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Réflexions personnelles ... Certains disent "un blog" -------- ------------------------------------------- >> This blog in English
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Retour en haut de page / Back to top of this page Vendredi 1 avril - 01h20

"Florence est seule." "Florence n’est pas avec Hussein parce qu’on est dans un pays arabe." Ce sont les paroles de Serge July à la fin de l’émission de FR3 consacrée à la prise d’otages de Chesnot et Malbrunot, "Pièces à conviction".
Du film présenté, j’ai surtout retenu qu’Hussein Hanoun al-Saadi avait été "contact" au tout début de l’affaire Chesnot-Malbrunot. J’espère donc que ce soir il est bien toujours vivant. Et j’ai repensé à ce qu’avait écrit Iskander Debbache, un mois avant qu’une K7 vidéo ne montre Florence vivante (lire ici).

Retour en haut de page / Back to top of this page Mardi 29 mars - 07h45

Totalement extraordinaire le comportement des médias télévisés hier soir à propos d’un nouveau tremblement de terre en Indonésie. Aucun recul, dramatisation à outrance, images d’archives en boucle…
Une des perles revient à TF1 qui a 20h09, annonce : "la Thaïlande qui a déclenché un alerte au tsunami il y a quelques minutes… quelques heures après le séisme". Que le présentateur travaille dans l’urgence et en arrive à devoir se reprendre pour corriger ses mots peut se comprendre, mais là, il se reprend pour dire une énormité!
La violence du tremblement de terre est aussi énoncée de façon différente. Sur FR2, à 20h07, il est énoncé de "8,2 à 8,7" sur l’échelle de Richter. Sachant que cette échelle est exponentielle, cela signifie qu’un tremblement de 8,7 est des dizaines de fois plus puissant qu’une tremblement d’une amplitude de 8,2. Cette fourchette ne signifie donc rien.
Plus sérieusement, TF1 indique à 20h12 "supérieure à 8°". Mais à 20h37, TF1 annonce une valeur de 8,2 alors que la chaîne montre des images d’ITV qui affichent, de façon très lisible, la valeur de 8,5. FR2, fait d’ailleurs de même à 20h41, avec les mêmes images d’ITV (diffusées d’ailleurs simultanément en direct sur CNN) qui a cet instant affiche "Quake looks to be 8.5", mais le présentateur de FR2 ne parle peut-être pas anglais.
Au final, le tremblement de terre avait une valeur de 8,7.
La notion d’envoyé spécial mérite aussi quelques remarques. Prompts à établir des directs avec l’Indonésie, TF1 et FR2 proposaient des images avec le nom de leur correspondant et le rajout «envoyé spécial». A moins qu’ils n’aient voyagé à la vitesse de la lumière ou que les télévisions ne soient visionnaires, les correspondants n’étaient pas «envoyé spécial». Seul FR2 a pris la peine de préciser (une fois) que son correspondant était présent à Banda Aceh dans le cadre d’un autre reportage.
Même précipitation aussi dans les agences où à l’AFP à 01h14, il est dit que le bilan "ne peut pas être inférieur à 300 morts" puis à 02h24 on annonce "Jusqu'à deux mille personnes pourraient avoir été tuées". A 06h39, Reuters écrit "pourrait avoir fait un millier de morts au bas mot", suivi de l’AFP à 07h18 "Les premières informations (…) ne faisaient pas état de victimes."
En résumé, tout le monde s’est précipité pour une catastrophe qui au final aura (heureusement) fait moins de morts qu’une semaine de Sida en Afrique dont personne n’a parlé depuis une semaine.

Retour à Florence . J’ai traduit en anglais des centaines de messages pour que des Irakiens les lisent. Des Irakiens les ont lu, mais aussi des Egyptiens, des Qataris, des Iraniens. Et… Florence est toujours détenue.
Mille fanfares ont résonné à travers la France, Serge July est allé à Bagdad, le gouvernement dit qu’il travaille, des tas de dessinateurs ont fait des tas de dessins, la photo de Florence s’affiche sur un des blogs les plus lus d’Irak, sur la façade de plein de mairies. Et… Florence est toujours détenue.
A part tous ces pourparlers, tous ces dessins, toutes ces notes, toutes ces paroles, ne peut-on pas faire autre chose maintenant pour libérer Florence et Hussein? J’ai franchement la sensation de n’avoir rien fait de concret pour l’aider et ça me soucie.

Cette question de la détention de Florence Aubenas que j’ai traité via ce site/blog m’a permis d’aborder le sujet de la liberté de la presse avec des membres de ma famille qui, du coup, se sont intéressés au sujet ou des personnes avec qui je travaille et qui ont visité le site – et qui y reviennent -, curieux des infos liées à l’Irak ou à la détention de journalistes et présentées d’une façon différente des médias traditionnels. Devant cet intérêt, j’ai rajouté d’autres contenus. Mais se pose maintenant le problème de la mise en ligne d’articles de journaux, fussent-ils commentés ou traduits, au-delà des quelques jours comme le font leurs éditeurs respectifs. Pour un article tel que "Les journalistes belges obtiennent le droit de protéger leurs sources" du Monde, un article qualifié de "moyen" en terme de taille par le quotidien, je suis censé devoir acquitter un droit de 480 euros HT si je souhaite le laisser disponible en ligne un an sur ce site (d’après les droits de reproduction calculés en ligne par le logiciel CDRomSNI du Monde).
Etant donné que j’ai placé des dizaines d’articles et des centaines de dépêches concernant la détention de Florence Aubenas, Giuliana Sgrena, de Viada Hafid et Budiyanto, d’autres encore et traduits de nombreux articles du New-York Times notamment, sans compter les blogs irakiens, vais-je me retrouver à clore ce travail parce que je suis incapable d’en acquitter les droits, qui, vu le tarif d’un article, doivent aujourd’hui dépasser les 20.000 euros?
Je suis conscient que celui qui écrit un article se doit d’en avoir une contribution correcte. Mais le prix de "revente" d’un article de moins de 400 mots qui ne sera de toutes façons lu que quelques dizaines de fois, me paraît extraordinairement élevé, au regard de la rémunération moyenne d’un journaliste. Comme ce site est gratuit, même à un euro le droit d’un article, je ne pourrais pas suivre!

Allez, on va se remonter le moral avec une citation de Simone Weil: "Ce qu’un pays nomme ses intérêts … vitaux n’est pas ce qui aide les populations à vivre, mais ce qui l’aide à faire la guerre" ...!

Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 24 mars - Inquiétudes...

