérité. Aussi j’ai apprécié et j’ai été très touché quand elle a dit "le courage, il était ici aussi. Ce courage de soutenir quelqu’un pendant 157 jours (…), cette histoire, c’est une histoire collective (…)".
Invité de RTL hier soir, Georges Malbrunot déclarait "On ne sait pas tout et tant mieux parce que toute chose n’est pas bonne à dire" et à propos de la rançon disait aussi "C’est quelque chose qu’il faut garder au secret". Quelques heures plus tôt, sur la même antenne, Alain Duhamel déclarait "La vérité, on le sait bien, la vérité, c'est que les principes, c'est que les gouvernements ne doivent pas traiter et verser de rançon, que la réalité ce ne sont les sentiments humanitaires qui brusquement saisissent les kidnappeurs, simplement il ne faut surtout pas le dire parce que ça encouragerait d'autres ravisseurs et puis parce que les gouvernements se débrouillent pour que tout çà se passe par intermédiaires. Alors, soyons sincères en se réjouissant de la libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun, et soyons hypocrites pour le reste". C’est cette hypocrisie qui me dérange.
J’ai entendu Dominique Bromberger, hier soir à 19h15 sur France Inter qui déclarait : "Faut-il parfois se résigner à ne pas tout savoir ? La démocratie, c’est vrai, en pâtit. Mais si cela permet de sauver des vies… Peut-être est-ce nécessaire… Au moins jusqu’à preuve du contraire…"
En tout cas, voilà bien des sujets de réflexion et d’études, des sujets pour des débats philosophiques, pour les écoles de journalisme ou pour les écoles politiques.
Lundi 13 juin - 14h00 - Quelle utilité ?
Voilà donc Florence et son guide libérés. Après le soulagement, les questions.
Une première question pour moi : toute cette mobilisation, ce travail, ce site ont-ils été utiles?
En ouvrant ce site fin janvier, la question ne se posait pas : il fallait le faire : je trouvais que les choses ne bougeaint pas assez vite. Puis au fil des semaines, puis malheureusement des mois, bien souvent se posait la question : à quoi ça sert? Pourtant, des internautes de plus 60 pays différents sont passés sur ces pages. Qu’en ont-ils vu ? retenu ? … Mystère. Ce sont des milliers de pages qui ont été affichées (plus de 8500 alors que le site n'en compte que quelques unes). Et au final, les trois premiers messages reçus hier en fin de matinée ou en début d’après-midi sont venus… d’Irak. Peut-être cela a-t-il donc servi à quelque chose ? Et puis même si cela n’a servi à rien, il faudra recommencer parce qu’on ne sait jamais ce qui peut être utile.
Extrait de la Tribune de Genève de ce matin : La mobilisation a payé? Ce n'est pourtant pas l'avis de l'ambassadeur de France en Irak. Hier, Bernard Bajolet s'est interrogé sur l'efficacité des campagnes médiatiques, suggérant qu'elles faisaient aussi le jeu des ravisseurs. Le diplomate s'est surtout félicité du rôle de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui semble avoir été déterminant.
A en croire Florence Aubenas, le simple voir de voir ce logo "140" à la télé a été une impulsion suffisante pour lui donner du courage. Alors certes, cela peut faire augmenter le prix des journalistes, mais la liberté a-t-elle une limite dans les efforts que l’on doit faire pour la préserver ?
Et puis cette question ne doit-elle pas passer en second lieu après la question : Que fait-on pour interdire et réprimer les prises d’otages ?
Samedi 4 juin - 07h40 - Un triste record
150 jours. Voilà cent cinquante jours que Florence est détenue. Voilà plus de trois mois que nous ne savons rien. Et nous n’avons jamais eu de nouvelles d’Hussein Hanoun. Quant au gouvernement, déjà qu’il ne communiquait pas beaucoup du temps de Barnier, celui-ci venant de changer, il est fort probable que les choses durent. Malheureusement.
Et la même question revient en boucle : pourquoi la détention des otages français dure t’elle autant quand toutes les autres prises d’otages trouvent rapidement épilogue ? Florence Aubenas a maintenant un triste record (si l’on considère que Fred Nerac est mort) : celui de la plus longue prise d’otage en Irak depuis mars 2003.
