| |
|
4
mars 21h21 – Reuters
L'annonce de la libération de Giuliana
Sgrena a fait renaître l'espoir d'une issue prochaine pour
Florence Aubenas et son guide-interprète, Hussein Hanoun,
enlevés il y a 58 jours en Irak. "Cela me donne beaucoup
d'espoir et surtout ça me donne une très grande
satisfaction de voir que les choses bougent", a déclaré
le père de la journaliste française, Benoît
Aubenas, sur France 2. "J'y vois aussi un signe extrêmement
positif pour la libération prochaine de Florence et de
son guide", a-t-il ajouté. La libération de
la journaliste italienne "nous émeut et nous fait
redoubler d'espoir quant à la libération" de
Florence Aubenas, a souligné Marie-Ange Rodeaud, présidente
du "comité de soutien à Florence et Hussein".
"Nous répétons,
au gouvernement français, à toutes les personnes
qui travaillent à la libération de Florence et Hussein,
ainsi qu'aux personnes qui les détiennent qu'ils doivent
prendre soin d'eux et les libérer au plus vite", a-t-elle
ajouté dans un communiqué. Le comité de soutien
"appuie" la mère de Florence Aubenas, qui a refusé
cette semaine que la journaliste de Libération et son guide
deviennent des "doubles otages entre les mains de leurs ravisseurs,
toujours officiellement inconnus à ce jour et celles de
négociateurs de quelque bord soient-ils".
De son côté,
le ministère des Affaires étrangères s'est
réjoui de savoir Giuliana Sgrena libre, appelant de nouveau
à la libération "dans les plus brefs délais"
de Florence Aubenas. "Nous saluons la libération de
Giuliana Sgrena intervenue ce soir en Irak. Nous partageons la
joie de sa famille et de ses proches qui ont traversé des
moments difficiles jusqu'à ce soir et celle de tous les
Italiens", déclare le porte-parole du Quai d'Orsay,
Hervé Ladsous, dans un communiqué.
Après deux mois de silence, l'envoyée
spéciale de Libération a appelé à
l'aide dans une cassette-vidéo diffusée mardi. Elle
apparaît seule sur les images, très amaigrie, et
dit être en mauvaise santé physique et psychologique.
En anglais, elle demande l'aide de Didier Julia, auteur en septembre
d'une tentative rocambolesque de libération de Georges
Malbrunot et Christian Chesnot.
Après avoir mis en demeure le député UMP
de fournir toutes les informations qui pourraient conduire à
la libération de Florence Aubenas, Jean-Pierre Raffarin
l'a écarté jeudi, récusant toute "diplomatie
parallèle" et s'adressant directement aux ravisseurs
de la journaliste.
"Après tout le tohu-bohu qui a suivi la diffusion
de la vidéo de Florence, enfin une bonne nouvelle",
s'est réjoui le secrétaire général
de Reporters sans frontières, Robert Ménard. "Nous
voulons voir dans cette libération un signe d'espoir pour
Florence Aubenas et Hussein Hanoun. Nous sommes profondément
heureux et émus. Les efforts de chacun, en particulier
de la presse et du gouvernement italien, ont finalement payé".
Depuis l'annonce de l'enlèvement de la journaliste italienne,
il y a exactement un mois, RSF avait affiché son portrait
à côté de ceux de Florence Aubenas et Hussein
Hanoun place de la République. Il sera décroché
lundi à 15h, fait savoir l'organisation qui a reporté
la balade en rollers qu'elle comptait organiser vendredi soir
en soutien à Florence Aubenas à cause des intempéries.
Elle aura finalement lieu le 25 mars.
4
mars 08h20 – France-Inter
"Question directe"
de Pierre Weill. Invité: Jean-François Coppé,
porte-parole du gouvernement.
P. Weill: Alors, un jour, c’est la main
tendue à Didier Julia devant l’Assemblée Nationale.
Le lendemain, on lui dit "non merci, on se passera de vos
services". Jean-Pierre Raffarin dit hier devant les représentants
des partis politiques qu’il recevait : "Julia ne sait
rien et Juila ne sert à rien". Alors on se demande
pourquoi Jean-Pierre Raffarin a d’abord réhabilité
Julia en s’adressant à lui directement devant l’Assemblée
Nationale mercredi, Didier Julia qui avait quand même traité
votre collègue Barnier de "nul" lors de l’affaire
Chesnot-Malbrunot. Est-ce que notre diplomatie ne sort pas de
tout cela, disons "chahutée", "ridiculisée",
je prends des… des termes lus dans la presse, ce matin?
J-F. Coppé: C’est évidemment des termes que
je ne partage pas. Moi, je voudrais rappeler qu’il y a comme
toujours dans toutes ces affaires difficiles et douloureuses,
il y a les… ceux qui commentent, ce qui est normal, et puis
il y a ceux qui agissent et qui sont en responsabilité.
Pardon, mais il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui,
sur votre antenne, le dise. Le… la disparition de Florence
Aubenas a conduit l’ensemble de nos services, vous le savez,
à une mobilisation totale… totale pour la retrouver.
La dernière cassette qui a été diffusée
montre Florence Aubenas vivante. Chacun évidemment a ressenti
avec l’émotion que l’on sait… cette image
mais aussi chacun a entendu le fait qu’elle a fait appel
à Didier Julia. Il était donc du devoir du gouvernement
et des services d’entendre Didier Julia et c’est très
exactement ce qui a été fait, sachant que…
P. Weill: ça pouvait se faire discrètement, peut-être,
non?
J-F. Coppé: Pourquoi…
P. Weill: cet appel de Jean-Pierre Raffarin devant tout l’hémicycle…
J-F. Coppé: Je ne comprends pas…
P. Weill: à Didier Julia…
J-F. Coppé: Excusez-moi, mais je ne comprends pas…
P. Weill: On connaît le personnage quand même…
J-F. Coppé: Cela veut dire quoi "tout l’hémicycle"
ou "pas tout l’hémicycle"? Je rappelle
quand même que la cassette a été diffusée
à l’ensemble de nos compatriotes. C’est l’ensemble
des Français et des Françaises qui a vu cette cassette
et qui sont en droit de savoir comment nous travaillons. Il était
donc tout à fait légitime que le Premier ministre,
euh… prenne à ce moment-là ses responsabilités
et dise : "très bien, je demande aux services de…,
de…, de rencontrer Didier Julia et de savoir s’il
a des informations"…
P. Weill: Jean-François Coppé…
J-F. Coppé: il est sorti de tout cela qu’il n’en
avait pas!
P. Weill: Didier Julia, pour vous, c’est un mythomane?
J-F. Coppé: Je ne rentre pas dans ces qualificatifs. Après
tout, tous ceux qui commentent tout cela… ont le choix des
mots dans ce domaine. Je dirai que de ce point de vue, ce n’est
pas mon travail. Ce que chacun doit bien comprendre, c’est
que nous agissons en responsabilité et qu’à
partir du moment où cet appel avait été lancé
à Didier Julia , il était tout à fait normal
que les services interrogent Didier Julia. Y’a pas d’information
nouvelle et surtout il n’y a pas de diplomatie parallèle.
P. Weill: Didier Julia a rencontré le patron de la DGSE
hier. Vous confirmez que tout ce qu’il a dit n’a aucun
intérêt?
J-F. Coppé: Ben écoutez, c’est en tout cas
ce qu’est ressorti de… des conclusions tirées
par le directeur de la Direction générale de la
sécurité extérieure.
4 mars
08h15 – France-Inter – "Géopolitique"
/ Emmanuel Leclerc
Retour sur ce qu’il faut bien appeler cette
deuxième affaire Julia avec depuis hier ce bras de fer
avec le gouvernement, Didier Julia qui tente de revenir dans la
négociation pour obtenir la libération de Florence
Aubenas. Eh bien, tout cela a tourné court avec les nouvelles
déclarations de Jean-Pierre Raffarin.
Il y avait comme un flottement à l’issue
du discours de Jean-Pierre Raffarin avant-hier devant les députés,
un problème d’interprétation qui est apparu
y compris dans les dépêches d’agences de presse,
ce qui est assez rare. Comme un malaise également, on l’a
vu, dans les rangs des députés. Alors, injonction,
sommation ou réhabilitation publique du député
pestiféré de la majorité?
Eh bien, depuis hier, on est fixé : il est hors de question
de voir Didier Julia repartir avec ses acolytes du côté
de Bagdad ou de Damas. Jean-Pierre Raffarin a donc mis de la clarté
dans ses intentions après avoir soigneusement attendu la
visite de la DGSE à Didier Julia, un huit clos d’une
heure trente tout de même, mais visiblement le député
n’avait qu’une idée en tête: oui, il
est prêt à collaborer totalement avec le gouvernement
mais à ses seules conditions. On le sait, il a besoin de
ses collaborateurs pour qu’ils aillent, dit-il débroussailler
le terrain avant que lui-même éventuellement n’intervienne.
Des «mini dominici» pour l’instant sous contrôle
judiciaire strict qui reviendraient par la grande porte. Scénario
idéal mais la porte semble avoir claqué très
fort avec ces mots du Ministre : inacceptable!
Porte qui claque très fort donc, mais alors pourquoi l’avoir
entrouverte ces derniers jours? Est-ce que cela veut dire qu’en
72 heures sur le terrain, il s’est déjà passé
beaucoup de choses et que l’on n’a plus besoin des
services d’un trio que la DGSE n’avait de toutes façons
jamais voulu revoir dans la partie? Un proche de l’Elysée
nous disait hier qu’il n’y avait là rien de
vraiment surprenant ni de la part de Julia –souvenez-vous
quand même à qui on a à faire- ni de la part
du gouvernement d’ailleurs : trop de passif, trop de méfiance
pour dire : «Mais bien sûr, Monsieur Julia, allez-y
! Feu vert pour un plan B mais cette fois avec les appuis officiels
qu’il vous faut. Peut-être un avion, aussi ? pas besoin
de celui de Gbagbo…».
Mais non, il n’y aura pas d’aller-retour pour Bagdad
ou Damas. Damas, la Syrie, son éventuel rôle dans
cette affaire, «cette hypothèse légitime »
confiait un diplomate hier soir. Est-ce que cela veut dire qu’en
72 heures sur le terrain, il s’est déjà vraiment
passé beaucoup de choses ? Ce qui serait un signe positif
en vue d’une libération prochaine de Florence Aubenas
et d’Hussein Hanoun.
A regarder les grandes manœuvres autour de la Syrie en ce
moment où la France est très impliquée, les
négociations en cours sur l’Irak et le Liban, il
y a des liens naturels que pas mal d’observateurs de la
région ont déjà fait. Des liens, à
défaut de certitudes, sur tout ce qui pourrait maintenant
aboutir à une libération rapide car depuis 72 heures,
depuis que l’on sait que Florence Aubenas est en vie, qu’y
a-t-il de plus sur le fond ? Rien. Sur la forme en revanche, tout
a changé. Pendant plus de 50 jours le gouvernement n’avait
rien dit ou presque. Depuis l’irruption des vidéos
et de ce nom fantôme, si réel, Julia, là c’est
un déluge comme si depuis que les premiers d’otages
ont décidé d’aller sur le terrain médiatique,
Matignon et le Quai d’Orsay avaient choisi la même
option. Les ravisseurs se servent de Julia à leur façon,
Paris aussi. Ce sont les règles du jeu qui ont changé
depuis 72 heures et c’est toujours aussi difficile à
suivre.