Inquiétude sur Florence Aubenas d’abord, détenue depuis 78 jours maintenant et Hussein Hanoun Al-Saadi dont nous ne savons toujours rien. Et quand je lis qu’au moins 80 insurgés meurent dans une seule attaque et en un seul endroit, je frémis d’autant que c’est le type même d’endroit où ils peuvent être détenus;
Inquiétude aussi pour Ingrid Betancourt, détenue depuis 1125 jours, et dont les dernières nouvelles du 10 mars, de Raul Reyes, l'un des principaux responsables des FARC, affirmait, dans un entretien avec l'agence de presse Anncol, qu’elle était "en bonne santé mais très inquiète de l'impasse des négociations pour sa libération". Il indiquait que les conditions militaires actuelles ne lui permettent pas de fournir aux familles "des preuves de survie des otages". Inquiétude d’autant plus grande qu’Ingrid Betancourt n’est pas seule, et que 500 autres personnes sont otages des FARC;
Inquiétude encore née d’un petit rien, le texte que j’ai écrit sur Elmar Husseïnov, qui m’a fait découvrir la situation de la presse en Azerbaidjan, une calamité! J’ai imaginé faire un petit dossier très complet sur la situation azeri, mais à force de vouloir savoir je croule sous les informations et je vais y passer des heures;
Inquiétude toujours, suite au texte du 23 mars "d’où viennent les images d’Irak?" quand j’ai voulu trouver des images pour les mettre en ligne ici comme j’ai fait avec ce bloggeur kurde et que je me suis rendu compte que ce n’est pas ce qui manque, de telles images, à condition de les chercher, de parler anglais, espagnol, italien ou allemand… Et elles sont terribles… Mais je vais quand même les placer.
Inquiétudes aussi quand je découvre que l’AFP réclame à Google des dommages et intérêts parce que grâce à cet outil les dépêches de l’agence sont archivées au-delà de leur simple consultation. Or ce site est rempli de centaines de dépêches de l'AFP concernant Florence Aubenas, Giuliana Sgrena et tous les journalistes dont je parle...
Inquiétudes enfin, quand pour faire un simple reportage photographique en Algérie sur l’état des cimetières français, on me demande un accompagnateur et que beaucoup de zones risquent de m’être tout simplement interdites! Heureusement, normalement, sur ce dossier, je ne devrais pas avoir de droit à l’image à acquitter.

Retour en haut de page / Back to top of this page Mercredi 23 mars - D'où viennent les images que nous avons de l'Irak?

Voilà une question que je me posais depuis l'an passé. La réponse est venue dans Eclektic, une émission de Rebecca Manzoni sur France Inter le 22 mars à 09h50, via la chronique d’Olivier Mirguet.

Depuis l'affaire des otages en Irak, les journaux n'envoient plus de reporters à Bagdad et ne passent plus de commandes.
OM.: "Et l’Irak devient petit à petit un pays sans image qui n’a plus d’autre représentation que celles des attentats, des visages d’otages et des patrouilles américaines dans les rues de Bagdad. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce qu’il n’y a plus ou presque de photographes occidentaux aujourd’hui en Irak. Les journaux ou magazines n’envoient plus de journalistes et ne passent plus de commandes à des reporters. Parce qu’en cas d’enlèvements, eh bien, c’est l’employeur, donc le journal qui est responsable. C’est bien trop risqué financièrement. Qui part en Irak ? Eh bien des photographes indépendants qu’on appelle des free-lance ou des pigistes et en pleine guerre, ils n’ont ni garantie ni assurance. Et finalement ils prennent tous les risques. Actuellement, il n’y a plus que trois français à Bagdad et ce sont tous des indépendants. Il y a deux photographes et une rédactrice*. Je leur ai téléphoné en fin de semaine. Ils vivent vraiment dans une situation extrêmement difficile. Ils essayent de sortir tous les jours, de faire des sujets et évidement c’est très dangereux et surtout ils ne savent pas s’ils vont réussir à vendre leurs images aux magazines puisque personne ne leur a passé de commande. Alors ils n’ont pas voulu que j’enregistre l’interview par peur d’être reconnus et de servir de cibles. Et ils ne veulent surtout pas, me disent-ils, passer pour des héros. Ils disent qu’ils assument les dangers mais qu’ils aimeraient bien juste pouvoir travailler. Alors je suis allé voir un autre photographe, il s’appelle Laurent van der Stockt, c’est un habitué de la guerre et de l’Irak. Il y est allé une douzaine de fois depuis deux ans.
OVDS. : Le souci à Bagdad aujourd’hui, c’est de pouvoir faire son métier. Donc il y a effectivement encore quelques occidentaux qui rendent en Irak. C'est-à-dire qu’aller à Bagdad aujourd’hui ou dire je suis à Bagdad, cela veut surtout dire "je suis dans un hôtel à Bagdad". Peu d’Occidentaux le font encore. Y’en a qui le font, ils sortent très peu et quand ils sortent, c’est dans des espaces extrêmement réduits. C'est-à-dire à des endroits précis, à des moments précis et de manière très précise. Donc on peut difficilement dire qu’on fait un vrai travail de journaliste à Bagdad. Un photographe peut encore voler quelques images en prenant des risques mesurés mais faire un véritable travail journalistique, c’est devenu impossible.
OM. : Et vous, là-bas, comment vous réussissez à travailler ?
OVDS.: C’est des cas particuliers. L’été dernier, je suis encore allé à Nadjaf dans la ville encerclée pour travailler avec les Irakiens. C’était un peu après ou pendant le début des enlèvements fréquents. La dernière fois que j’y suis allé, c’était en janvier, c’était les élections. J’ai estimé que je pouvais un peu circuler parce qu’il y avait cette situation un peu particulière dans la ville, les voitures interdites, énormément de policiers et d’armée, donc pendant deux jours, il y a eu une fenêtre comme ça qui s’est ouverte, qui m’a permis de circuler en rue alors qu’on pensait qu’on pourrait pas le faire.
OM.: Et c’est pour ça que vous ne voulez pas y retourner, là prochainement?
OVDS.: Quand on a commencé à suivre un évènement, on a toujours envie d’y retourner, donc je continue à dire, mois après mois, j’irai plus à Bagdad parce que ça devient trop compliqué, mais effectivement on y retourne encore, on essaye. Il faut bien se rendre à l’évidence, le travail que l’on y fait et de moins en moins intéressant.
Alors, quand on a quand même une situation paradoxale : d’un côté, Jacques Chirac qui appelle les journalistes à ne pas partir en Irak et donc les rédactions qui disent en gros "Oui, il faut y aller" mais qui n’envoient personne. On peut les comprendre, vu les risques, mais le problème, c’est que la presse, elle est demandeuse d’images et qui les fournit? Eh bien les indépendants ou alors les Irakiens improvisés photographes qui sont formés par les grandes agences de presse, l’Agence France-Presse, Reuters, Associated Presse qui leur prêtent des appareils photos numériques, un ordinateur et qui les envoient sur le terrain…
OM.: Et qui prennent autant de risques, finalement…
OVDS.: Voire plus de risques et qui sont payés à la photo, 25 USD la photo, c’est à peu près le tarif. Donc tout ça, ça pose quand même le problème du traitement de l’information en Irak, d’autant que l’on voit de moins en moins d’images sur l’Irak. Un attentat en dessous de soixante morts, ça n’intéresse en gros plus les médias français. Alors il reste évidemment Florence Aubenas, l’angle par lequel est traité l’Irak actuellement et là, la presse fait preuve de solidarité, elle en parle, relaie les infos et ce serait peut-être un peu le moment pour les médias de penser un peu à ces pigistes. Les associations de photographes aimeraient bien les voir créer un fonds de solidarité mais pour l’instant, il n’y a toujours rien."

* Début mars, il y avait au moins, en sus, l’envoyée spéciale du Monde, à Bagdad, Patrice Claude.

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Retour en haut de page / Back to top of this page Lundi 21 mars - 09h00 - La guerre et la vertu

Il le dit mieux que je ne l’aurais fait…
Richard Werly, dans le Temps, quotidien suisse, édition du lundi 21 mars 2005. R. Werly a été plusieurs fois missionné en Irak - voir son journal de bord.