Lundi 9 mai - 07h45 - Une association douteuse?
Faut-il associer RSF et la campagne pour le traité
constitutionnel?
Le Parti socialiste met en vente, dans le cadre de sa volonté
de faire voter "oui" au projet de traité constitutionnel,
un CD au prix de 5 € dont les bénéfices sont
reversés à l'association Perce-Neige et Reporters
sans frontières.
Or ce CD n'a qu'un but: promouvoir le "oui" à
un projet dont l'essence est essentiellement –pour ne pas
dire fondamentalement– libérale. Nous savons que
"argent" et "liberté de la presse"
ne vont pas de pair. Avec la mainmise de certains groupes financiers
sur les groupes de presse, les possibilités d'atteintes
à la liberté et notamment à la pluralité
sont nombreuses… Alors le fait d'associer cette campagne
référendaire et cette association de défense
de la liberté me choque.
Mardi 3 mai - 19h00 -Absence…
parlante de Google.
J'ai été silencieux un long moment.
Silencieux mais pas absent. J'ai continué à tenter
de photographier l'éphémère tout en comptant
l'absence et les journalistes abattus (Ibrahim Shalleh, Shamal
Abdallah, Ahmed al'Ubadi, …). Vingt-trois jours que j'ai
débuté cela. Et 25198 signatures sur le site de
soutien.
Aujourd'hui, journée internationale de la Liberté
de la Presse. A la Une donc des quotidiens (enfin quelques uns
seulement…).
On pourra se dire qu'à "toute chose malheur est bon",
mais il est vrai que la médiatisation étonnante
(quoique unique) autour de la détention de Florence Aubenas
aura braqué les projecteurs des médias sur le sujet
à l'occasion de cette journée mondiale de la liberté
de la presse.
Un énorme regret cependant : alors que Google est prompt
a décliner son logo à toutes les couleurs et pour
toutes les occasions (journée mondiale de l'eau, de la
francophonie, de la terre, de Noël, de la Saint-Valentin,
d'Halloween, des Jeux Olympiques -avec autant de variantes que
de jours-, du 14 Juillet et même de Van Gogh), rien cette
fois sur la journée mondiale de la liberté de la
presse! Il est vrai qu'avec sa volonté de vouloir tout
archiver, indexer, numériser et donc... contrôler,
la liberté de la presse n'est peut-être pas une valeur
essentielle aux yeux de Google...
Mercredi 20 avril - 16h30 - Comme
un poisson sans eau
Exercice difficile que celui dans lequel je me
suis lancé, à savoir photographier chaque jour l'éphémère
pour ne pas oublier les journalistes emprisonnés.
Au départ, tout semble simple, sauf qu'à la photo
j'ai aussi rajouté la définition d'un adjectif illustrant
cette notion d'éphémère et de brièveté,
additionné d'une citation. Et au bout de 10 jours, les
choses commencent à se compliquer. Hier, j'ai loupé
la photo d'une chenille! Quoi de mieux pourtant qu'une chenille
pour illustrer la notion d'éphémère? Mais
je n'ai pas réagi. Aujourd'hui, bien sûr, j'ai cherché
une chenille et je n'en ai pas trouvé.
Je me rappelle avoir visité l'an passé une exposition
de Denis Rivière, un peintre qui chaque jour durant 365
jours, où qu'il soit de par le monde, a peint en pastels
le ciel qu'il voyait de sa fenêtre. Bel exercice! Car quand
on travaille, que l'on voyage ou simplement quand la journée
est bien pleine, l'exercice est loin d'être une sinécure!
Maintenant, même si c'est loin d'être facile, ma position
vaut bien mieux que celle des journalistes détenus en Irak.
Si nous, ici, nous ne savons rien, il est facile d'imaginer qu'ils
n'en savent pas plus sur leur devenir. Leur kidnapping n'est pas
une prison, alors un journaliste sans papier, sans crayon, ce
doit être comme un poisson sans eau… Proche de la
mort.