4 mars
- Didier Julia interrogé par Renaud Bernard – France
Inter 08h05
"Si le Premier ministre fait cette déclaration,
je suppose que c’est que les services sont en train de libérer
Florence Aubenas et par conséquent, qu’il n’a
donc pas besoin de moi et c’est pas un problème pour
moi ! Et j’en suis,… j’en suis d’avance
très heureux pour Florence Aubenas. Simplement on va voir
les choses comme elles vont se passer et bien entendu s’il
arrive malheur à Florence Aubenas, je confirme que j’étais
engagé à 100% pour utiliser tous mes contacts afin
de la sortir de là!"
3 mars,
20h07 - AFP
Julia: "Je n'ai jamais exigé
de travailler seul" dans l'affaire Aubenas
Le député UMP Didier Julia a affirmé jeudi
soir à l'AFP qu'il n'avait "jamais exigé de
travailler seul" dans l'affaire de l'enlèvement en
Irak de la journaliste Florence Aubenas, en réponse à
des accusations portées peu auparavant par le Premier ministre.
A l'issue d'une rencontre avec les responsables politiques, Jean-Pierre
Raffarin a déclaré que M. Julia avait demandé
à "agir de manière indépendante, avec
ses propres moyens, en parallèle, ce qui est inacceptable".
Répondant à ces propos, M. Julia a déclaré
que cette "polémique n'a pas lieu d'être".
"Ou bien Jean-Pierre Raffarin est en train de faire sortir
Florence Aubenas par les services, auquel cas il n'a absolument
pas besoin de moi et je suis le premier à m'en féliciter,
ou bien il va mettre Florence Aubenas dans une situation extrêmement
difficile", a accusé à son tour M. Julia. "J'ai
dit que je collaborais avec les autorités françaises"
et "je l'ai fait", a ajouté M. Julia, en affirmant
qu'il avait "amené un ensemble d'informations suffisamment
intéressantes" pour que l'entretien qu'il a eu dans
la matinée avec le directeur général de la
sécurité extérieure (DGSE), Pierre Brochand,
"dure une heure".
M. Raffarin a au contraire affirmé qu'il n'y avait "pas
d'élément nouveau, concret" apporté
par M. Julia "qui puisse permettre d'envisager une solution
efficace", lors de cette audition. "J'ai confirmé
que je ne ferai rien en dehors des autorités françaises"
et "je n'ai jamais exigé de travailler seul",
a assuré le député de Seine-et-Marne à
l'AFP, en réaffirmant toutefois qu'il avait "besoin
de ses deux collaborateurs (Philippe Brett et Philippe Evanno)
pour approfondir les contacts". Dans la matinée, M.
Julia avait demandé "instamment" à la
justice "la levée du contrôle judiciaire"
auquel sont soumis MM. Brett et Evanno, qui ont été
mis en examen en décembre 2004 pour "intelligence
avec une puissance ou une organisation étrangère
(...) de nature à porter atteinte aux intérêts
fondamentaux de la Nation".
"Si Jean-Pierre Raffarin estime que je n'ai aucune utilité
dans l'affaire, très bien", a poursuivi M. Julia.
"Mais ce qui est ennuyeux, c'est que les ravisseurs ont demandé
comme médiateur Didier Julia, c'est leur seule exigence",
a poursuivi le député, en se référant
à l'appel lancé sous la contrainte par la journaliste
de Libération.
Sur la chaîne parlementaire LCP-Assemblée Nationale,
le député s'est d'autre part exprimé sur
le fond du dossier. "J'imagine que lors de la sortie des
deux otages français (Georges Malbrunot et Christian Chesnot,
ndlr), il y avait un engagement à publier un message politique,
or ils se sont sentis maltraités", a-t-il dit. "Je
pense qu'il y a un besoin de reconnaissance de la part des forces
de la résistance irakienne", a-t-il ajouté,
estimant que "dans cette affaire Aubenas la Syrie ne joue
strictement aucun rôle et qu'il faut arrêter les imaginations
et les élucubrations sur ce sujet".
3 mars,
19h32 - AFP
Aubenas: Raffarin écarte Julia
et s'adresse directement aux ravisseurs, par Frédéric
Dumoulin
Jean-Pierre Raffarin a écarté jeudi Didier Julia,
qui ne possède, selon lui, aucun "élément
nouveau ni concret" sur l'enlèvement de Florence Aubenas,
et a lancé pour la première fois un appel à
ses ravisseurs pour qu'ils la libèrent rapidement et passent
par les seuls canaux officiels français.
"Je veux dire aux ravisseurs, s'ils m'entendent, que la France
demande la libération rapide" de la journaliste de
Libération et de son guide irakien, enlevés en Irak
le 5 janvier, a lancé le Premier ministre sur un ton solennel
à l'issue d'une réunion à Matignon avec les
responsables politiques. "Si les ravisseurs", qui ne
se sont encore jamais officiellement manifestés, "veulent
engager des discussions, qu'ils s'adressent aux seuls services
officiels de la France", a-t-il insisté. Il a justifié
sa demande -formulée la veille à l'Assemblée-
au député UMP de coopérer avec les services
de renseignements par le fait que la journaliste avait "introduit
son nom dans le dossier".
"Je me devais de tenir compte de ce message. Je souhaite
vraiment que (Florence Aubenas) sache que, quelles que soient
les circonstances de son message, nous sommes très attentifs
à tout ce qu'elle exprime par sa voix mais aussi par son
image", a-t-il fait valoir alors que certains hommes politiques
lui ont reproché d'avoir ramené le député
de Seine-et-Marne dans le jeu, malgré le fiasco de son
équipée pour libérer Christian Chesnot et
Georges Malbrunot, à l'automne dernier. M. Raffarin a également
jugé "inacceptable" la demande de M. Julia "à
agir de manière indépendante, avec ses propres moyens,
en parallèle".
D'autant que, selon les premiers compte-rendus de l'audition du
député, jeudi matin, par la DGSE, le Premier ministre
"constate qu'il n'y a pas d'élément nouveau,
concret qui puisse nous permettre d'envisager une solution efficace".
A l'issue de cette audition, M. Julia avait posé comme
préalable "absolument nécessaire" à
sa coopération et à la réactivation des contacts
dont il affirme disposer au Proche-Orient "la levée
du contrôle judiciaire" touchant ses collaborateurs
Philippe Brett et Philippe Evanno qui l'avaient aidé dans
sa tentative avortée de libérer MM. Chesnot et Malbrunot.
"La France est mobilisée pour obtenir la libération"
de Florence Aubenas et de son guide. "Ce sont les services
officiels français qui sont les seuls habilités
à mener les contacts nécessaires. Il n'y a aucune
diplomatie parallèle. Aucune officine n'est autorisée
à parler sur ce dossier comme sur les autres au nom de
la France", a poursuivi le chef du gouvernement.
"A tous ceux qui, en France comme en Irak, estiment avoir
des informations utiles pour la libération des otages,
je leur dis: +adressez-vous aux services officiels français,
donnez-nous les informations+ (...) Les portes des services français
restent ouvertes, à chaque instant, pour chaque information
nouvelle. Nous sommes disponibles jour et nuit", a ajouté
M. Raffarin, en saluant "l'unité nationale" sur
cette affaire. A l'issue de la réunion à Matignon,
les responsables politiques se sont refusé à tout
commentaire, à l'exception du numéro un socialiste
François Hollande qui a lui aussi souhaité jeudi
qu'il n'y ait "aucun intermédiaire" entre les
autorités françaises et les ravisseurs.
"Avec les socialistes, je considère qu'il ne faut
pas ouvrir de polémique tant que Florence Aubenas et Hussein
sont détenus", a-t-il souligné en mettant en
avant la nécessaire "cohésion nationale".
"Lorsque l'on sait que M. Julia est UMP, il faudrait peut-être
que l'UMP fasse de l'ordre dans ses propres rangs", a-t-il
toutefois ajouté.
De son côté, le ministère de la Défense
a fait savoir dans la journée que l'analyse des deux cassettes
contenant des appels de la journaliste Florence Aubenas "est
difficile" et se poursuit à la DGSE sans avoir "encore
permis d'établir des conclusions certaines".
Jacqueline Aubenas, mère de la journaliste, a dit être
en proie "à un sentiment absolu d'urgence" face
aux images de sa fille.
3 mars,
18h22 - AFP
Aubenas: Raffarin demande aux ravisseurs
de s'adresser aux services officiels
Jean-Pierre Raffarin a demandé jeudi aux ravisseurs de
Florence Aubenas, "s'ils (l')entendent", la "libération
rapide" de la journaliste en les appelant à s'adresser
"aux seuls services officiels" français.
Sur un ton solennel, le Premier ministre a déclaré,
à l'issue d'une rencontre avec les responsables politiques,
que la demande du député UMP Didier Julia d'agir
"de manière indépendante, avec ses propres
moyens, en parallèle" pour la libération de
la journaliste Florence Aubenas était "inacceptable".
"Le parlementaire demande à agir de manière
indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle,
ce qui est inacceptable", a-t-il insisté.
M. Raffarin a affirmé qu'il n'y avait "pas d'élément
nouveau, concret" apporté par M. Julia "qui puisse
permettre d'envisager une solution efficace", lors de son
audition dans la matinée par les services de renseignements
dans cette affaire.
S'adressant pour la première fois aux ravisseurs de Florence
Aubenas, enlevée en Irak le 5 janvier avec son guide irakien
Hussein Hanoun Al-Saadi, il a lancé: "je veux (leur)
dire, s'ils m'entendent, que la France demande la libération
rapide de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun". "Nous
voulons les revoir dans notre pays rapidement (...) Si les ravisseurs
veulent engager des discussions, qu'ils s'adressent aux seuls
services officiels de la France", a-t-il insisté.
"La France est mobilisée pour obtenir (leur) libération.
Ce sont les services officiels français qui sont les seuls
habilités à mener les contacts nécessaires.
Il n'y a aucune diplomatie parallèle. Aucune officine n'est
autorisée à parler sur ce dossier comme sur les
autres au nom de la France", a poursuivi le chef du gouvernement.
"A tous ceux qui, en France comme en Irak, estiment avoir
des informations utiles pour la libération des otages,
je leur dis: "adressez-vous aux services officiels français,
donnez-nous les informations" (...) Les portes des services
français restent ouvertes, à chaque instant, pour
chaque information nouvelle. Nous sommes disponibles jour et nuit",
a ajouté M. Raffarin. "La France est mobilisée,
le gouvernement est mobilisé, je suis mobilisé pour
la libération" des otages. "Je souhaite que nous
puissions, dans l'unité nationale, obtenir cette libération.
J'ai constaté que tous les partis politiques sont aujourd'hui
rassemblés derrière l'action du gouvernement",
a-t-il conclu.