Kofi Annan "parlait jusque-là de paix. Le voilà qui parle maintenant des conditions requises pour autoriser la guerre, voire pour déclencher un conflit préventif. On saluera la volonté de rupture avec une ONU faible qui, de la Bosnie à l'Irak en passant par le Rwanda, a démontré qu'elle ne savait pas imposer la paix. Mais cette réforme aura un prix. Même armée, même bardée d'arguments juridiques et de nouvelles définitions, comme celle proposée sur le terrorisme, l'ONU ne pourra jamais faire l'économie d'une négociation politique sur l'intervention militaire qu'elle s'apprête à mener. Surtout si celle-ci vise à éradiquer une soi-disant menace. Prétendre allier la guerre à la vertu peut être porteur d'espoir. Mais il y a, dans cette promesse, un mensonge aussi tragique que la faiblesse si décriée de l'organisation. On se réjouit pour ceux que l'ONU ira peut-être enfin, un jour, libérer au Darfour ou au Congo parce que le Conseil de sécurité l'aura décidé. Et l'on pleure pour ceux, de Pékin à Grozny, qui demeureront hors d'atteinte de ses Casques bleus."

Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 20 mars - 22h30

Voilà 74 jours aujourd’hui que Florence Aubenas est détenue. C’est le temps qu’avaient été détenus en 2000 les journalistes de France 2, Jean-Jacques Le Garrec et Roland Madura, retenus par le groupe islamiste Abu Sayyaf sur l’île indonésienne de Jolo. Cela fait partie des choses que l’on oublie vite mais ceux qui sont détenus sont durablement marqués ! N’oublions donc pas que les enlèvements de journalistes sont bien trop fréquents. Quant à Georges Malbrunot et Christian Chesnot, ils devraient être embauchés, respectivement par Le Figaro et France 2. Ils avaient été détenus 124 jours en Irak l’an passé, alors qu’ils y étaient en tant que free-lance.
J’ai envoyé à Libération et au Comité de soutien l’idée d’un concours entre écoles d’art graphique pour créer des affiches de soutien en les placardant sur les panneaux d’expression libre. J’ai donc créé ma première affiche à partir du dernier numéro de Libé.

Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 20 mars - 19h30

Deux ans donc que la guerre en Irak a débuté. Soit 690 jours sans nouvelles de Frédéric Nérac, 74 jours sans nouvelles de Florence Aubenas, des dizaines de journalistes tués, 1505 soldats US tués, des dizaines de milliers de victimes civiles, toutes choses qui n'auraient pas eu lieu si les USA s'étaient abstenus de mener cette geurre non légitime et si un autre moyen avait été trouvé pour destituer Saddam Hussein ou si la guerre avait été menée d'une autre façon.
Le temps passe vite. Je crois qu'il est intéressant de retrouver ce que nos journaux écrivaient il y a deux ans. J'ai repris à la BBC une revue de presse du 19 mars 2003 (ici). Si nous avions lutté plus fort contre cette guerre, nous n'aurions pas aujourd'hui à nous démener pour la libération de Florence Aubenas. Il a tant d'autres choses à mener: lutter contre le Sida en Afrique, pour la libération d'Ingrid Betancourt, la tyrannie de Poutine en Tchétchénie...

Retour en haut de page / Back to top of this page Samedi 19 mars - 21h30 - Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue?

Florence n’est pas là. Impossible de la remplacer mais aussi impossible de rester les bras croisés en attendant son retour. Je viens de découvrir le texte lu à l’occasion de la Journée de la femme, le 8 mars dernier, par une Israélienne devant le Parlement européen. J’aurai aimé lire ce texte dans ma presse préférée. Ce n’est pas le cas. Il semble même qu'aucun journal de langue française ne l'ait publié, ni même aucun autre journal! Alors je le place ici car il mérite une large audience, bien plus large que celle du Parlement européen (des internautes de 23 nationalités différentes ont déjà visité ce site...).

Nurit Peled-Elhanan, professeur à l’université de Jérusalem, a fondé l'association des familles israéliennes et palestiniennes victimes de violences, le "Forum des familles endeuillées". C’est la fille du général Mattitiyahou Peled qui, immédiatement après la guerre des 6 jours, a milité pour restituer la Cisjordanie occupée aux Palestiniens. Nurit Peled-Elhanan a perdu sa fille, Smadar, dans un attentat kamikaze palestinien en septembre 1997 et a interdit à Benyamin Netanyaou et aux officiels israéliens de venir à ses obsèques. Ses deux fils sont refuzniks. Invitée le 8 mars dernier à s'exprimer devant le Parlement européen, voici ce qu'elle a déclaré :

"Merci de m'avoir invitée à cette journée. C'est toujours un honneur et un plaisir d'être ici, parmi vous.
Cependant, je dois admettre que je crois que vous devriez avoir invité une femme palestinienne à ma place, parce que les femmes qui souffrent le plus de la violence dans mon pays sont les femmes palestiniennes. Et je voudrais dédier mon discours à Miriam R'aban et à son mari Kamal, de Bet Lahiya dans la bande de Gaza, dont les cinq petits enfants ont été tués par des soldats israéliens alors qu'ils ramassaient des fraises dans le champ de fraises de la famille. Personne ne passera jamais en jugement pour ce meurtre.
Lorsque j'ai demandé aux gens qui m'ont invitée ici pourquoi ils n'invitaient pas de femme palestinienne, leur réponse a été que cela rendrait la discussion "trop localisée".
Je ne sais pas ce qu'est la violence non localisée. Le racisme et la discrimination peuvent être des concepts théoriques et des phénomènes universels, mais leur impact est toujours local, et bien réel. La douleur est locale, l'humiliation, les abus sexuels, la torture et la mort sont tous très locaux, de même que les cicatrices.

Il est malheureusement vrai que la violence locale infligée aux femmes palestiniennes par le gouvernement d'Israël et l'armée israélienne s'est étendue sur toute la planète. En fait la violence d'Etat et la violence de l'armée, la violence individuelle et collective, sont le lot des femmes musulmanes aujourd'hui, pas seulement en Palestine mais partout où le monde occidental éclairé pose son grand pied impérialiste. C'est une violence qui n'est presque jamais abordée et que la plupart des gens en Europe et aux Etats-Unis excusent du bout des lèvres.
C'est ainsi parce que le soi-disant monde libre a peur de l'utérus musulman.

La grande France de la Liberté, l'Egalité et la Fraternité (en français dans le texte original en anglais. NDA) est effrayée par des petites filles avec des foulards sur la tête, le Grand Israël juif a peur de l'utérus musulman que ses ministres qualifient de menace démographique. L'Amérique toute-puissante et la Grande-Bretagne contaminent leurs citoyens respectifs avec une crainte aveugle des Musulmans, qui sont dépeints comme vils, primitifs et assoiffés de sang - en plus d'être non démocratiques, chauvins/ machistes et des producteurs en masse de futurs terroristes. Cela en dépit du fait que les gens qui détruisent le monde aujourd'hui ne sont pas musulmans. L'un d'entre eux est un Chrétien dévot, l'un est Anglican et l'autre est un Juif non pieux.