Lundi 18 avril - 21h00 - Juste
être son assurance-vie
103ème jour de détention pour Florence.
J'ai écrit, signé, dessiné, photographié,
manifesté… et des milliers d'autres comme moi. Pour
quel résultat?
Aujourd'hui, Florence est toujours détenue. Il n'y a toujours
aucune information concernant le sort de son guide. Et les Roumains
entament un vingtième-et-unième jour de captivité.
Aujourd'hui, je suis comme dans la même inquiétude
que le 7 janvier. Que faire?
Bien sûr, ne pas oublier. Est-ce suffisant?
Bien sûr, manifester son soutien. Certains placent chaque
jour un message sur le forum de Libé. De mon côté,
j'essaye chaque jour de réaliser une photo sur le thème
de l'éphémère (http://bref.blogspot.com),
quelque soit l'endroit où je sois. Aujourd'hui, avec la
mer qui va et qui vient, c'était presque simple, même
si je n'ai pas pu écrire son nom dans le sable et attendre
que l'eau l'efface car le sable était trop humide. Mais
saurai-je rester motivé? Et puis à quoi cela sert-il?
Bien sûr, je constate que des centaines de gens de plus
40 pays viennent lire ces textes, regarder ces photos; je découvre
que des sites tout à fait sérieux ont placé
des liens vers ces pages. Jean-Paul Kaufmann répète
à l'envi que rien n'est anodin. Mais trop souvent le doute
s'installe…
Bien sûr, faire comprendre aux preneurs d'otages que nous
sommes plus déterminés qu'eux et que le travail
et la vie de Florence Aubenas représentent beaucoup plus
pour nous que pour eux… Son assurance-vie en quelque sorte.
Jeudi 14 avril - 23h00 - Rectificatif sous
silence
J’ai eu peur au départ lorsque cette
idée de pétition a été lancée.
Lorsque je l’ai signé, il n’y avait alors que
200 signataires. Puis ceux à qui j’ai demandé
une petite signature étaient soit restés silencieux
(seuls 4 sur 198 mais adressés m’ont dit l’avoir
signé), soit m’avaient répondu qu’ils
ne signeraient pas (j’ai reçu 6 réponses de
ce style). Alors j’avais été effrayé
sur le devenir d’une telle idée. Heureusement en
quelques heures, les choses ont changé. Les signatures
se comptent par milliers maintenant ! Cela a quand même
plus de gueule une signature avec des noms dedans.
Pour une idée graphique (ici),
j’ai relevé les signatures par tranches de cinq minutes
sur http://www.pourflorenceethussein.org/petition/1/index.shtml
(la pétition destinée à l’Elysée
initiée par le comité de soutien). En fait, au moment
où j’ai fait ce relevé (entre 17h45 et 21h45
ce jeudi), cela faisait presque une signature par minute (237
noms précisément pour 240 mn). Il n’y a pas
beaucoup de journalistes sur terre qui ont dû être
dans la situation d’avoir une personne par minute qui a
une pensée pour eux ! Dommage que cela soit dans une telle
situation … Et espérons surtout que cela serve à
quelque chose et pas seulement à donner de la valeur à
l’objet «Florence» aux yeux de ses ravisseurs.
D’un autre côté, plus Florence prend de la
«valeur» et moins elle a de chances d’être
tuée par eux.
Jacques Chirac a dit trois mots à propos
de Florence Aubenas à la fin de son speech avec les jeunes
à propos du projet de Constitution sur TFA: "rien
de plus neuf que vous ne sachiez déjà"
en réponse à une question de Patrick Poivre d'Arvor
à la veille des 100 jours...
A propos de pensées, tous les regards
(et les pensées pour certains) ont été tournés
vers Rome durant toute la semaine dernière. Cela a entraîné
un petit article d’Eric Fottorino dans le Monde du 12 avril,
intitulé «L’info
du 8 avril» (ou ici)
sur les élections présidentielles à Djibouti
(dont aucune dépêche de l’AFP n’a parlé
alors qu’il y a eu le jour de ces élections une dépêche
pour avertir que Charles et Camilla rentraient dans l’église
–ça ne s’invente pas-).