3 mars,
16h03 - AFP
Le PE appelle à la libération
immédiate des otages en Irak
Le Parlement européen (PE) a appelé jeudi à
la libération des journalistes enlevés en Irak,
demandant aux institutions européennes de se mobiliser
en faveur de la Française Florence Aubenas, de son guide
Hussein Hanoun al-Saadi et de l'Italienne Giuliana Sgrena.
Dans une déclaration écrite, les présidents
des groupes politiques au PE ont appelé à "la
libération immédiate de tous les journalistes enlevés
en Irak ainsi qu'à celle de tous les otages". Ils
demandent en outre "à toutes les institutions européennes,
à tous les gouvernements et à toutes les collectivités
territoriales de se mobiliser en faveur de Giuliana Sgrena, de
Florence Aubenas et de son guide interprète Hussen Hanoun
al-Saadi". "Tous les moyens doivent être mis en
oeuvre pour que les médias puissent remplir leurs tâches
partout dans le monde", poursuivent les présidents
de groupe, qui ont décidé d'apposer les portraits
des deux journalistes et du guide interprète dans les locaux
du PE.
De son côté, le président du PE, Josep Borrell,
a estimé "fondamental de poursuivre sans relâche
la mobilisation autour des otages afin de faire pression sur les
auteurs de ces rapts odieux". Florence Aubenas, du quotidien
Libération, a disparu le 5 janvier à Bagdad avec
son guide. Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du
journal Il Manifesto en Irak, a de son côté été
enlevée le 4 février.
La Commission européenne "partage l'émotion
de tout le monde face à l'enlèvement des journalistes
quels qu'ils soient. C'est bien sûr une douleur pour les
familles et pour la personne en question que nous partageons totalement",
avait un peu plus tôt indiqué la porte-parole de
l'exécutif européen devant la presse. Interrogée
sur l'absence de réaction de Bruxelles jusqu'ici dans cette
affaire, la porte-parole, Françoise Le Bail, a simplement
expliqué que "la pratique de la Commission n'est pas
de réagir chaque fois qu'il y a des enlèvements".
En soutien aux otages, un rassemblement est par ailleurs organisé
mardi soir à l'Atomium de Bruxelles par l'association qui
gère l'édifice construit pour l'exposition universelle
de 1958, en collaboration avec Libération, Il Manifesto,
l'association Reporters sans Frontières et le Comité
de soutien pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun.
3
mars, 14h15 - AFP
Aubenas: l'analyse des cassettes "est
difficile" et se poursuit (Défense)
L'analyse des deux cassettes contenant des appels de la journaliste
Florence Aubenas "est difficile" et se poursuit à
la DGSE sans avoir "encore permis d'établir des conclusions
certaines", a déclaré jeudi le porte-parole
du ministère de la Défense Jean-François
Bureau.
"Le travail d'expertise, d'analyse de ces cassettes, de ces
documents, se poursuit. Il est difficile", a souligné
M. Bureau lors du point de presse hebdomadaire du ministère.
"A ce jour, il n'a pas encore permis d'établir des
conclusions certaines, notamment de pouvoir cerner plus précisément
l'écart éventuel qui existe entre le moment où
ces cassettes nous sont parvenues et le moment où elles
ont été enregistrées", a-t-il indiqué.
Selon le porte-parole, "ce sont les services de la DGSE (Direction
générale de la sécurité extérieure)
qui sont chargés d'expertiser ces documents, avec les difficultés
que cela représente et la mobilisation des moyens que l'on
connaît".
M. Bureau a par ailleurs confirmé que des "contacts
ont été pris" entre la DGSE et Didier Julia
jeudi matin, au lendemain de la déclaration du Premier
ministre Jean-Pierre Raffarin informant l'Assemblée qu'il
avait demandé au directeur général de la
sécurité extérieure Pierre Brochand de "prendre
contact" avec le député UMP.
Le porte-parole a précisé par ailleurs que "l'ensemble
des moyens, qui était mobilisé pour la libération
de Chesnot et Malbrunot, n'a jamais cessé sa marche",
en raison du calendrier très bref entre la libération
des deux journalistes et la disparition de Florence Aubenas. "Les
choses sont restées en l'état. Les équipes
qui étaient mobilisées sur la libération
des journalistes à la fin de l'année ont continué
de travailler", a-t-il dit.
Selon le ministère de la Défense, l'opération
en vue d'obtenir la libération de Christian Chesnot et
Georges Malbrunot avait "mobilisé constamment 100
personnes et également une quinzaine de postes à
l'étranger" et "plusieurs dizaines de milliers
de communications avaient été interceptées,
réalisées et analysées".
3
mars, 13h22 - AFP
Aubenas: Julia s'est entretenu avec les
services français mais pose ses conditions, par
Lucie Peytermann
Sollicité mercredi par Jean-Pierre Raffarin, le député
UMP Didier Julia s'est entretenu jeudi avec les services français
en vue de la libération de Florence Aubenas, mais a posé
des conditions en demandant "instamment" à la
justice la levée du contrôle judiciaire sur ses collaborateurs.
Mercredi à l'Assemblée, le Premier ministre avait
sommé le député de coopérer avec les
services de renseignement français pour la libération
de la journaliste, tout en soulignant qu'il ne pouvait y avoir
de "diplomatie parallèle". Jeudi matin, Didier
Julia a affirmé à l'AFP s'être entretenu à
l'Assemblée pendant une heure avec le directeur général
de la sécurité extérieure (DGSE), Pierre
Brochand. Il n'a donné aucune indication sur la teneur
de cet entretien. Dans un communiqué transmis à
l'AFP un peu plus tôt, le député assurait
qu'"aujourd'hui comme hier", il était "à
la disposition des autorités françaises afin de
faire tout ce qui sera en (son) pouvoir pour obtenir la libération
de Florence Aubenas".
Dans une vidéo diffusée mardi, la journaliste, enlevée
le 5 janvier à Bagdad, a lancé un appel à
l'aide à M. Julia. "J'en appelle particulièrement
à Monsieur Didier Julia, le député français.
S'il vous plaît M. Julia, aidez-moi. C'est urgent",
déclare-t-elle notamment.
Dans son communiqué, le député se dit "extrêmement
choqué par l'état de totale détresse et de
grande faiblesse" de Florence Aubenas. Mais "pour permettre
ce travail", M. Julia oppose un préalable "absolument
nécessaire": la "levée du contrôle
judiciaire" sur ses collaborateurs Philippe Brett et Philippe
Evanno. Les deux hommes, qui avaient participé à
l'automne dernier à une tentative avortée de libération
des ex-otages en Irak Christian Chesnot et Georges Malbrunot,
ont été mis en examen le 29 décembre pour
"intelligence avec une puissance ou une organisation étrangère".
Sous contrôle judiciaire, ils ont interdiction de quitter
le territoire français.
"Je demande instamment une levée du contrôle
judiciaire qui les empêche de communiquer avec moi et leur
interdit également d'entrer en relation avec certaines
personnalités irakiennes incontournables dans cette affaire",
assure M. Julia. MM. Brett et Evanno "connaissent tous mes
contacts en Irak et disposent en outre, eux-mêmes, de nombreuses
autres relations dans ce pays qui sont absolument indispensables
à la médiation sollicitée", poursuit-il.
Didier Julia a précisé à l'AFP que les membres
de la DGSE venus le rencontrer à l'Assemblée étaient
"au courant" de sa demande de levée du contrôle
judiciaire de ses deux collaborateurs. Le député
conclut son communiqué en affirmant que la libération
de Florence Aubenas "ne peut être la conséquence
que d'une mobilisation de tous, sans dissensions ni polémiques
stériles et dangereuses, afin de faire prévaloir
le respect de la personne humaine".
Dans une déclaration à l'AFP mercredi, la direction
de Libération s'est interrogée sur le rôle
du député. "Didier Julia prétend qu'il
connaît les ravisseurs et que les ravisseurs le connaissent,
pourquoi n'a-t-il pas lancé un appel en faveur de Florence
et utilisé ses prétendues influences", a déclaré
Patrick Sabatier, directeur adjoint de la rédaction. "Quand
le journal l'a approché en ce sens, il s'est refusé
à le faire", a ajouté M. Sabatier, qui s'est
demandé pourquoi M. Julia, "puisqu'il prétend
savoir, n'a pas informé les services secrets et nous-mêmes".
3 mars - 08h00 - Journal de France-Inter
- Gaétan Force, député PS de la Nièvre,
au micro de Frédéric Pommier.
"Je dois dire que l’on a été,
je crois, sur les bancs, assez stupéfaits effectivement
de la démarche entreprise par le Premier ministre dans
la mesure où ce genre d’interpellations appelle plutôt
au contraire une explication, j’imagine entre le gouvernement
et le député qui appartient à la majorité,
sur les informations qu’il détient plutôt qu’une
interpellation politique de cette nature. On a le sentiment, c’est
vrai, que cette déclaration était un tout petit
peu déplacée, mais enfin, ce qui compte maintenant
c’est que toutes les informations soient réunies
pour trouver une solution à la situation dramatique dans
laquelle se trouve Florence Aubenas et que le temps n’est
pas à la polémique, même si je vous le dit,
il y a une sorte de stupéfaction à avoir entendu
le Premier ministre s’exprimer d’une façon
inhabituelle dans l’hémicycle à l’égard
d’un parlementaire avec lequel il peut normalement entretenir,
à travers les responsabilités qui sont les siennes,
des relations directes, surtout sur un sujet de cette gravité."
3 mars – C’est dans le journal - Jean-Yves
Chaperon - RTL Matin
Il y a deux jours encore, on le croyait aux oubliettes
de l'actualité, le voilà qui fait son retour fracassant
à la Une. Il est "Le Recours", pour le Républicain
Lorrain en première page : "Raffarin appelle Julia
à la rescousse", titre à la Une de la
Nouvelle République. Mais la sollicitation du Premier ministre
hier devant l'Assemblée est aussi perçue dans le
Figaro, davantage comme une avertissement qu'un retour en grâce
: "Raffarin met Julia en garde", c'est le titre
ce matin du Figaro.
Il n'empêche, dans le journal, on prend ça comme
une sacré volte-face
Oui, "enterré, vilipendé, discrédité
en décembre, le voilà bon pour reprendre du service
en mars. Didier Julia, le pied nickelé de la République
est donc de nouveau fréquentable. Quelle revanche ! Le
gouvernement abat la carte Julia. Il n'a visiblement pas d'autre
choix. Pour prendre le chemin de Damas, le Premier ministre est
contraint d'aller à Canossa", c'est le jugement
dans la Nouvelle République d'Hervé Cannet.
"Pestiféré hier, fréquentable aujourd'hui.
Didier Julia savoure le plaisir de croire que sans lui, la France
est incapable de nouer le moindre contact avec les ravisseurs.
Le gouvernement a t'il cette fois vraiment besoin de lui ? Auquel
cas c'est un aveu de faiblesse", c'est écrit
là dans l'Est Républicain par Pierre Taribo. Dans
le Républicain Lorrain, Philippe Waucampt trouve que "la
réintroduction de ce Mister Bean de la diplomatie parallèle
a quelque chose de tellement pathétique que c'en serait
risible si des vies n'étaient encore une fois en jeu".