Je n'ai jamais vécu la souffrance que les femmes palestiniennes subissent tous les jours, toutes les heures, je ne connais pas le genre de violence qui fait de la vie d'une femme un enfer constant. Cette torture physique et mentale quotidienne des femmes qui sont privées de leurs droits humains fondamentaux et de leurs besoins fondamentaux d'une vie privée et de dignité, des femmes dont on entre par effraction dans la maison à toute heure du jour et de la nuit, à qui on ordonne sous la menace d'une arme de se mettre nue en se déshabillant devant des étrangers et devant leurs propres enfants, dont les maisons sont détruites, qui sont privées de leurs moyens d'existence et de toute vie de famille normale. Ceci ne fait pas partie de mon épreuve personnelle. Mais je suis une victime de la violence contre les femmes dans la mesure où la violence contre les enfants est en fait une violence contre les femmes. Les femmes palestiniennes, irakiennes, afghanes sont mes soeurs parce que nous sommes toutes prises dans l'étreinte des mêmes criminels sans scrupules qui se désignent comme les dirigeants du monde éclairé libre et qui, au nom de cette liberté et de ces lumières, nous volent nos enfants. De plus, les mères israéliennes, américaines, italiennes et britanniques ont été, pour la plupart, violemment aveuglées et décervelées à un point tel qu'elles ne peuvent pas se rendre compte que leurs seules soeurs, leurs seules alliées dans le monde sont les mères musulmanes palestiniennes, irakiennes ou afghanes dont les enfants sont tués par nos enfants ou qui se font exploser en morceaux avec nos fils et nos filles. Elles sont toutes infectées par les mêmes virus engendrés par les politiciens. Et les virus, bien qu'ils puissent avoir divers noms illustres comme Démocratie, Patriotisme, Dieu, Patrie, sont tous les mêmes. Ils font tous partie d'idéologies fausses et truquées qui ont pour intention d'enrichir les riches et de donner du pouvoir aux puissants.

Nous sommes toutes les victimes de la violence mentale, psychologique et culturelle qui fait de nous un seul groupe homogène de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées. Les mères occidentales à qui on apprend à croire que leur utérus est un atout national tout comme on leur apprend à croire que l'utérus musulman est une menace internationale.
On les éduque pour qu'elles ne s'exclament pas : « Je lui ai donné naissance, je lui ai donné le sein, il est à moi et je ne le laisserai pas être celui dont la vie vaut moins que le pétrole, dont l'avenir a moins de valeur qu'un lopin de terre".

Chacune d'entre nous est terrorisée par une éducation qui infecte l'esprit pour que nous croyions que tout ce que nous pouvons faire c'est soit prier pour que nos fils reviennent à la maison ou être fières de leurs corps morts.

Et nous avons toutes été élevées pour supporter tout ceci en silence, pour contenir notre crainte et notre frustration, pour prendre du Prozac pour l'anxiété, mais jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être de vraies mères juives ou italiennes ou irlandaises.

Je suis une victime de la violence d'Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et sont violés parce que j'ai à craindre le jour où mon fils atteindra son dix-huitième anniversaire et me sera enlevé pour être l'instrument du jeu de criminels tels que Sharon, Bush, Blair et leur clan de généraux assoiffés de sang, assoiffés de pétrole, assoiffés de terre.

Vivant dans le monde dans lequel je vis, dans l'Etat dans lequel je vis, dans le régime dans lequel je vis, je n'ose pas offrir aux femmes musulmanes quelque idée que ce soit sur la manière de changer leurs vies. Je ne veux pas qu'elles enlèvent leurs foulards ou éduquent leurs enfants différemment, et je ne les presserai pas de constituer des Démocraties à l'image des démocraties occidentales qui les méprisent elles et les gens de leur sorte. Je veux juste leur demander humblement d'être mes soeurs, exprimer mon admiration pour leur persévérance et leur courage de continuer, d'avoir des enfants et de maintenir une vie de famille pleine de dignité en dépit des conditions impossibles dans lesquelles mon monde les met. Je veux leur dire que nous sommes toutes liées par la même douleur, nous sommes toutes les victimes des mêmes sortes de violences même si elles souffrent bien davantage, parce que ce sont elles qui sont maltraitées par mon gouvernement et son armée, avec l'aide de mes impôts.

L'islam en soi, comme le judaïsme en soi et le christianisme en soi, n'est pas une menace pour moi ou pour qui que ce soit. C'est l'impérialisme américain, c'est l'indifférence et la coopération européennes, et le régime israélien raciste et cruel d'occupation qui en sont une. C'est le racisme, la propagande dans l'éducation et la xénophobie inculquée qui convainquent les soldats israéliens d'ordonner aux femmes palestiniennes, sous la menace des armes, de se déshabiller en face de leurs enfants pour des raisons de sécurité, c'est le manque de respect le plus profond pour l'autre qui permet aux soldats américains de violer des femmes irakiennes, qui donne une licence aux geôliers israéliens pour garder des jeunes femmes dans des conditions inhumaines, sans les aides hygiéniques nécessaires, sans électricité en hiver, sans eau propre ou matelas propres et pour les séparer de leurs bébés et de leurs tout-petits nourris au sein. Pour leur barrer la route vers les hôpitaux, pour bloquer leur chemin vers l'éducation, pour confisquer leurs terres, pour déraciner leurs arbres et les empêcher de cultiver leurs champs.

Je ne peux pas complètement comprendre les femmes palestiniennes ou leur souffrance. Je ne sais pas comment j'aurais survécu à une telle humiliation, à un tel manque de respect de la part du monde entier. Tout ce que je sais est que la voix des mères a été étouffée pendant trop longtemps sur cette planète dévastée par la guerre. Le cri des mères n'est pas entendu parce que les mères ne sont pas invitées aux forums internationaux comme celui-ci. Cela je le sais, et c'est très peu. Mais c'est assez pour que je me souvienne que ces femmes sont mes soeurs et qu'elles méritent que je crie pour elles et me batte pour elles. Et quand elles perdent leurs enfants dans des champs de fraises ou sur des routes crasseuses près des check points, quand leurs enfants sont abattus sur le chemin de l'école par des enfants israéliens qui ont été élevés pour croire que l'amour! et la compassion s'exercent en dépendant de la race et de la religion, la seule chose que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés et à ceux de leurs bébés trahis et de demander ce qu'Anna Akhmatova, une autre mère qui a vécu dans un régime de violence contre les femmes et les enfants, avait demandé : Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue?"

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Retour en haut de page / Back to top of this page Vendredi 18 mars - 12h00

Un avis intéressant, celui de Jean-Noël Cuénod publié aujourd'hui dans la Tribune de Genève: "Enquête Stern: vers un monopole de l’image?"
"Tout d'abord bravo! Le travail fourni par la Brigade criminelle sous la direction du juge d'instruction Michel-Alexandre Graber est exemplaire. Elucider de façon si nette et en si peu de temps une enquête aussi médiatique que celle de la mort du banquier Stern relève de l'excellence. En revanche, le choix établi par le juge d'instruction de privilégier la télévision est critiquable. Il a accordé à la chaîne romande une interview qu'il refusait à la presse. Qui n'a eu droit qu'à un communiqué de presse laconique. Habituellement, lorsqu'un grand nombre de reporters s'activent sur le même sujet brûlant, la justice organise des conférences de presse afin que chaque journaliste puisse poser ses questions. Cela relève, non seulement de l'égalité de traitement mais aussi de la fiabilité de l'information diffusée. Le cas de l'affaire Stern est, à cet égard, éclairant.
Une agence de presse internationale a livré, mercredi après-midi, le nom de la suspecte. Il se trouve que cette identité n'était pas la bonne. D'où de graves inconvénients. Certes, l'erreur a été corrigée. Mais elle aurait pu l'être promptement, si la question avait tout de suite été posée lors d'une conférence de presse.
A l'avenir, il serait bon de ne plus recourir à ce monopole de l'image.
"
Une réflexion intéressante à méditer dans les écoles de journalisme... Reste cependant à savoir si le banquier a bien été assassiné tel que décrit par la justice ou s'il ne s'agit pas d'un meutre très habilement déguisé?