Mais une autre dépêche de l’AFP, datée
de la veille, est tout aussi passée inaperçue pour
nos médias quels qu’ils soient que l’élection
djiboutienne: «L'Indonésie révise en baisse
sensible son bilan du tsunami».
Et l’on y apprend que «Le nombre de disparus est ainsi
ramené à 37.063, au lieu de 93.458 comme annoncé
précédemment, a précisé l'Agence nationale
de coordination de l'aide pour les catastrophes.»
Soit 56.395 disparus de moins, donc de morts en moins. Excusez
du peu !
Quand on sait avec quelle vigueur les médias nous rabâchaient
en janvier un bilan sans cesse à la hausse afin de nous
appeler à être solidaires, n’y a t’il
pas eu de la part du gouvernement indonésien la volonté
de faire grimper les chiffres volontairement?
Parce que plus de 56.000 morts en moins, cela n’est pas
rien. Mais le correctif apporté lors de la mort du Pape
a disparu dans le maelström des pages spéciales dédiées
à l’évènement. D’ailleurs l’AFP
qualifie de «baisse sensible» un chiffre divisé
par plus de 2,5 par rapport au bilan communiqué à
la fin de la première semaine de janvier. Ce n’est
pas le qualificatif le plus approprié, il me semble...
Mercredi 13 avril - 11h30
En parcourant les quotidiens afin de trouver
une nouvelle idée pour faire une affiche sur le thème
de la détention de Florence, je suis tombé sur quelques
lignes dans le Libé d'hier. C’est une information
qui est passée dans le flot quotidien des informations
sans que l’on y prête forcément attention.
Et pourtant: pour distribuer le texte du projet de constitution
européenne, le gouvernement a choisi les journaux gratuits
Métro et 20 minutes, respectivement les 17 et 18 mars.
Si l’intention est louable (faire connaître ce texte
aux Français, quoique dans le cas présent les Français
soit limité aux seuls Parisiens ou utilisateurs des transports
en commun franciliens), les moyens utilisés le sont un
peu moins.
D’abord, pourquoi utiliser la presse gratuite, même
si c’est pour bénéficier du canal de distribution
comme semble l’indiquer le gouvernement ? La presse gratuite
est quand même une «certaine» forme de presse.
Constituée majoritairement de publicités et de dépêches
d’agence, elle se veut facile à lire (et à
jeter). Les sujets n’y sont jamais abordés en profondeur
puisque c’est de l’info prête à consommer.
Et le projet de traité est à l’opposé
: complexe, très long, difficile à lire et difficile
à comprendre. On lit un exemplaire de Metro en quelques
minutes. Il faut plusieurs heures pour ce texte soumis au référendum.
Les membres du gouvernement ont-ils seulement essayé de
lire ce texte dans un bus, à un arrêt de taxi ou
dans le métro?
Ensuite, pourquoi le distribuer de cette façon? Les Franciliens
sont-ils privilégiés? Tous les Français ne
doivent-ils pas l’avoir dans leur boîte aux lettres?
Et d’ailleurs pourquoi ne l’ont-ils pas déjà
reçu?
Non, franchement, cela me paraît être n’importe
quoi.
Cette détention de Florence qui se prolonge
pose chaque jour de façon plus criante la question du "que
pouvons-nous faire?". Alors pour éviter ce silence
et cet oubli (98 jours aujourd'hui), j'ai fait un blog autour
d'une photo quotidienne sur le temps qui passe et l'éphémère.
Ephémère comme aurait dû l'être la détention
de Florence et des autres journalistes: http://bref.blogspot.com
Lundi 11 avril - 19h30
J’ai adressé un petit message mail
pour inviter toux ceux qui figurent dans mon carnet d’adresses
à signer la pétition pour Florence et Hussein, soit
environ 200 e-mails. C’est comme pour le brassard du Marathon
de Paris, cela ne remporte pas grand succès…
Certains me répondent même qu’ils ne signeront
pas…
Voici une de ces réponses : «Je ne vois pas en
quoi le fait d'adresser une pétition à Chirac y
fera quelque chose. Ils ne sont pas retenus en otages par l'Elysée,
les journalistes. Vous pouvez toujours essayer de faire parvenir
vos signatures aux ravisseurs, mais je doute que ça suffise.»