Voilà, pour ce retour, l'accueil n'est pas franchement
chaleureux dans le journal, autant en ce qui concerne le personnage
Julia proprement dit, que la décision de le remettre en
selle.
Dans Libération, on lit aussi que le journal a offert hier
à Didier Julia de lancer dans ses colonnes un appel solennel
aux ravisseurs pour qu'ils libèrent leurs otages, mais
il a décliné l'invitation et a préféré
aller s'exprimer sur la chaîne Al Jazeera. (…)
3 mars
– C’est juste mon avis – Jeanine Perrimond /
RTL Matin
Que faut-il faire avec les vidéos de Florence
Aubenas enregistrées sous la contrainte par ses ravisseurs
?
Les chaînes de télé ont fait preuve de rigueur
professionnelle et de pudeur aussi, en ne diffusant pas la vidéo
de Florence Aubenas. Juste une photo, c'était bien suffisant
pour comprendre. Pas la peine de montrer plus longuement quelqu'un
qui souffre, à ce point. Puis aussi, c'est un principe.
On évite, dans la mesure du possible, de donner de l'écho
aux propos enregistrés sous contrainte. On sait bien que
cette cassette, ce sont des terroristes qui l'ont donné
aux médias, pour en faire un instrument de pression. Pour
nous terroriser. C'est exactement ce qu'ils cherchent. Donc diffuser
des vidéos de ce genre revient un peu à faire leur
jeu. Cela dit, des journaux, très respectables, ont mis
cette cassette en ligne, sur leur site Internet. Et, surprise,
les proches de Florence Aubenas, son comité de soutien
aussi, n'y voient pas d'inconvénient. Même la plupart
d'entre eux approuvent. "Il faut montrer la vérité,
ce que vit Florence", disent-ils. "Si ça bouleverse
l'opinion publique, tant mieux .Il est nécessaire que tout
le monde soit mobilisé. Ca ne pourra qu'aider les négociateurs".
Or, on en est à la deuxième affaire de journalistes-otages.
Les gens savent ce qui se passe. Mais savoir et voir n'est pas
la même chose, comme a dit une auditrice. C'est vrai qu'avec
cette vidéo, on réalise ce que veulent dire ces
mots un peu abstraits, Florence et Hussein, 57ème jour
de captivité. Que fait-on subir à Florence Aubenas,
connue pour son courage, pour qu'elle soit dans cet état
? Alors diffuser ou pas diffuser... De toutes façons, l'heure
n'est pas aux débats. C'est de solidarité dont ont
besoin les otages. Enfin, c'est juste mon avis.
2
mars, 21h20 - AFP
S. July (Libération): la cassette
est un soulagement et un espoir
La cassette vidéo diffusée mardi concernant Florence
Aubenas expose la souffrance de la journaliste de Libération
enlevée en Irak mais elle apporte le soulagement de la
savoir vivante et l'espoir qu'une solution positive puisse être
trouvée, a affirmé mercredi soir à Bruxelles
Serge July, le directeur du quotidien français.
Si Florence Aubenas, comme la journaliste otage italienne Giuliana
Sgrena "sont vivantes, on peut penser qu'une issue positive
peut être trouvée", a expliqué M. July
après une rencontre avec le président du Parlement
européen Josep Borrell. Il était accompagné
notamment par Carla Casalini, chef du service européen
du quotidien Il Manifesto, journal de Mme Sgrena, apparue elle-même
sur une cassette vidéo diffusée le 16 février
dernier.
"En tout cas, il n'y a pas de menace dans la cassette concernant
Florence. J'y vois plutôt la forme d'un espoir", a-t-il
expliqué. Mais si ce document répond à une
question, en indiquant que Florence Aubenas était en vie
"à une date déterminée", "on
peut penser que cela pose énormément de questions
auxquelles nous n'avons pas de réponse", a ajouté
le directeur de Libération.
"Nous sommes tous touchés par la cassette que nous
venons de voir", a indiqué Josep Borrell. "L'Europe
doit se mobiliser", a-t-il poursuivi, en promettant l'appui
du Parlement européen à toutes les initiatives prises
pour obtenir la libération des otages. Il annoncé
une déclaration solennelle de la présidence à
l'ouverture de la prochaine session du PE. François d'Orcival,
directeur de la publication de Valeurs Actuelles et président
de la Fédération de la presse française,
ainsi que des membres de l'association Reporters sans Frontières,
accompagnaient Serge July et Carla Casalini. "L'information
est une matière précieuse et rare. Il faut la sauvegarder",
a affirmé Mme Casalini.
Evoquant "les 29 confrères irakiens" tués
en Irak l'an dernier, Serge July a affirmé qu'il ne s'agissait
pas d'une affaire française ou italienne. "La liberté
de circuler, d'informer, partout, en tous lieux, à tout
moment, sont au coeur du projet européen, de notre civilisation,
de notre conception générale de la démocratie",
a-t-il expliqué.
Disparue depuis le 5 janvier en compagnie de son guide irakien
Hussein Hanoun Al-Saadi, Florence Aubenas lancé, dans la
cassette non datée diffusée mardi, un appel au secours
adressé en particulier au député français
Didier Julia. Pour un membre de la délégation reçue
à Bruxelles par le président du Parlement européen,
cette cassette est une indication que les ravisseurs cherchent
un contact avec les autorités françaises. "Les
liens de Didier Julia sont en Syrie", ajoute-t-il, en estimant
que cet appel, à l'évidence dicté, au parlementaire
UMP (droite) peut être perçu aussi bien comme une
ouverture que comme une menace de la part de ceux qui détiennent
Florance Aubenas.
2 mars
2005 - Journal de 19h00 – France-Inter
Jean-Pierre Raffarin demande à
Didier Julia de coopérer avec les services secrets français,
c’est le revirement surprenant de cette affaire d’enlèvement
en Irak.
(…)
Elle (Florence Aubenas, ndt) appelle
à l’aide le député français
UMP Didier Julia dont la tentative en solo de libérer deux
autres otages Chesnot et Malbrunot avait été qualifiée
«d’équipée rocambolesque». Le
député UMP dont l’action avait probablement
gêné le gouvernement français fait l’objet
d’une information judiciaire. Pourtant, aujourd’hui,
à l’Assemblée, c’est vers lui que le
Premier ministre s’est tourné:
"Florence Aubenas a lancé un appel à un
parlementaire français qui a déclaré connaître
probablement les ravisseurs. J’ai demandé au Directeur
général de la Sécurité extérieure
de prendre contact avec lui, de prendre contact avec vous, Mr
le Député, pour recueillir toutes les informations
qui pourraient être nécessaires pour que les services
de notre république puissent agir, pour que nous puissions
faire en sorte que la République agisse dans une seule
direction, sous une seule autorité, sans accepter aucune
diplomatie parallèle."
A l’Assemblée, Jean Pierre Raffarin a également
annoncé qu’il reprendrait demain à Matignon
ses réunions d’information avec les partis politiques
pour faire le point sur la situation de Florence Aubenas et de
son guide Hussein Hannoun Al Saadi.
Et hier, Didier Julia demandait à la justice de lui rendre
sa liberté d’action. Il se disait prêt à
collaborer avec le gouvernement. Il déclarait également
qu’il connaissait depuis un mois le lieu de détention
de Florence Aubenas ainsi que l’identité de ses ravisseurs.
Hier qualifié de «Pied Nickelé», il
revient donc aujourd’hui sur le devant de la scène,
au moins comme un intermédiaire possible. Le député
UMP Lionel Lucas ne comprend pas l’attitude du Premier ministre
cet après-midi. Il le dit à Frédéric
Pommier :
"On peut quand même regretter que l’on donne
des signes publics vis-à-vis de tel ou tel que tout le
monde connaît. Je pense que l’on serait peut-être
mieux inspiré de continuer la discrétion ; que de
tous les cotés on évite ce qui peut, pour le public,
être un spectacle. Peut-être dans un bureau, c’était
mieux que de le faire publiquement. Moi, en tant que parlementaire,
j’ai mal vécu cette façon de faire. Le Premier
ministre, c’est le Premier ministre de la France et il s’adresse
à tous. Et pas spécialement à des noms jetés
en pâture par des gens pas fréquentables. Et puis
si on a des choses à dire à des parlementaires ou
à des gens qui sont en prise peut-être… là,
ça se fait dans un bureau et pas en séance. Et je
ne vois vraiment pas en quoi ça peut amener quelque chose
de positif ; ça ne peut qu’empirer une situation
qui a l’air déjà bien compliquée. Je
me demande ce que nos concitoyens ont pu penser de cette scène."
Cette vidéo de Florence Aubenas, seule
sans son guide, nous donne effectivement les premières
nouvelles de la journaliste depuis son enlèvement il y
a 56 jours maintenant. La vidéo jette également
le trouble car elle pose plus de questions qu’elle n’apporte
de réponses, d’abord sur la santé de la journaliste
de Libération, mais aussi sur l’action du gouvernement
français pour la libérer et sur le rôle que
pourrait jouer Didier Julia. Et il faut bien le dire, ce soir,
Françoise Degoix, on a du mal à y voir clair.
«Oui, c’est un euphémisme. D’un côté,
Jean-Pierre Raffarin, vous venez de l’entendre, théâtralise
son appel à Didier Julia, lequel d’ailleurs est assis
en face de lui sur les bancs de l’Assemblée et reste
de marbre. Julia voué aux gémonies à l’automne,
critiqué par la quasi-totalité des parlementaires
et par le ministre des affaires étrangères Michel
Barnier, voilà donc ce député pestiféré
réhabilité en quelque sorte par le Premier ministre
cet après-midi. Pourquoi ? D’abord il est évident
que Jean-Pierre Raffarin ne veut pas insulter l’avenir et
ne ferme aucune porte, pas même celle de Julia, au risque,
vous l’avez entendu, de se faire critiquer par sa majorité.
Critiqué aussi, Jean-Pierre Raffarin, par Didier Julia
lui-même.
Nous l’avons joint il y a quelques minutes au téléphone,
et il est très en colère. "J’aurais
préféré que Monsieur Raffarin me téléphone
pour me prévenir au lieu de faire ce cinéma ridicule"
dit-il. Il affirme n’avoir aucun contact téléphonique
avec personne sauf Edouard Balladur, une seule fois, et attend
que le patron de la DGSE l’appelle pour lui donner ses informations.
Par ailleurs, il a nié avoir rallumé ses contacts
sur l’affaire Aubenas en février, mais confie en
revanche qu’il a réactivé ses réseaux
en Irak depuis hier. Alors entre la peur de mettre en danger la
vie de Florence Aubenas, les coups de billards à 18 bandes
et les mensonges patentés, la séquence aujourd’hui
est impossible à décrypter dans sa totalité.