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Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 17 mars - 19h40

L'information et l'analyse ont-elles pour de bon cédé le pas au racolage commercial et à la morale?
La question est posée dans le dernier numéro de "Manière de Voir" et rien que pour cela, cela vaut le coup d'acheter cette édition.
Je n'écoute que la radio ces derniers temps, et par ce que j'entends, j'ai l'impression que l'on retombe dans l'oubli pour Florence Aubenas...

Retour en haut de page / Back to top of this page Lundi 14 mars - 22h30 - Les USA entrent dans la liste des pays violant la liberté de la presse...

Non, non, cela n'est pas une blague mais une dépêche de l'AFP d'aujourd'hui à 21h09! : Les Etats-Unis ont été inclus dans la liste des pays du continent américain qui violent la liberté de la presse pour emprisonner les journalistes refusant de révéler leurs sources, a indiqué un rapport publié lundi par la Société interaméricaine de presse (SIP). Toutefois, selon la SIP, les présidents cubain Fidel Castro, argentin Nestor Kichner et vénézuelien Hugo Chavez sont les principales menaces contre la presse sur le continent.
Approuvé par 350 propriétaires, directeurs et rédacteurs en chef de journaux du continent américain participant à l'assemblée générale de la SIP à Panama, le rapport souligne que la guerre menée en Irak par les Etats-Unis, le renforcement des mesures de sécurité dans ce pays et les pressions pour identifier les sources confidentielles affectent la liberté de la presse. La SIP rappelle que le 7 octobre dernier un juge fédéral américain a engagé des poursuites contre la journaliste Judith Miller du New York Times qui a refusé de révéler ses sources. Judith Miller attend les résultats de l'appel contre l'arrestation décidée à son encontre. Un autre journaliste, Matthew Cooper du magazine Time, a été condamné à 18 mois de prison et à une amende de 1.000 dollars pour la même raison. Il a également fait appel.
A Cuba, rappelle la SIP d'autre part, le gouvernement de Fidel Castro "maintient depuis 46 ans un monopole à des fins propagandistes, rejette et réprime les expressions indépendantes et ignore les demandes internationales de libération de journalistes emprisonnés". 25 journalistes sont toujours détenus à Cuba, précise la SIP. La SIP accuse aussi le président argentin "d'actes nuisibles contre la presse indépendante" et estime que la liberté d'expression "est sérieusement menacée". La SIP qualifie d'autre part la loi de responsabilité sociale de radio-télévision adoptée par l'assemblée nationale vénézuélienne de "loi scélérate qui étatise de fait le système de radio et de télévision, en contrôlant ses horaires, ses programmes et leurs contenus".
Sur ce dernier point, cependant, les attaques contre l'analyse de la SIP sont nombreuses : en octobre 2003, par le Réseau d'information & de solidarité avec l'Amérique latine RISAL, début mars 2005, par le président argentin Kirchner.
Quoiqu'il en soit, si les Etats-Unis s'y mettent...

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Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 13 mars - 10h55

Pendant cinquante jours nous n’avons rien su du devenir de Florence Aubenas. La famille et les amis de Fred Nerac sont dans l’inconnu de puis bientôt deux ans, et depuis plusieurs mois les proches de Guy-André Kieffer sont dans la même situation.
Comme le dit Federico Andreu, «Pour la famille, le disparu n'est ni en enfer ni au paradis, ni mort ni vivant, il est dans les limbes. C'est le seul délit où les proches sont aussi considérés comme victimes, vu les souffrances qui leurs sont infligées».
Aussi la Commission des droits de l'homme qui s’ouvre demain en Suisse, à Genève, est-elle importante, ce crime -qui concerne des dizaines de milliers de victimes et des millions de familles- n’étant toujours pas puni. Le but des travaux est donc d’instaurer un outil juridique visant à condamner ce crime sur le plan international. Soixante quatorze pays sont concernés, dont certains sont au firmament de l’actualité (ou devraient l’être!): Népal, Tchétchénie, Russie, Algérie, Congo, Irak, …

Moment particulier hier soir où j’ai pris la parole devant près de 500 personnes -pas facile d'être sous le feu des projecteurs...- pour appeler à ne pas oublier Florence Aubenas, Hussein Hanoun Al-Saadi et Ingrid Bettancourt lors d’un spectacle musical. Après le spectacle, des gens que je ne connaissais pas sont venus me voir pour me dire des tas de petites phrases «C’est très bien ce que vous avez dit», «ça, ce sont vraiment des choses importantes», «Il fallait le dire, merci de l’avoir dit », …
Puisse ces spectateurs avoir pris conscience de la nécessité de défendre la liberté de la presse. Puisse Florence Aubenas avoir entendu le bruit fait par ces 1000 fanfares !

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Retour en haut de page / Back to top of this page Vendredi 11 mars - 16h10 - Question de chiffres

Dans son édition datée du 11 mars, Le Monde indique en page 3, sous le titre “Plusieurs attaques et attentats font 34 morts en Irak”, que "34 personnes ont été tuées, mercredi 9 mars et jeudi matin 10 mars en Irak, dont quatre dans un attentat-suicide à Bagdad et trois policiers lors d’une embuscade dans la capitale. Dans l’ouest du pays, près de Qaïm, sur la frontière syrienne, 30 corps criblés de balles ont été découverts. Cinq rebelles ont en outre été tués et cinq autres blessés dans des affrontements avec des soldats irakiens dans la région d’Iskandariyah, à environ 50 km au sud de Bagdad (…)."
Le titre n’aurait-il dû pas être «64 personnes ont été tuées …». Car les «30 corps criblés de balles» n’ont pas été comptabilisés le jour de leur mort puisqu’on ignorait qu’elles avaient été tuées. Et elles ne le sont pas plus aujourd’hui puisque qu’elles ne sont pas mortes aujourd’hui. Alors… elles n’apparaissent pas dans le titre. Pourtant, «34 morts» et «64 morts», c’est loin d’être la même chose !
Enfin, puisque c’est une guerre en Irak, les rebelles doivent être comptabilisés dans les morts. Donc 34 + 30 + 5 = 69 morts. Certains n’y verront peut-être là qu’un détail. Certes, mais le titre “Plusieurs attaques et attentats font 34 morts en Irak” et le quatrième plus gros titre de la page 3 du Monde. Tout lecteur de ce quotidien le voit immanquablement. “Plusieurs attaques et attentats font 69 morts en Irak”, plus véridique, et aussi plus frappant. Car qu’avons-nous fait aujourd’hui pour éviter cela ?

Sur cette même page, un article traite de la situation au Népal, un sujet dont j’ai déjà parlé ici. Et il se conclut sur une phrase terrible: “Les villageois, pris en tenaille, ont tout à craindre d’un conflit qui se déroule dans des zones où la presse est strictement censurée”. Saluons donc le courage de Françoise Chipaux, envoyée spéciale du Monde à Katmandou (et lisez son article dans le Monde du 11 mars!)