Comme à d’autres réponses semblables, j’allais
ne pas répondre. Sauf que son auteure ne m’étais
pas inconnue et j’avais déjà placé
un lien vers son blog depuis plusieurs semaines (elle a déjà
publié un ouvrage sur le Kurdistan). Alors voici la réponse
que j’y ai apportée :
«Moi, aussi je me demande à quoi
ça peut servir...
Sauf que dans ce dossier, comme dans beaucoup d'autres, on n'est
jamais sûr que tout soit fait par le gouvernement pour aller
dans le bon sens (et ma remarque s'applique aussi bien aux retraites,
qu'au projet de traité de Constitution ou à l'augmentation
des bas salaires, de la répartition des richesses, la lutte
contre la pauvreté...).
Quand on est "en haut", où sommes-nous, nous?
Alors si cette pétition sert à rappeler à
nos gouvernants que nous n'avons pas oublié et que nous
sommes là à nous (dé)battre, cette pétition
aura donc servi à quelque chose!
Voilà pourquoi je me (dé)bats pour la faire signer
!
Quant à: "Vous pouvez toujours essayer de faire parvenir
vos signatures aux ravisseurs", j'ai déjà submergé
les sites irakiens d'appels. Comment savoir, quand vous écrivez
"je doute"? Bien sûr, on ne sait pas. On ne saura
peut-être même jamais, mais est-ce une raison suffisante
pour ne pas faire? S'il y a une chance, je la tente! Pour elle
aujourd'hui. Peut-être pour vous demain (regardez ce qui
se passe avec les FARC en Colombie!!!).
La nature m'a doté de deux mains. Je m'en sers pour les
tendre à mon prochain quand il a besoin d'aide. Je ne m'en
sers pas pour tenir une arme et faire en sorte que demain il ait
besoin d'aide!»
Je ne m’y attendais pas… mais j’ai
eu une réponse à la réponse !
«Mais "aller dans le bon sens" ça veut
dire quoi ? Payer une rançon ? Pour encourager de nouvelles
prises d'otages, y'a pas mieux. Le cours de l'otage italien et
français n'a pas fini de grimper... d'autant plus qu'avec
toute la pub autour, les mafieux ont tout intérêt
à faire durer la tractation, plus on en parle, plus ça
vaut cher...
Quant à faire parvenir les pétitions aux baathistes,
c'était une boutade car ils s'en foutent, tout ce qu'ils
veulent c'est de l'argent. Le nombre de signatures risque seulement
de les inciter à faire monter un peu plus les enchères...
Quand je partirai en Irak, je crois que je ferai une annonce sur
mon blog : si je suis enlevée, que les Baathistes me coupent
le cou s'ils veulent, mais pas un dollar n'ira dans leurs caisses,
et SURTOUT que mes compatriotes m'oublient, surtout qu'ils ne
s'occupent de RIEN, ça ira comme ça... »
Et là, ça m’a laissé sans voix.
Pas le début du propos (parce que j’y souscrit) mais
la fin, le «SURTOUT que mes compatriotes m'oublient, surtout
qu'ils ne s'occupent de RIEN, ça ira comme ça...»
Comme pour le "non" port du brassard,
cela m’attriste quand je lis cela.
Je vais bientôt partir en Algérie pour faire des
photos. S’il m’arrivait un "plan" semblable
à celui de Florence, j’aimerai avant tout que mes
compatriotes ne m’oublient pas! Bien sûr, je suis
contre le paiement d’une rançon. Et j’aurais
même la faiblesse de croire que si on me "coupe le
cou" comme elle écrit, cela servirait de leçon
aux preneurs d’otages pour qu’ils ne prennent plus
aucun reporter, journaliste ou photographe en otage ! Mais de
là à ce que je souhaite que l’on me "coupe
le cou" ou que l’on m’oublie, il y a un pas que
je ne suis pas près de franchir !