2 mars,
19h02 - AFP
Aubenas: Raffarin somme Julia de livrer
les informations dont il disposerait, par Valérie
Leroux et Frédéric Dumoulin
Au lendemain de la diffusion d'une vidéo de Florence Aubenas
en appelant à Didier Julia, Jean-Pierre Raffarin a mis
en demeure mercredi le député UMP de livrer les
informations dont il affirme disposer au risque, en sollicitant
sa coopération, de le remettre en selle. La journaliste
de Libération, disparue le 5 janvier en Irak avec son guide
irakien, "a lancé un appel à un parlementaire
français qui a déclaré connaître probablement
les ravisseurs", a déclaré le Premier ministre
à l'Assemblée.
"J'ai demandé au directeur général de
la sécurité extérieure (Pierre Brochand)
de prendre contact avec lui, de prendre contact avec vous, M.
le député", a-t-il insisté en s'adressant
à M. Julia, présent dans l'hémicycle, sans
jamais le citer nommément. Une façon de mettre devant
ses responsabilités ce parlementaire, voué aux gémonies
par les milieux politico-médiatiques depuis son équipée
malheureuse en Syrie, fin septembre, visant à libérer
deux autres journalistes otages en Irak, Christian Chesnot et
Georges Malbrunot.
Il ne s'agit pas d'un appel à collaboration, mais plutôt
de s'assurer avec les services de renseignements si M. Julia dispose
ou non d'informations, a fait valoir l'entourage de M. Raffarin.
M. Julia s'est dit mardi prêt à se mettre "à
la disposition" du gouvernement car il "connaît
probablement les ravisseurs" et "peut rallumer les contacts"
qu'il dit avoir dans la région. "Toute personne qui
croirait détenir des informations sérieuses a le
devoir de les porter immédiatement et sans condition à
la connaissance des autorités", a averti M. Raffarin.
Le Premier ministre a surtout mis l'accent sur la nécessité
"d'agir sous une seule autorité", celle de son
gouvernement, en excluant "toute diplomatie parallèle"
qui avait été reprochée à M. Julia
à l'automne dernier.
"Nous souhaitons obtenir cette libération par l'action
de la France, par l'action de ses services", a-t-il martelé
dans un discours que le député de Seine-et-Marne
n'a pas applaudi.
Signe que le ton a changé à l'égard de M.
Julia, le ministre des Affaires étrangères Michel
Barnier, qui avait reproché à Didier Julia d'avoir
"manqué d'esprit civique" au moment de l'échec
de son opération pour Chesnot et Malbrunot, a déclaré
au Monde qu'il "faut tirer tous les fils possibles et explorer
toutes les pistes".
"Aucune porte ne doit être fermée", a renchéri
le député UMP Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste,
en soulignant que M. Julia avait "prouvé qu'il avait
de l'entregent sur place".
La gauche, qui avait l'an dernier dénoncé "l'opération
pieds nickelés" de M. Julia, s'est elle aussi refusé,
par la voix de Jean-Marc Ayrault (PS), à toute "polémique".
Mercredi, le gouvernement semblait n'avoir pas d'explication sur
le sens à donner à l'appel à l'aide de Florence
Aubenas à Didier Julia. Soulignant qu'il ne pouvait "pas
encore déterminer les dates exactes des cassettes"
montrant la journaliste -une autre ayant été montrée
à la famille Aubenas le 24 février- M. Raffarin
a même lancé: "ou les images sont vraies et
elles sont insupportables ou ces images sont fabriquées
et elles sont inacceptables". Il a par ailleurs confirmé
qu'"aucune revendication" n'avait été
formulée ni "aucun dialogue" établi "avec
des ravisseurs authentifiés".
Mercredi, la presse française évoquait un éventuel
rôle de la Syrie -de plus en plus sous pression depuis l'assassinat
récent de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri-
après l'appel à l'aide adressé à M.
Julia.
Une hypothèse reprise par le député Marsaud
qui parle "d'une énorme manipulation de la Syrie".
De son côté, le directeur de Libération, Serge
July, voit dans le "retour" de M. Julia, que la journaliste
ne connaissait pas, un message à la France pour montrer
qu'il y a "un lien avec l'affaire précédente"
Chesnot-Malbrunot.
Enfin, répondant à la demande, notamment, du président
de l'UDF François Bayrou et du numéro un socialiste
François Hollande, M. Raffarin recevra jeudi à Matignon
l'ensemble des responsables politiques représentés
au Parlement pour les informer des développements de l'affaire
Aubenas.
2
mars, 18h36 - AFP
Le président italien appelle
à la libération de Florence et Giuliana
Le président de la République italienne, Carlo Azeglio
Ciampi, a appelé mercredi à la libération
de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et de sa consoeur
française Florence Aubenas enlevées en Irak.
"Nous demandons avec force que Giuliana Sgrena et Florence
Aubenas soient libérées. Leur libération
serait une bonne chose pour tous et plus particulièrement
pour l'avenir de l'Irak", a-t-il dit au cours d'une cérémonie
à Rome en présence de nombreux journalistes. "Quand
des journalistes perdent la vie pour avoir voulu faire leur travail
ou qu'ils sont l'objet de violence, je pense naturellement à
Giuliana Sgrena et Florence Aubenas, choisies par leurs ravisseurs
pour avoir exercé avec passion leur métier de chroniqueur,
alors nous nous sentons tous blessés", a poursuivi
le chef de l'Etat.
M. Ciampi s'exprimait en présence des organisateurs et
des participants à un concours italien de journalisme,
le "Prix du chroniqueur - Piero Passetti
La journaliste française Florence Aubenas, disparue à
Bagdad le 5 janvier, a lancé un appel à l'aide urgent
dans une cassette-vidéo diffusée mardi. Son homologue
Giuliana Sgrena a été enlevée le 4 février
et une cassette vidéo de la journaliste italienne a été
diffusée le 16 février.
Mme Sgrena demande elle aussi de l'aide et réclame le retrait
des troupes italiennes d'Irak.
En Italie, des responsables religieux, politiques et associatifs
observent à tour de rôle une grève de la faim
pour demander la libération des journalistes pris en otage
en Irak et s'opposer à la guerre dans ce pays. L'initiative,
baptisée "Combien de jours avant l'aube?", est
destinée à obtenir la "libération de
Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi (le
guide de Mme Aubenas) ainsi que des autres personnes enlevées
et de tout le peuple irakien", a indiqué l'un des
participants.
2 mars
– 13h00 France Inter – Interview de François
Loncle, député socialiste, membre de la Commission
des Affaires étrangères à l’Assemblée.
France-Inter : "Etes-vous de ceux qui pensent
que la Syrie peut être impliquée ?
F.Loncle.: "C’est la mode, si j’ose dire…
C’est que maintenant la Syrie est responsable de tout, de
tous les attentas, de toutes les prises d’otages…
Je crois qu’il faut être très prudent, là-dessus.
Il est possible que… il y ait quelques fils, quelques liens
mais de là à mettre ça sur le dos de la Syrie,
je crois que c’est un peu facile. Et moi, je fais confiance
au Ministère des Affaires étrangères, à
l’ambassadeur Bagelet à Baghdad, à la DGSE
pour… exploiter les informations que nous… nous avons
reçu avec ces cassettes en particulier."
France-Inter : "Je sais qu’il est
difficile de parler de ce genre de choses parce que la sécurité
de notre consoeur est en jeu, mais quelle vous paraît être
l’hypothèse la plus crédible et quelle est
l’hypothèse privilégiée comme piste
de travail pour le gouvernement notamment?"
F.L.: "Eh bien, je crois qu’il faut faire exactement
ce qui avait été tenté dans une deuxième
phase, lors de la prise d’otages de Chesnot et Malbrunot,
et c’est le Ministère des Affaires étrangères
et la DGSE qui s’en étaient occupés. Il faut
évidemment localiser et identifier les preneurs d’otages.
Je ne sais pas si la première ou la deuxième cassette
vont être suffisantes pour cette identification qui est
indispensable. Il y a eu des intermédiaires. Serge July
l’a dit dans l’interview qu’il vous accordé
et donc c’est avec ces intermédiaires qu’il
faut traiter. Je crois qu’il faut être à la
fois minutieux, prudent et très actif, y compris d’ailleurs
dans la reprise d’un dialogue avec la Syrie parce que les
relations avec la Syrie sont très mauvaises, extrêmement
mauvaises depuis quelques semaines et je crois qu’il faut
avoir le courage de dialoguer dans ces cas-là."
France-Inter: "Alors, il n’y a pas de revendication,
ce n’est pas un hasard, c’est une stratégie.
Comment l’expliquez-vous ? Est-ce qu’il s’agit
de débuter une sorte…"
F.Loncle.: "Eh bien, écoutez… Au départ,
on a déclaré qu’il s’agissait d’un
enlèvement crapuleux,… Maintenant, si on arrive à
localiser, à identifier un tant soit peu avec les cassettes
qui sont parvenues,… eh bien peut-être que cela va
se transformer dans une prise d’otages avec des considérations
politiques. Mais vous savez, c’est un tel désordre
là-bas qu’on ne peut pas certainement… …
arriver rapidement à une conclusion certaine. En tout cas,…
en tout cas, c’est vrai que Florence Aubenas a, comme tous
les otages, a été manipulée par ses preneurs,
par ses ravisseurs et… et son deuxième témoignage
en fait foi. Visiblement, c’est… c’est triste,
c’est pénible, mais cet appel à Didier Julia
montre bien qu’il y a derrière cela une manipulation
des ravisseurs."
France-Inter: "Une bonne connaissance également
de la politique française?"
F. Loncle: "Oui, enfin, vous savez… il suffisait de
lire les titres des journaux, il y a quelques semaines, mais évidemment
il faut se garder de… de… de laisser, comme la dernière
fois… mon collègue Julia libre de ses mouvements.
Il faut que le gouvernement une fois pour toutes le contrôle
et évite de l’utiliser."
France-Inter: "Alors le fait qu’on
n’ait pas de nouvelles du guide et interprète de
Florence, est-ce quelque chose pour vous qui est porteur d’inquiétudes,
pour lui d’abord, pour Florence Aubenas également
??"
F. Loncle : "Très certainement pour lui. Très
certainement pour lui, mais… cela n’a pas de conséquence
directe sur les espoirs que l’on peut formuler à
juste titre sur Florence Aubenas. Quelle…"
France-Inter: "Mais…
F. Loncle: "Quelle que soit évidemment la… la
difficulté qu’elle ressent et ça s’est
bien vu dans la deuxième cassette."
France-Inter: "François Loncle, un
mot sur ces deux vidéos car il y en a 2, hein ? Celle que
nous avons découverte hier. Il y a celle qui a été
envoyée à la famille de Florence, le 24. Elle a
été enregistrée le 23. On n’en a jamais
entendu parler jusqu’à hier. Pourquoi ce silence?"
F. Loncle: "Je pense que le gouvernement, Monsieur Barnier
a raison de privilégier la famille, privilégier
aussi Libération et Serge July en particulier et que l’information
rendue publique… ça n’est pas ce qu’il
y a de plus important. Je… Je crois que c’est la famille
qui doit recevoir les premières informations. Notamment,
c’est la première fois que l’on voyait Florence
Aubenas. C’est la première fois qu’on avait
des nouvelles car cet enlèvement est d’autant plus
tragique que voilà des semaines que nous n’avions
strictement aucune nouvelle."