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Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 10 mars - 19h25 - Jamais dans une Tchétchénie libre une femme tchétchène ne sera obligée de porter le voile

A la libération de Giuliana Sgrena, la mort de Nicola Calipari a entraîné les hypothèses les plus folles, dont celle qu’on ait vraiment fait feu sur la journaliste. Cette hypothèse rejetée officiellement par les autorités américaines –alors que le général Casey demande 4 semaines pour clore l’enquête et donner une explication- l'a également été mardi par le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini. Il a jugé cette hypothèse "totalement infondée". Et pourtant…
En toute impunité, les services russes ont abattu mercredi l’ancien président tchétchène Aslan Maskhadov, un homme qui venait d’appeler à l’aide l’ONU, l’Union européenne et les gouvernements démocratiques des Pays d’Europe à rompre l’immobilisme sur la question tchétchène! Un homme qui dénonçait l’islamisme, les prises d’otages et qui avait dit « Jamais dans une Tchétchénie libre une femme tchétchène ne sera obligée de porter le voile »…
Maskhadov le modéré a donc été assassiné, les services secrets russes avouent et le monde entier reste silencieux. Alors devant un tel fait – Maskhadov a été président-, pourquoi l’armée américaine n’aurait-elle pas abattu Giuliana Sgrena au motif qu’elle avait enquêté sur Falloujah et découverts l’éventuelle utilisation de gaz, utilisation dénoncée par le président Hugo Chavez, lui aussi menacé de mort ?

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Retour en haut de page / Back to top of this page Mercredi 9 mars - 22h10

Totalement inimaginable sous nos latitudes télévisuelles, telle est l’émission diffusée par Al-Iraqiya, le 24 février dernier : deux «terroristes» à qui il est reproché des assassinats et des kidnappings sont interviewés sur un plateau de télévision, façon tribunal de police, et incriminent directement la Syrie. L’interviewer insiste vraiment lourdement sur la notion de «collaboration» avec la Syrie, à tel point que cela transpire la parodie. Pour un téléspectateur occidental responsable, l’émission pose plus de questions qu’elle ne répond à de questions. Alors information ou intox, manipulation ou réalité ? Chacun sera juge. J’ai retranscris l’émission. Des Irakiens pensent que tout cela est bidon (ici).

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Retour en haut de page / Back to top of this page Lundi 7 mars - 09h50

On s’éloigne peut-être un peu de Florence Aubenas avec cette information : "les Américains auraient utilisé du gaz moutarde lors de l’assaut sur Falloujah". (ici)
Si c’est vrai, que fait-on ? Et si c’est vrai, alors Giuliana Sgrena et Florence Aubenas qui enquêtent sur Falloujah doivent le savoir… D’où les propos de Giuliana Sgrena qui pense qu’on lui a tiré dessus volontairement.
Et si c’est faux, pourquoi le ministre irakien de la santé et Hugo Chavez, président vénézuelien, le clament-ils? Si c’est faux, pour mentent-ils?
L’une de ces deux assertions est obligatoirement fausse. Mais laquelle? L'une est vrai. Elle est forcèment terrible.

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Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 6 mars - 16h05 - Et si?

Et si les soldats US avaient vraiment voulu abattre Giuliana Sgrena comme elle semble le dire ou comme le dit son ami? Et si la détention de Florence Aubenas se faisait sur fond de règlement de compte politico-mafieux syro-franco-français comme semble le dire un journaliste arabe? Et si Al Zarkawi avait vraiment été arrêté et qu’il soit gardé au chaud jusqu'à l'installation d'un nouveau gouvernement irakien comme le dit aujourd'hui le journal Albawaba? …
Non, voyons, tout cela ne peut pas être sérieux!
Quoique… et si ?
Hmm... voyons, et si on envoyait Didier Julia en protection lors de la libération de Florence Aubenas? Avec ce qui se passe sur les routes irakiennes...

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Rajout du 26 mars - 11h10, complété le 26 mars à 14h30, puis rectifié le 27 mars à 16h20.
Aurait-on pu tirer volontairement sur Giuliana Sgrena?

Plusieurs éléments plaident en ce sens.

Ce qui s’est réellement passé à Falloujah nécessite quelques éclaircissements. Le site d’informations pakistanais HiPakistan publie le 6 mars une information qui ne fait l’objet d’aucun démenti : "Les Etats-Unis ont utilisé du gaz moutarde en Irak". Le site s’appuie sur des déclarations du ministre irakien de la Santé et du président vénézuelien Hugo Chavez. Le président a déclaré lors de son voyage en Inde début mars: "Le rapport du ministre indique clairement l’utilisation de gaz moutarde et de gaz innervant qui ont été trouvés sur des corps en décomposition dans la ville où tous les signes de vie, chiens, oiseaux et plantes ont été détruits" Si ces assertions sont vraies, il est probable que les responsables de cela ne souhaitent pas que cela se sache, ou du moins pas immédiatement.
Le 6 mars, le ministre irakien des Droits de l'Homme, Bakhtiar Amin, récuse que les militaires américains aient pu tirer délibérément contre la voiture qui transportait Giuliana Sgrena. Et le 7 mars, la Maison Blanche qualifie d'"absurde" l'hypothèse que des soldats américains aient délibérément tiré sur Giuliana Sgrena pour essayer de la tuer. Or la Convention de Genève condamne explicitement les tirs sur des civils en cas de guerre.
Par le passé, dans des circonstances analogues, une telle réponse avait déjà été donnée par les autorités américaines. Lorsque les Américains tirent un missile, le 22 avril 1999, sur la maison du président yougoslave Slobodan Milosevic, le porte-parole du Pentagone déclare "qu’il n’était pas dans nos intentions d’éliminer Milosevic". Pourtant le tir a eu lieu à 03h00 du matin sur une maison isolée, non située dans un cas militaire. C’est bien ce que l’on appelle un tir "délibéré".
Dans le cas de la journaliste italienne, les forces américaines en Irak ont indiqué avoir tiré "dans le moteur" or Giuliana Sgrena a été blessée à l’épaule et Nicola Calipari a reçu une balle en pleine tête. Et les Italiens circulaient dans un 4x4 blindé, véhicule où le moteur est situé plus bas par rapport aux passagers qu’une voiture habituelle. Les tirs n’ont donc pas visé le moteur mais bien les passagers. Ce qui est étonnant s’il s’agit d’une erreur de tir puisque l’armée américaine est une armée de métier, donc de personnes qui savent tirer. Dans ce cas, il pourrait donc bien s’agir d’un tir "délibéré".
Mais d’autres parlent d’une Toyota Celica louée à l’aéroport, avec une douzaine d’impacts seulement (Le Monde du 10 mars). Sur une telle voiture le risque de toucher les passagers en visant le moteur est beaucoup plus élevé. D'après cet article, la voiture roulait à 40 km/h. Impossible donc de rater sa cible pour un professionnel du tir... Mais si cette option est vraie, pourquoi Giuliana Sgrena a-t-elle parlé d’une pluie de balles?
Et le 8 mars, les ravisseurs présumés de Giuliana Sgrena affirment dans une vidéo diffusée par des médias italiens que la CIA voulait la tuer. Quel intérêt pourraient avoir les ravisseurs à diffuser une telle information?
D’un côté, quatre personnes, qui n’ont rien en commun, le ministre irakien de la santé, le président vénézuelien, la journaliste italienne, les ravisseurs irakiens qui tiendraient des propos "absurdes" et de l’autre une administration américaine irréprochable ? Cela pourrait être le cas si … l’administration américaine ne s’était pas, par le passé, et bien trop souvent, lancé dans des opérations "tordues". Robert Gates, l’ancien directeur de la CIA, dans ses Mémoires, et Zbigniev Brzezinski dans une interview au Nouvel Observateur, ont révélé comment les USA ont manœuvré en Aghanistan pour faire en sorte que les Russes interviennent en 1979, puis ont ensuite aidé les Moudjahiddines, puis les Talibans pour ensuite décider de les renverser, et ce avant le 11 septembre. Dans leur livre "le 11 septembre, pourquoi ils ont laissé faire les pirates de l’air", Peter Franssen et Pol de Vos écrivent, preuves et citations à l’appui, dont celles de Madeleine Albright, ministre américain des Affaires étrangères : "Dans la lutte de l’élite américaine, les vies humaines ne comptent pas, même s’il s’agit de millions de gens. On pourrait ajouter : a fortiori s’il s’agit de seulement 3.049 vies, à New York et Washington". Je rajoute, a fortiori pour une "simple" journaliste italienne.
Enfin, au moins 4 journalistes ayant enquêté sur les réfugiées de Falloujah (Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et deux journalistes irakiens) ont été soit kidnappés ou en passe de l’être, soit blessés. Pourquoi ? Enfin le secteur de Falloujah reste "verrouillé" par l’armée irakienne. Pourquoi, s’il n’y a rien à cacher?
Et le 12 mars, le ministre italien de la Justice Roberto Castelli, membre de la Ligue du nord, parti populiste membre de la coalition gouvernementale, accuse Giuliana Sgrena d'avoir "causé d'énormes problèmes au gouvernement". Pourquoi et quels sont ces problèmes?
Il y a sûrement quelque chose puisqu’un habitant de Falloujah déclare dans une interview au New-York Times datée du 26 mars : "Falloujah est sûre, sûre comme une prison". Et le titre de l’article du New York Times, signé Robert F. Worth, est on ne peut plus clair: "Des signes de vie s'affirment dans Fallujah ravagée"…
Tout cela n’est certes qu’un faisceau de présomptions, mais il est fort possible qu’il ait été fait feu volontairement sur Giuliana Sgrena pour ce qu’elle avait appris sur Falloujah. Et que Florence Aubenas soit détenue pour cette même raison.