Dimanche 10 avril - 10h20
Déception de voir que les 35.000 brassards
fabriqués pour les concurrents du Marathon de Paris ne
sont pas portés. Quasiment personne ne le porte ! Et s’il
n’y avait eu un des candidats au départ pour le montrer,
on ne l’aurait même pas vu. Même les journalistes
TV, ceux à moto comme ceux dans le studio de France-Télévisions
ne le portaient pas !
Heureusement que le maire de Paris a rappelé que le marathon
était dédié à Florence Aubenas et
Hussein Hanoun, qu’on a pu voir un concurrent colombien
afficher de façon très lisible la détention
d’Ingrid Betancourt et qu’à plusieurs reprises,
les commentateurs aient parlé de nos otages en Irak mais
aussi de Nérac ou de Kieffer.
Comme j’aurais aimé que les gens sur la tribune officielle
portent ce brassard et comme j’aurais aimé que la
majorité des concurrents l’arborent! Pourquoi n’est-ce
pas le cas ?
Mercredi 6 avril - 21h25
A l’heure où je me demande comment
"activer" la libération de Florence Aubenas,
ce que la signature d’une pétition destinée
au gouvernement pourrait faire changer à son action, à
quoi sert ce site et pourquoi autant d’internautes venus
de tant et tant de pays (Liban et Australie pour ne parler que
des derniers) y sont passés, ou combien de temps cette
"farce" va durer, voilà qu’un journaliste
d’Il Manifesto, Tommaso de Francesco, écrit que «Sur
le champ de bataille on oublie les journalistes irakiens et les
reporters de l’Est, plus ou moins embedded, que nous définirons,
tout court , d’une nouvelle catégorie: celle des
abandonnés.» et il appelle à la mobilisation
pour les défendre… (ici)
Florence Aubenas a été arrêtée alors
qu’elle souhaitait interviewer des réfugiés
de Falloujah et Giuliana Sgrena avait aussi été
arrêtée alors qu’elle venait d’interviewer
des réfugiés de Falloujah. J’ai déjà
ici traduit un texte du New-York Times sur l’après-Falloujah
(ici).
Voici maintenant un lien vers un texte long et précis,
une interview
réalisée le 26 février par le journal allemand
Junge Welt de deux docteurs travaillant à Falloujah en
novembre 2004 lors de l’opération militaire américaine.
Beaucoup de points mériteraient d’être approfondis,
mais qui oserait se rendre aujourd’hui là-bas pour
poursuivre les investigations?
Samedi 2 avril - 21h40
Un article
du Figaro d’aujourd’hui se termine par : "Il
n'y aurait plus «que» 40 à 50 attaques par
jour, selon le chef d'état-major américain Richard
Myers, «et la moitié seraient inefficaces».
L'autre moitié vise prioritairement des citoyens irakiens."
Il n’est donc pas prêt d’y « faire bon
» pour les journalistes...
Et si comme moi, vous n’aviez dès
le départ pas cru le président Bush et le motif
des armes de destruction massive pour attaquer l’Irak, alors
le rapport
publié il y a 48 heures par une commission américaine
indépendante vous confortera : tout n’était
que mensonges! En page 45, un paragraphe constitué d’une
phrase unique apparaît clairement: "Toutes ces
affirmations étaient fausses."
Et on trouve un peu plus loin dans le propos : "How could
the Intelligence Community have been so mistaken?"
Pour éviter de se faire avoir la prochaine fois (avec la
Syrie, l’Iran ou la Corée du Nord par exemple), il
est conseillé de parcourir ce document de 618 pages. Il
y est d’ailleurs aussi question de l’Iran, de la Libye
et de la Corée du Nord. Et d’Al Qaïda où
l’on trouve, page 267 du rapport, "The Intelligence
Community concluded that at the time of the commencement of the
war in Afghanistan, al-Qa’ida’s biological weapons
program was both more advanced and more sophisticated than analysts
had previously assessed."
On y lit aussi, quelques pages plus loin: "al-Qaida avait
acquis plusieurs agents biologiques et ce probablement dès
1999." !