2 mars
– 13 h00 France Inter
Interview de Bernard Acoyer, président du groupe UMP à
l’Assemblée nationale.
"C’est au gouvernement de travailler
s’il le faut avec Didier Julia. C’est cela l’essentiel
et je ne vais pas encore une fois faire des suppositions. La situation
est trop grave.
Les pouvoirs publics, le gouvernement, les services exploreront
certainement toutes les voies et pourquoi pas celle-ci bien entendu.
Dans une situation comme celle-ci, ce qui prévaut encore
une fois, c’est l’essentiel. Et l’essentiel,
c’est la prudence, c’est la cohésion. N’allons
pas chercher des polémiques, des interprétations.
Je me suis entretenu hier avec Edouard Balladur, Président
de la commission des Affaires étrangères, qui a
lui, eu lui-même un contact avec Didier Julia et dans ce
contact, il a été précisé par Edouard
Balladur, il a été précisé à
Didier Julia qu’il devait se tenir à la disposition
du gouvernement et que les initiatives personnelles n’étaient
pas souhaitables."
2 mars
– 13 h00 France Inter – Interview de Serge July
"Il y a deux cassettes. Il y a une cassette
qui a été montrée à la famille, le
jeudi dernier, qui est datée du 23. C’est-à-dire
que les ravisseurs ont fait en sorte… qu’ils ont fait
une mise en scène, il y a la date du 23 en anglais. Cette
cassette est intéressante comparée à celle
dont nous avons pris connaissance hier. D’abord celle-là
est passée par les services de l’Ambassade à
Baghdad. Elle a été remise par un intermédiaire
qui cherchait à crédibiliser son statut d’intermédiaire
dans une éventuelles négociation en remettant cette
preuve de vie. Dans cette cassette, Florence apparaît…
fatiguée, mais… ce n’est pas le visage de la
femme qu’on voit dans la deuxième cassette. Le texte
lui-même est au début un peu différent puisqu’elle
parle de son état psychologique mais elle ne le décrit
pas comme aussi mauvais qu’ elle le décrit dans la
deuxième. Et puis surtout, il y a une différence
fondamentale: elle ne parle pas du tout de Julia. Or ça
a été filmé sans doute dans le même
lieu, dans les mêmes conditions, pas le même jour
puisque les vêtements ne sont pas exactement les mêmes
et surtout l’état physique de Florence Aubenas n’est
pas le même."
2 mars
08h32 - AFP
Disparue le 5 janvier à Bagdad où
elle était partie en reportage, la journaliste de Libération
a appelé au secours dans une cassette vidéo diffusée
mardi, où elle apparaît très éprouvée
physiquement et moralement.
"Je lance un appel au député français
Didier Julia. S'il vous plaît, M. Julia, aidez-moi. C'est
urgent, aidez-moi", a-t-elle ajouté. Aucune revendication
n'accompagnait cette cassette, ni le nom du groupe qui la détient,
ni non plus d'indice permettant de dater l'enregistrement. Aucune
mention n'a été faite de son guide irakien, Hussein
Hanoun Al-Saadi.
Cet appel au député Julia (UMP, droite) a beaucoup
surpris dans la mesure où ce dernier semblait largement
discrédité à la suite du fiasco qui a entouré
son initiative visant à la libération des journalistes
français Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Ils ont
été finalement libérés le 21 décembre,
après quatre mois de captivité en Irak. Deux collaborateurs
de M. Julia ont été mis en examen pour "intelligence
avec une puissance étrangère" et une information
judiciaire a été ouverte à son encontre.
Le directeur de Libération, Serge July, tout comme le secrétaire
général de Reporters sans frontières, Robert
Ménard, ont estimé qu'"on" avait demandé
à Florence Aubenas de lancer cet appel à M. Julia.
"On ne peut pas imaginer que le nom de (Didier) Julia ne
lui a pas été dicté par les ravisseurs",
a estimé M. Ménard.
Les services de renseignement français analysent l'enregistrement
vidéo, selon une source proche de la DGSE (renseignements
français), sans pour autant avancer encore de réponse
sur la raison de cet appel à M. Julia.
"C'est beaucoup de questions, beaucoup d'hypothèses",
a-t-on précisé, ajoutant que cette cassette "est
étudiée sous tous ses aspects, technique, linguistique".
Parmi les hypothèses retenues, certains avancent une action
syrienne pour mettre à mal la diplomatie française,
qui s'oppose de plus en plus fermement à la présence
de Damas au Liban.
Le ministre des Affaires étrangères français
Michel Barnier n'a pas écarté de recourir à
Didier Julia, en déclarant: "S'agissant d'un parlementaire
qui a été cité, je crois qu'il a lui-même
dit qu'il était à la disposition des autorités
françaises. Nous allons, après avoir analysé
cette vidéo, prendre les décisions les plus utiles".
Sur TF1, le député français a estimé
mardi soir que les ravisseurs étaient probablement des
gens qui le connaissent et qu'il connaît.
"Ce sont les ravisseurs qui la détiennent, qui lui
ont demandé de citer mon nom", a déclaré
M. Julia.
"J'ai la certitude qu'il faut aller vite, que Florence est
fatiguée, physiquement et peut-être psychologiquement",
a déclaré pour sa part à Toulouse (sud-ouest
de la France), Jacqueline Aubenas, la mère de la journaliste
de Libération.
Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées mardi
soir dans une salle de concert de Toulouse en soutien à
la journaliste française et à son guide irakien.
2 mars
– C’est dans le journal - Jean-Yves Chaperon - RTL
Matin
Cette photo, d'abord, presque partout à
la Une, du Parisien au Berry républicain, de la Dépêche
du Midi à l'Humanité, la photo de ce visage de Florence
Aubenas marqué par la fatigue et le découragement.
Dans son éditorial de La Croix, Bruno Frappat explique
pourquoi son journal s'est même refusé quant à
lui a publier cette photo. Ce serait, pour reprendre son expression,
"faire la courte échelle aux ravisseurs".
Il a suffi déjà, du point de vue des maîtres
chanteurs qu'ils aient pu faire savoir à la France entière
que cette jeune femme appelait au secours, qu'elle souffrait,
qu'elle était mal en point. Un extrait de l'éditorial
d'Antoine de Gaudemar de Libération, "pourtant,
il faut voir dans ces images bouleversantes un réconfort,
un encouragement. D'abord parce que c'est le signe de vie tant
attendu : Florence est vivante, Florence parle. Ensuite parce
que cette vidéo signifie peut-être l'amorce d'une
négociation entre ravisseurs et autorités françaises.
Enfin, parce que plus que jamais, il faut maintenir la mobilisation."
Beaucoup de mystères aussi, relevés dans le journal,
autour de l'appel formulé par Florence Aubenas au député
Didier Julia.
"Les questions se bousculent. Pourquoi un message aussi
bref? Pourquoi aujourd'hui seulement ? Que signifie l'appel appuyé
à Didier Julia, à coup sûr dicté par
les ravisseurs?" C'est Patrick Apel-Muller qui se le
demande dans l'Humanité. Et quelle considération
faut-il porter dès lors au personnage Julia ? Le gouvernement
doit-il le laisser tenter quelque chose ? "Qui mettrait ses
espoirs dans un tel homme ?", demande Bernard Revel dans
l'Indépendant du Midi, "Didier Julia, ce turlupin,
mâtiné barbouze", pour reprendre les épithètes
choisis par Jean-François Montémont dans le Courrier
Picard mais voilà cette autre question posée par
Patrick Berthomeau dans Sud-Ouest : "Si vraiment cet
homme, à travers des réseaux d'officines aux intérêts
plus ou moins recommandables, détient les clefs de la situation,
faut-il se priver de son secours?" Même réflexion
dans Le Progrès, dont Jean-Philippe Mestre écrit
que "la nécessité urgente est de sauver
la journaliste de Libération, au besoin en laissant de
côté toute question d'amour propre".
2 mars
– Interview de Didier Julia – France Inter / Journal
de 08h00
"Ce sont les ravisseurs qui la détiennent
qui lui ont demandé de citer mon nom. Ce sont des gens
qui me connaissent et probablement que je connais. Il faut vous
dire que depuis 40 ans que je fréquente l’Irak, je
connais beaucoup de monde mais depuis le 23 décembre, c’est-à-dire
depuis la sortie de Chesnot et Malbrunot, j’ai interrompu
tout contact avec eux et par conséquent les circuits sont
éteints. J’ai éteint les circuits du fait
qu’il y avait une instruction judiciaire, qu’on était
considérés comme des traîtres à la
patrie parce qu’on était venu au secours de Français
en danger à l’étranger, par conséquents
les circuits sont éteints. Mais… si le gouvernement,
qui en ce moment expertise la cassette, si le gouvernement me
demande de participer à la recherche et de renouer des
contacts, je peux rallumer ces contacts et remettre les circuits
en fonction. Ceci dit, j’attends que le gouvernement me
le demande. J’ai donc dit que j’étais à
la disposition du gouvernement pour toute action, toute initiative
qui serait susceptible de sortir Florence Aubenas de sa situation."
2 mars
- 08h20 - Géopolitique avec Bernard Guetta sur France Inter
Pourquoi cette insistance ? Pourquoi Florence
Aubenas, à la fin de cette courte et terrible vidéo
par laquelle elle vient d’appeler à l’aide
prononce-t-elle trois fois de suite le nom de Didier Julia ?
Ecoutons-la : "J’en appelle particulièrement
à Monsieur Didier Julia, le député français".
"S’il vous plait, Monsieur Julia, aidez-moi".
"C’est urgent. Monsieur Julia, aidez-moi".
Florence Aubenas a beaucoup couvert l’Irak. Elle a naturellement
en tête l’affaire de Christian Chesnot et Georges
Malbrunot, l’intervention du député, son voyage
à Damas et sa certitude, malheureusement démentie,
d’être sur le point d’obtenir leur libération
grâce à ses contacts en Syrie et dans les milieux
du Baath, le parti sur lequel s’appuyait le régime
de Saddam Hussein.
Elle sait ainsi que Didier Julia n’est pas tout puissant,
que son initiative avait été dénoncée
par les autorités françaises même si elles
n’avaient pas voulu l’empêcher de la prendre,
bref que cet appel direct et pressant à cet homme ne peut
que créer une affaire dans son affaire. Plus frappant encore,
elle ne dit rien ni de son journal, Libération, ni du gouvernement,
ni du Président de la République, de personne sauf
Didier Julia qui seul semble compter à ses yeux. La conclusion
s’impose. En martelant ce nom, Florence Aubenas fait évidemment
passer un message. Elle dit en langage codée une chose
que ses ravisseurs soit ne l’auraient pas laissé
dire soit ne voulaient pas la laisser directement dire mais laquelle
?
Il n’y a plus, là, de certitude mais, en revanche,
une hypothèse que l’on ne saurait écarter.