 

Retour en haut de page / Back to top of this page Samedi 5 mars - 10h10

On prend parfois des routes sans savoir exactement où cela nous conduit. C’est exactement ce que je suis en train de faire. Au départ, j’ai voulu compiler les messages de soutien dans un livre. Ensuite, j’ai voulu les traduire pour que les Irakiens les lisent. Puis c’est devenu un site et un blog. Et maintenant, avec les derniers évènements, voilà que je dois faire deux ou trois mises à jour quotidiennes et le site a dépassé les 100.000 mots… Je n'avais pas prévu un tel volume.

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Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 3 mars - 14h00 - Avaler des couleuvres?

A t’on le droit de tout faire, tout dire, tout accepter quand la vie de quelqu’un est en jeu ? Certes en s’adressant de cette façon théâtrale à Didier Julia, Jean-Pierre Raffarin m’a scandalisé et a scandalisé de nombreuses personnes (lire ici).
Lui qui a tant décrié sur l’initiative de l’automne dernier aurait quand même pu agir autrement ! S’adressait-il ainsi aux ravisseurs? J’ai du mal à le croire. Comme si les ravisseurs étaient rivés à leurs écrans cathodiques, s’arrêtant à une telle déclaration, incapables de lire et d’entendre toutes les contributions et réflexions de la presse…Alors à qui? Sûrement pas à la population française. Je n’ai pas tout compris. Mais je refuse d’avaler n’importe quoi au prétexte que la vie d’une personne est en jeu.

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Retour en haut de page / Back to top of this page Mercredi 2 mars - 23h00 - Une seule logique : témoigner ou être tué ?

Trente-six heures se sont écoulées depuis que Florence est réapparue. J’ai essayé de réfléchir avec calme. Pas simple.
Je ne comprends pas ce délai de 10 jours pour étudier la vidéo. Il ne faut pas tant de temps. Soit, c’est pour gagner du temps avec les preneurs d’otages, mais je crois qu’il ne faut pas les prendre pour trop cons, soit c’est pour gagner du temps face à l’opinion publique française, et si c’est cela, pourquoi ?
Ensuite, pourquoi avoir caché à l’opinion publique qu’une information était déjà parvenue jeudi ?
Ensuite, Didier Julia. Si, comme je l’imagine, Florence a changé de mains, pourquoi le gouvernement laisse traîner ce flou ?
Enfin, pourquoi ne pas diffuser la vidéo ? Si les attentats du 11 septembre n’avaient pas été « en direct », il n’y aurait jamais eu une telle prise de conscience du terrorisme. S’il n’y avait pas eu d’Occidentaux et quelques vidéos à Pukhet, Banda Atjeh et Ceylan en décembre, la vague de solidarité aurait été tout autre pour le tsunami. La vidéo de Florence n’est pas « terrible » comme l’a été celle de Nick Berg, pas dégradante comme celle d’Afid ou Budiyanto avec des hommes qui les menacent, Florence ne pleure pas comme Giuliana Sgrena… Comme dit Serge July, « c’est douloureux à voir, quelqu’un qui souffre ». Ca l’est toujours ! Je pense qu’il faut montrer ces images pour que le public se mobilise. D’ailleurs je me plaignais de la chute inexorable des messages de soutien sur les forums, et voilà que hier, 1er mars, plus de 60 messages ont été déposés en une demi-journée à peine ! Il faut que le public soit conscient des atteintes aux droits élémentaires de la démocratie. A quand une manifestation dans Paris, pour Florence, avec 100.000 personnes ? En tout cas, j’avais pris le parti de placer la vidéo de Florence sur le site mardi en début de soirée. Des Irakiens l’ont vue. L’aurait-ils vue autrement ? Et puis, le Nouvel Observateur l’a aussi mis en ligne. Je crois que c’est nécessaire.
Bien sûr, certains m’ont dit : « On ne peut pas diffuser ça à la télé … si des enfants voient cela… ». Je rétorque : « Oui, eh bien les parents et le présentateur peuvent expliquer ». Alors on me dit : « Eh si les enfants sont seuls devant la télé ? ». Alors là, … ce n’est plus le même problème : si des enfants sont seuls devant la télé, c’est un problème de civilisation, d’éducation, de famille… Ce n’est pas un problème de journalisme et de diffusion des images. On me dit aussi : « Je ne veux pas voir ça » … OK, d’accord, mais est-ce parce qu’on se voile les yeux que la misère, la haine, la violence, l’exclusion disparaissent ? Paris-Match disait « le choc des photos ». Oui, certaines images sont violentes, mais je me demande aussi si on se pose autant de questions quand il s’agit du sang de pauvres illettrés arabes ailleurs que sur notre sol national…
Maintenant, la DGSE se pose la question de savoir pourquoi cette vidéo a été médiatisée… Et pourquoi ne l’aurait-elle pas été ? Après tout, c’est normal que les citoyens du monde sachent qu’il y a des enc**** qui kidnappent, pillent, violent, tuent, escroquent d’autres citoyens. Cela ne me paraît pas choquant. C’est presque la question de la DGSE qui me trouble… Pourquoi se posent-ils cette question ? Parce que c’est normal pour eux que nous n’ayons pas été avertis de la précédente vidéo ? Ce n’est pas comme cela que je vois la démocratie.