Le rapport complet -format PDF- peut être
téléchargé ici.
Samedi 2 avril - 10h00
Il y a quelques jours, j’avais contacté
le Monde parce que je m’étais soucié des droits
de reproduction, leur logiciel de vente en ligne indiquant des
prix qui me semblaient "monstrueux", de l’ordre
d’1,10 euro le mot.
J’ai obtenu une réponse :
"Vous avez le droit d'effectuer seulement une citation
de l'article. La citation est une reproduction d’un extrait
de la publication. Elle est nécessairement courte pour
éviter le plagiat. Le qualificatif «courte»
s’apprécie tant par rapport à la publication
dont elle est extraite que par rapport à celle dans laquelle
elle est introduite. La citation illustre un propos et ne doit
pas concurrencer la publication à laquelle elle est empruntée.
Il doit nécessairement mentionner le nom de l’auteur
et de la source ainsi qu'un lien vers le site. Il est possible
de créer un lien vers notre site à condition que
ce lien ouvre une nouvelle fenêtre de navigateur."
Seul problème : la réponse ne correspond que peu
aux questions posées! J’avais abordé la question
des articles traduits ; je n’ai pas eu de réponse.
J’avais abordé la question des articles commentés,
annotés ou complétés ; et là aussi
pas de réponse. Et j’avais abordé la question
d’une "base de données" des articles traitant
de Florence Aubenas ou de Giuliana Sgrena, et là non plus
pas de réponse. Quant à la question des liens vers
des articles qui ne restent en ligne que quelques jours (sachant
que Florence est détenue depuis 85 jours maintenant), je
n’ai pas non plus eu de réponse. La notion de concurrence
me fait aussi sourire. Comme si un site de défense des
droits fondamentaux des journalistes – qui n’a d’autre
publicité que le bouche à oreille – pouvait
concurrencer le Monde… Et pour la fin de la réponse,
je me demande même si le commercial est venu sur ce site,
parce que la source figure dans tous les propos repris sur ce
site; et pour l’ouverture des liens, c’est le B.A.BA
du web!
En résumé, la réponse ne me plaît pas.
Elle est peu engageante car elle semble signifier que tout est
payant. Bonjour la société marchande! Je vais néanmoins
les relancer.
Vendredi 1 avril - 09h40
Terrible... Voilà 86 jours que Florence
est détenue. Personne ne pouvait savoir et personne (sauf
la DGSE ?) ne sait aujourd’hui combien de temps cette histoire
va encore durer…
J’ai dû revoir la présentation de mon blog,
et donc faire un archivage du premier trimestre (!!). Je ne pensais
pas bien sûr avoir à écrire aussi longtemps.
Florence vient de passer sa 86ème nuit de détention
et j’ai déjà écrit 17.390 mots soit
plus de 100.000 signes à cause de cela…
Je me demande aussi si je vais continuer à traduire ces
réflexions en anglais. Mais comme 31 nationalités
différentes ont visité le site au mois de mars (Algérie,
Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chine, Dominique, Egypte,
Emirats Arabes Unis, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Irak,
Iran, Irlande, Italie, Malaisie, Maroc, Mexique, Norvège,
Pays Bas, Roumanie, Royaume Uni, Russie, Sénégal,
Serbie, Suède, Suisse, Tunisie, Turquie – le plus
étonnant restant bien sûr les 2 Chinois –),
je vois mal comment je pourrais supprimer l’anglais.
Vendredi 1 avril - 01h20
"Florence est seule." "Florence
n’est pas avec Hussein parce qu’on est dans un pays
arabe." Ce sont les paroles de Serge July à la fin
de l’émission de FR3 consacrée à la
prise d’otages de Chesnot et Malbrunot, "Pièces
à conviction".
Du film présenté, j’ai surtout retenu qu’Hussein
Hanoun al-Saadi avait été "contact" au
tout début de l’affaire Chesnot-Malbrunot. J’espère
donc que ce soir il est bien toujours vivant. Et j’ai repensé
à ce qu’avait écrit Iskander Debbache, un
mois avant qu’une K7 vidéo ne montre Florence vivante
(lire ici).