Julia cela ne peut vouloir dire, en l’occurrence, ni vieux
gaulliste ni figure solitaire et plutôt excentrique mais
cela peut parfaitement signifier deux choses, Syrie et Baas, car
Didier Julia appartient à cette frange du gaullisme qui
fut très liée au monde arabe et tout particulièrement
à la Syrie et à l’ancien appareil de Saddam.
Dans ces milieux, Didier Julia a des liens anciens, étroits,
des relations de confiance et, s’il y a une connotation
attachée à son nom, c’est bien celle-là.
Florence Aubenas le sait et il est très possible, pour
ne pas dire probable, qu’elle ait voulu faire savoir, en
martelant ainsi ce nom, que ni les services syriens, ou partie
d’entre eux, ni ces pans de l’appareil baassiste qui
ont basculé dans l’action armée contre la
présence américaine en Irak n’étaient
étrangers à son enlèvement.
C’est une lecture, c’est une hypothèse, ce
n’est pas une information ni même une certitude, mais
le fait est que le régime syrien joue la carte d’un
soutien aux mouvements clandestins irakiens dans l’espoir
d’avoir quelque chose à monnayer avec les Américains,
qu’il y a des liens entre les deux et que la Syrie a toutes
les raisons d’en vouloir à la France à cause
de son soutien à l’indépendance libanaise.
Il est surtout frappant que ce soit au moment même où
les choses se précipitent au Liban, où le régime
syrien est dos au mur, où il a besoin de pouvoir utiliser
toutes ses armes vis-à-vis de la France, qu’on entende,
pour la première fois depuis son enlèvement, parler
de Florence Aubenas.
1 mars
2005 - France Inter
Interview de Serge July, le directeur de Libération,
joint par Grégory Philipps pour France Inter.
"C’est une preuve de vie, donc…
Si elle souffre, c’est qu’elle est vivante. Tous les
messages de… mettant en scène des gens privés
de liberté sont toujours douloureux à voir, donc
il y a à la fois une source d’espoir : elle est vivante,
très vraisemblablement vivante même parce qu’on
ne sait pas quand ça a été tourné,
et en même temps, c’est douloureux à voir,
quelqu’un qui souffre, c’est toujours douloureux quand
il est privé de liberté. Et puis ça pose
énormément de questions auxquelles nous n’avons
pas de réponse. Pourquoi Hussein n’est-il pas là
? On est évidemment très inquiet de ne pas le voir.
Y’a pas de revendications. Pas de demande de rançon.
Vous savez que ce document a été remis à
Reuters à Baghdad et en l’occurrence, c’est
une cassette vidéo et il n’y avait rien d’autre
dans le paquet qui a été remis à Reuters
que cette intervention. Voilà… Donc je… La
mention de Julia, évidemment personne ne peut imaginer
que Florence Aubenas ait pu parler librement de Didier Julia,
à qui Chesnot et Malbrunot doivent d’avoir été
en captivité trois mois de plus, donc le fait qu’il
soit mentionné, est-ce une provocation ? une manipulation
ou une… Je ne sais pas. Ce sont des questions sans réponse
en tout cas, et… On est évidemment à un tournant.
Comme vous le savez les preuves de vie, ça sert à
authentifier ou en tout cas à construire un canal de négociation
qui prouve que l’interlocuteur qui l’amène…
est bon, ou en tout cas est fiable puisqu’ils sont vivants.
Quelle est l’intention maligne derrière le fait d’évoquer
Julia dans cette affaire ? Ce n’est pas pour autant la preuve
que c’est politique mais en tout cas, on ne peut pas ne
pas se poser la question."
Question de Grégory Philipps : "Pour vous Libération,
c’est le premier signe de vie que vous recevez?"
Serge July: "Oui, c’est le premier. On sait qu’il
y a eu une cassette que la famille a vu la semaine dernière
mais qui était de nature différente."
1 mars
2005 - Communiqué de presse de RSF, suite à la diffusion
de la vidéo de Florence.
La vidéo diffusée ce mardi et montrant Florence
Aubenas, enlevée le 5 janvier dernier à Bagdad en
compagnie de son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, est déterminante
: malgré la brutalité du document, Florence est
vivante.
Ce premier signe de vie est essentiel car il succède à
55 jours de silence. Cependant, il reste beaucoup de questions
en suspens : la vidéo n'est Pas datée, Florence
y apparaît digne mais épuisée moralement et
physiquement. Aucune mention n'est faite d'Hussein Hanoun. Il
n'y a aucune revendication ni indication sur l'identité
des ravisseurs.
Nous, Comité de soutien, exigeons plus que jamais du gouvernement
et des pouvoirs publics qu'ils mettent tout oeuvre pour les faire
libérer au plus tôt. Il est nécessaire d'identifier
les ravisseurs à partir de la vidéo, de localiser
Florence et Hussein, et de les rendre à leurs proches.
Chaque heure, chaque jour compte.
Il y a urgence. Leur liberté, c'est la nôtre.
1 mars
- Michel Barnier, de Londres, sur France Inter
"Nous allons étudier cette vidéo
avec beaucoup de précision, notamment vérifier sa
chronologie. Il y a dans cet appel un élément important,
c’est qu’elle est en vie. Nous avions reçu
nous-mêmes, il y a plusieurs jours… une autre preuve
de vie de Florence Aubenas, que j’avais communiqué
et fait voir à sa famille. Nous avons besoin maintenant
de vérifier la chronologie, le contenu de cet appel pour
bien l’utiliser. Et s’agissant d’un parlementaire
qui a été cité, je crois même qu’il
a dit qu’il était à la disposition des autorités
françaises et nous allons, après avoir analysé
cette vidéo, prendre les décisions les plus utiles.
Je veux vous dire que la seule priorité pour moi, comme
dans d’autres cas, pour les autorités françaises,
pour le Président, pour le ministre français, c’est
la sécurité de Florence Aubenas et de Hussein Hannoun".
1
mars, 11h24 - AFP
La journaliste française appelle
à l'aide dans une cassette-vidéo
La journaliste française Florence Aubenas, disparue à
Bagdad le 5 janvier, a lancé un appel à l'aide urgent
dans une cassette-vidéo diffusée mardi par la chaîne
d'information Sky-Italia.
"Mon nom est Florence Aubenas. Je suis journaliste française.
Je suis journaliste de Libération. Je suis en mauvaise
santé et je suis en mauvaise santé psychologique
aussi", a-t-elle dit, en anglais. "Je lance un appel
au député français Didier Julia. S'il vous
plait M. Julia, aidez-moi. C'est urgent, aidez-moi", a-t-elle
ajouté dans cette vidéo très brève.
Florence Aubenas est apparue très éprouvée,
les traits creusés et les cheveux tombant dans les yeux.
Elle portait un T-shirt qui semblait sale et elle avait des traces
grises sur le visage.
1 mars
- les propos de Florence Aubenas sur la vidéo diffusée
par Sky-Italia
"My name is Florence Aubenas. I'm French.
I'm journalist in Liberation. Please help me. My health is very
bad. I'm very bad psychologically also. Please it's urgent now.
Help me. I ask especially Mr Didier Julia, the French deputy.
Please Mr Julia, help me, it's urgent. Mr Julia, help me."
voir la vidéo
(fichier Windows Media Player 9Mo)
1 mars
2005, 06h10 - Reuters à Baghdad
Kidnapped French journalist Florence Aubenas,
seized in the Iraqi capital Baghdad more than seven weeks ago,
made a desperate appeal for help in a video tape released by insurgents
on Tuesday.
It was thought to be the first tape of Aubenas to be released
and would be the first confirmation that the 43-year-old is still
alive since her abduction on Jan. 5.
"My name is Florence Aubenas. I'm French.
I'm a journalist with Liberation" she said in English
on the undated tape, looking distraught and with her hair bedraggled.
She was dressed in a gray sweatshirt and black trousers. "My
health is very bad. I'm very bad psychologically also"
she said, staring intently at the camera as she held her knees
up to her chest in front of a dark red background.
Aubenas is believed to have been snatched from her car as she
was driving near her hotel in central Baghdad. She was taken along
with her Iraqi driver, Hussein Hanun al-Saadi. On the tape, she
made an appeal to a French parliamentarian. "I ask particularly
for the help of the French deputy Didier Julia. Help me Mr Julia,
help me. It's urgent" she says.
Julia, a member of the lower house of parliament from President
Jacques Chirac's conservative UMP party, came to Iraq last September
on a freelance effort to try to secure the release of two other
kidnapped French journalists. The effort failed and the government
denied it had approved his intervention. When the journalists,
Christian Chesnot and Georges Malbrunot, were finally released
in December after four months in captivity, they criticized Julia's
mission.
The French embassy in Baghdad and the Foreign Ministry in Paris
had no immediate comment on the tape of Aubenas. The foreign editor
of Liberation, Francois Sergent, said: "It is both what
we feared and what we hoped for" explaining that he
had not seen the video. "It is a sign that they are alive,
of course, but we also feared this because the hostages are being
held in conditions that make the pictures terrible to see."
The driver is not however shown on the tape.
24 février,
20h54 - AFP
(...) au chapitre otages, au 50ème jour
de l'enlèvement à Bagdad de la journaliste française
Florence Aubenas, envoyée spéciale du quotidien
Libération et de son guide irakien, Hussein Hanoun Al-Saadi,
le secrétaire général de l'organisation Reporters
sans frontières (RSF), Robert Ménard, a laissé
entendre qu'ils étaient "toujours vivants".
Le directeur de Libération, Serge July, a pour sa part
affirmé jeudi que selon les autorités françaises,
"beaucoup de communications indirectes permettent de penser
qu'ils sont effectivement vivants".
24 février,
17h30 - AFP
Florence Aubenas et Hussein Hanoun, disparus
depuis 50 jours, par Christine Pouget
"Disparus depuis cinquante jours". Libération
place jeudi en Une ce décompte laconique, au côté
des photos de sa journaliste Florence Aubenas et de son guide
Hussein Hanoun, disparus à Bagdad le 5 janvier, alors que
RSF évoque des "éléments tangibles"
selon lesquels "ils sont toujours vivants".
Robert Ménard, secrétaire général
de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), interrogé
jeudi par l'AFP au 50ème jour de la disparition, a affirmé:
"Selon les informations qui nous ont été communiquées,
il y a des éléments tangibles qui permettent de
penser qu'ils sont toujours vivants".
Et de préciser qu'ils "seraient retenus en dehors
de Bagdad. A l'heure qu'il est, ils seraient détenus par
un groupe peu structuré et non identifié".
"Aucune revendication n'aurait été communiquée
et il n'y aurait aucun intermédiaire stabilisé",
a encore affirmé M. Ménard. Le matin même,
le patron de Libération, Serge July avait reconnu sur France
Info qu'on était dans un cas de figure assez inédit
pour les journalistes, marqué par une absence de revendication.
M. July, se faisant l'écho de la "communication gouvernementale",
a précisé : "ils ont beaucoup de communications
indirectes qui leur permettent de penser qu'ils sont effectivement
vivants".