J’ai lu un article d’Iskander Debbache, un journaliste algérien avec qui Florence Aubenas a été en contact (à lire dans le fil de l’info ici). Propos très troublant. « Florence enquêtait, en plus de la précédente prise d'otages des Français en Irak Georges Chesnot et Christian Malbrunot, non seulement sur le rôle violemment contesté de Didier Julia et de la polémique qui en avaient suivi mais également sur le comportement interlope et très peu convaincant du ministre français des affaires étrangères Michel Barnier à l'égard de Didier Julia », une phrase écrite le 12 février, bien avant les derniers évènements.
Que penser de cela ? Iskander Debbache a l’air d’une « source » fiable.
Aïe, aïe… Et si Florence se retrouvait dans le cas de Palacios Sanchez, abattu d’avoir dénoncé (ici)?

Et puis, la position du gouvernement sur Didier Julia... (lire ici)
Pour sauver Florence, doit-on tout accepter ? Doit-on accepter de s’associer avec les ennemis d’hier pour avancer aujourd’hui ? Sacrée question. Spontanément, je dirais « non ». Tout autour de moi, je n’entends que des « oui ». Je ne serais pas bon en politique si c’est le comportement qu’il faut avoir. Saura t’on un jour la vérité sur Julia ? A la vue de ce que l’on sait vraiment, comment le juger ?

Florence écrivait dans un article de Libé publié le 8 février 2001, à propos de l’Algérie « La sale guerre – Une seule logique : tuer ou être tué ». Le terrain s’est déplacé, quelques années ont passé, mais la guerre est toujours aussi sale. Espérons que Florence ne vivra pas une logique malheureusement trop d’actualité : « Ne pas témoigner ou être tué ».

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Retour en haut de page / Back to top of this page Mardi 1 mars - 13h30 - Florence Aubenas est vivante!

Florence Aubenas est vivante. C’est le point positif de la cassette parvenue ce matin à Reuters-Baghdad.
Pour les points négatifs, ils sont légion. On ne parle pas d’Hussein Hanoun. Pourquoi ? Il n’est pas question de revendication, c’est très bizarre, voire unique. Florence -qui n’est pas une demeurée- parle de Didier Julia. Pourquoi lui ? Y a t’il une liaison avec la position de la France au Liban, et puisque l’on apprend fortuitement que jeudi dernier un CD-Rom était parvenu à la famille, Florence n’aurait-elle pas été échangée entre groupes mafieux, les nouveaux kidnappeurs ayant à voir avec la Syrie, donc avec Didier Julia ?
Il y a vraiment beaucoup trop d’interrogations qui assombrissent le fait qu’elle est vivante...!
Transcription de l'interview de Serge July sur France Inter ici
Interview de Michel Barnier sur France Inter ici
L'info de Reuters à Baghdad ce jour à 06h10 ici (en anglais)

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Retour en haut de page / Back to top of this page Mardi 1 mars - 11h20

Grosse satisfaction aujourd’hui avec le site kurde qui a placé l’image de Florence en haut de sa page ! http://kurdo.blogspot.com/ Génial ! ça me va droit au cœur. Ses propos sur le cas "Aubenas" sont aussi très sympas. Au moins, je n’aurai pas perdu mon temps.
Je suis étonné des réactions autour de «mon» site. Malgré le fait que l’Irak soit un sujet récurrent de nos bulletins d’informations depuis deux ans et demi, personne ne s’y intéresse vraiment et les gens sont étonnés des propos contenus dans les blogs que j’ai traduit. Cela m’encourage à continuer à traduire d’autres choses.
Quant au Népal qui n’est pas un sujet d’information en France, c’est Human Rights Watch qui y dénonce l’arbitraire et les exécutions sommaires du roi. L’organisation appelle le roi et l’armée à cesser leurs pratiques immédiatement (ici)… Pour l’instant, l’ONU est occupée au Liban. Le roi doit être tranquille pour un sacré moment d’autant que personne ne s’intéresse au Népal…
On reparle d’Ingrid Betancourt avec une offre : Un chef de la guérilla extradé aux Etats-Unis et plusieurs centaines de combattants contre 63 otages, dont Ingrid Betancourt. Espoir?

Retour en haut de page / Back to top of this page Lundi 28 février

Inéluctable oubli? Aïe, Aïe, aïe... Même ceux qui devraient être présents, je pense aux lecteurs de Libération, deviennent de plus en plus silencieux... Il y a de moins en moins de messages de soutien sur le forum. Moins de 10 par jour depuis une dizaine de jours. Il y en avait une vingtaine à la mi-février et près de 60 au début du mois. Bon, d'accord l'état du Pape, le projet de Constitution européenne, l'appartement de Gaymard, les grands froids, mais bon, ce n'est pas une raison. Bientôt 1500 morts dans l'armée américaine en Irak. Franchement, est-ce c'est nécessaire de s'étaler autant sur la santé du Pape ou les erreurs d'un ministre? La vie est-elle un tel rouleau-compresseur que l'on ait déjà oublié à ce point Florence?
Et puis 105 morts en Irak (dans un même attentat!!!), ça passe sur le fil d'info d'AOL après la "spectaculaire baisse des températures"... ou le fait que le film de Christophe Barratier n'ait pas été primé aux Oscars, soit en sixième position à la Une! Qui choisit ce classement?
Heureusement, lors de cette cérémonie des Oscars, Isabelle Adjani a tenu à mentionner dans son discours la journaliste Florence Aubenas, "portée disparue depuis 51 jours", mais aussi notamment l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt. "La Nuit des Césars fera je l'espère du bruit contre l'oubli", a-t-elle déclaré. Je l'espère aussi!

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Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 27 février

Extrait d'une dépêche AFP: "Un journaliste de la télévision américaine de langue arabe Al-Hurra, Mohammad Chérif Ali, a été grièvement blessé et son chauffeur tué dans une attaque vendredi à Iskandariyah, au sud de Bagdad, selon des médecins." On n'en reparlera plus...
Et 22 morts en Irak le 24, 16 morts le 25 et encore 12 le 26. Et bien sûr, pas de nouvelles de Florence Aubenas!
A la télé, Gaymard a tenté de s'expliquer sur TF1. Du grand journalisme comme je l'aime: il accuse Paris-Match de mentir, il se pose en victime et, en face, cette cruche de Claire Chazal ne fait pas son boulot de journaliste... Quelle tristesse!

Retour en haut de page / Back to top of this page Vendredi 25 février

J'ai déposé un nouveau message sur le site de Libération:
Florence, Hussein,
J'ai traduit en anglais plusieurs centaines des messages déposés ici, pour que les Irakiens puissent les lire.
Vous savez peut-être qu'en Irak des bloggeurs publient les textes qu'on leur envoie ou parlent de vous.
En échange, j'ai traduit des textes irakiens.
J'espère que vos ravisseurs parlent anglais et qu'ils pourront ainsi comprendre le formidable élan de générosité qui traverse la France et la gravissime erreur qu'ils font en s'attaquant au pilier de la liberté que vous êtes!
Revenez-nous vite: il faut que quelqu'un aille délivrer Ingrid Betancourt... et j'ai pensé à vous
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Quelques mots, au journal de19h00 pour Florence et Hussein. Ouf!

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Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 24 février