Au cinquantième jour, c'est peu. Mais, comme l'avait rappelé
Jean-Paul Kauffmann, ancien otage au Liban, le 31 janvier au Théâtre
du Rond-Point: "la mobilisation doit agir comme un aiguillon
sur le gouvernement. C'est le gouvernement qui négocie.
La négociation réclame le silence, la coulisse,
le secret. Nous c'est le contraire".
La mobilisation n'a pas faibli. Après la soirée
de soutien le 14 février dans un Olympia comble avec une
pléiade de chanteurs français, francophones ou arabes,
les portraits de la journaliste et de son guide ont fleuri au
fronton des mairies ou lieux emblématiques, en France et
à l'étranger. A Rome, ils ont été
accrochés au côté de celui de la journaliste
italienne Giuliana Sgrena, otage en Irak depuis le 4 février,
et associés à la manifestation en sa faveur qui
a rassemblé le 19 février 100.000 personnes.
En France, leurs portraits sont exposés à Bayeux,
Strasbourg, Lyon, Lille, Besançon, Belfort, Nancy, Caen...
Mais aussi au siège de L'Humanité, sur la façade
du Parti radical. Des soirées de soutien ont eu lieu à
Tulle, Lille. Une "chronique de l'attente" est publiée
chaque semaine dans Télérama et une vingtaine de
quotidiens régionaux.
D'autres rendez-vous sont prévus: une délégation
de directeurs de rédaction français rencontrera
le président du Parlement européen, Josep Borrel
le 2 mars à Bruxelles. Ces responsables avaient été
reçus le 16 février par Jean-Pierre Raffarin, Premier
ministre. Parmi les initiatives, on relève une manifestation
de soutien le 2 mars à Bondy, à Nice le 2 février,
une soirée le mardi 1er mars à Toulouse, à
la Halle aux grains...
A destination des jeunes et des sportifs parisiens, la traditionnelle
"rando rollers" du vendredi soir dans la capitale organisée
par Pari Roller, sera dédiée le 4 mars (départ
: 22h00 Montparnasse), avec le soutien de la région Ile-de-France,
à Florence Aubenas, Hussein Hanoun et la journaliste italienne.
Les participants porteront un tee-shirt "Ils sont partis
pour nous. Ils rentreront grâce à nous". Un
écho à la phrase publiée jeudi dans Libération
qui résume le sens de la mobilisation: "L'indifférence
peut causer l'irréparable".
24 février,
12h48 - AFP
F. Aubenas et H. Hanoun seraient "toujours
vivants"
Robert Ménard, secrétaire général
de Reporters sans frontières (RSF), a affirmé jeudi
à l'AFP que, "selon les informations qui (leur) ont
été communiquées", "des éléments
tangibles permettent de penser" que Florence Aubenas et son
guide Hussein Hanoun "sont toujours vivants".
Alors que la journaliste Florence Aubenas et son guide Hussein
Hanoun, ont été enlevés le 5 janvier à
Bagdad, Robert Ménard, interrogé par l'AFP au 50ème
jour de leur disparition, a affirmé: "Selon les informations
qui nous ont été communiquées, il y a des
éléments tangibles qui permettent de penser qu'ils
sont toujours vivants".
"Ils seraient retenus en dehors de Bagdad. A l'heure qu'il
est, ils seraient détenus par un groupe peu structuré
et non identifié", a poursuivi M. Menard. "Aucune
revendication n'aurait été communiquée et
il n'y aurait aucun intermédiaire stabilisé",
a-t-il encore affirmé.
24 février,
13h20 - France-Inter
Cinquante jours qu’on est sans nouvelles
d’eux : Florence Aubenas et son guide interprète
irakien, Hussein Hanoun al Saadi. Eh bien, ils seraient toujours
vivants; c’est du moins ce qu’annonce Reporters-sans-Frontières,
des "éléments tangibles permettent de le penser"
explique le secrétaire général de Reporters-sans-Frontières,
Robert Ménard.
Ecoutez :
"On n’a pas d’informations nouvelles. Toutes
les informations qu’on a vont dans le même sens, c’est-à-dire
que pour l’instant… Florence et Hussein seraient…
entre les mains d’un groupe qui est peu structuré,
qui est… un groupe plus mafieux qu’un groupe politique
et elle serait, et ils seraient en bonne santé, pas en
danger pour l’immédiat. C’est que qu’on
veut retenir de tout… de tout ce qu’on nous dit. Maintenant,
malheureusement, cela ne veut pas dire qu’il y a des négociations.
Pour l’instant, il n’y a pas, il n’y aurait
toujours pas de revendications qui ont été formulées
et pas encore dans ce qu’on appelle un jargon… le
jargon des prises d’otages d’intermédiaires
stabilisé, c’est-à-dire des gens qui vous
amènent des preuves indiscutables de la vie des otages."
23 février
- Journal de bord de Maud Fontenoy
Mes pensées aujourd’hui vont particulièrement
à Ingrid Bétancourt, otage en Colombie depuis trois
ans, ainsi qu’à Florence Aubenas prisonnière
en Irak ; je vous en prie, ne les oublions pas.
19 février,
23h00 - RFI
Interview réalisée par Anne Lenir,
RFI Rome, d'Antoine de Gaudemar, suite à sa présence
à la manifestation organisée à Rome par Il
Manifesto pour Giuliana Sgrena :
"C'est pas la même forme de mobilisation en France.
C'est plus des meetings, des soirées de soutien. C'est
une solidarité beaucoup plus éclatée à
Paris et dans les villes de province. Ce n'est pas comme ici,
mais le fait que l'Italie soit impliquée en Irak rend les
choses différentes de la situation française. Je
découvre et je comprends qu'en Italie les deux choses soient
liées: la demande de la libération de Giuliana Sgrena
et la demande de la paix en Irak et du retrait des troupes."
19 février,
21h18 - Reuters
La veille (le 18 février
NDA), Michel Barnier, chef de la diplomatie française,
avait déclaré que Paris gardait l'espoir quant au
sort de la journaliste de Libération, Florence Aubenas,
et de son guide irakien Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles
depuis le 5 janvier. "Nous avons eu depuis plusieurs
semaines, dès le moment où ils ont disparu, des
indications indirectes qui nous donnent l'espoir qu'ils sont en
vie et que nous pourrons les ramener à la maison",
a déclaré le ministre des Affaires étrangères.
19 février,
15h10 - AFP
Forte participation à la manifestation
pour libérer Giuliana Sgrena
(...) La manifestation est également en faveur
de Florence Aubenas, journaliste du quotidien français
Libération, et de son guide-interprête, Hussein Hanoun,
disparus depuis le 5 janvier. Le journal parisien est représenté
à ce défilé par son chef de rédaction
Antoine de Gaudemar.
18 février, 21h11 - AFP
On est toujours sans nouvelles de la journaliste
française Florence Aubenas disparue en Irak et de sa consoeur
italienne Giuliana Sgrena, pour laquelle le le Vatican a tenté
en vain de trouver un contact avec ses ravisseurs, a-t-il indiqué
vendredi.
18 février - AFP
Les portraits de journalistes disparus en Irak
et en Côte d'Ivoire, Florence Aubenas et son guide, Fred
Nérac et Guy-André Kieffer, sont affichés
depuis vendredi, à l'entrée de la maison des avocats,
à Lyon, a-t-on appris auprès du barreau de Lyon.
"Si le journaliste perd sa liberté, nous sommes tous
condamnés à ne plus pouvoir émettre le moindre
son, qu'il s'agisse d'un rire ou d'une plainte", écrit
le barreau dans un communiqué.
Fred Nérac, caméraman indépendant, a été
perdu de vue en Irak le 22 mars 2003. Guy-André Kieffer,
journaliste indépendant, qui se trouvait en Côte
d'Ivoire, n'a plus donné de nouvelles depuis le 16 avril
2004. Florence Aubenas et son interprète ont disparu le
5 janvier 2005 à Bagdad.
18
février, 16h47 - AFP
Portraits de F. Aubenas et H.Hanoun au
Conseil régional de Basse-Normandie
Les portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide-interprète
Hussein Hanoun al-Saadi, disparus en Irak depuis 43 jours, ont
été affichés vendredi sur les grilles du
Conseil régional de Basse-Normandie à Caen, a constaté
une journaliste de l'AFP.
Florence Aubenas, journaliste de Libération, et Hussein
Hanoun al-Saadi, ont disparu le 5 janvier en Irak.
18 février, 08h39 - AFP
La correspondante du quotidien français
Libération Florence Aubenas et son guide irakien Hussein
Hanoun ont disparu le 5 janvier à Bagdad, sans donner la
moindre nouvelle depuis, aucune revendication d'un éventuel
enlèvement n'ayant été faite depuis cette
date.
17
février, 20h52 - AFP
500 personnes réunis en soutien
à Florence Aubenas à Lille
Près de 500 personnes ont assisté jeudi, au Théâtre
du Nord à Lille, à une soirée de soutien
aux journalistes Florence Aubenas et Giuliana Sgrena, et à
l'interprète Hussein Hanoun, enlevés en Irak, a
constaté une journaliste de l'AFP.
Le journaliste François Reynaert et l'écrivain Marie
Desplechin ont expliqué qu'il était important de
se mobiliser "pour faire pression sur le gouvernement"
et montrer aux ravisseurs comment ses otages sont "précieux".
Avant la soirée, la mère de la journaliste de Libération,
Jacqueline Aubenas, avait déclaré que "toute
cette mobilisation, ce soutien lui permettait d'avoir autant de
courage que sa fille".
Anna Maria Merlo-Poli, la correspondante à Paris d'Il Manifesto,
pour lequel travaillait Giuliana Sgrena, a souligné que
la rédaction de son journal était "sous le
choc" après la diffusion, mercredi, d'une vidéo
montrant la reporter italienne. "Elle semblait avoir pris
20 ans", a-t-elle ajouté.
Le patron de Libération Serge July, la maire de Lille Martine
Aubry et le secrétaire général de Reporters
sans frontières (RSF) Robert Ménard ont également
pris la parole au cours de la soirée, notamment pour défendre
la liberté de la presse, de même que Roselyne Godard,
une des accusés du procès d'Outreau, qui a rendu
hommage au travail de Florence Aubenas.
17 février
- Journal de 13h00 - France Inter.
Extraits d'Inter 13.
(...) Quant au sort de Florence Aubenas, disparue depuis 43 jours
maintenant en Irak, avec son guide irakien Hussein Hannoun, les
informations que donnent pour l'instant le gouvernement sont très
laconiques, voire légèrement différentes
selon qu'il s'agisse de Michel Barnier ou de Jean-Pierre Raffarin.
Le ministre des Affaires étrangères affirme qu'il
a des indications donnant l'espoir que notre consoeur revienne
un jour avec son guide. Jean-Pierre Raffarin, lui, explique que
le gouvernement n'a pas de preuves de la vie des deux otages.
C'est ce que confirme le président de Reporters-sans-Frontières,
Robert Ménard, au micro de Florence Paracouelos: "Hier,
j'ai trouvé Jean-Pierre Raffarin très pessimiste.
Très très pessimiste. Honnêtement, on était
abattus en sortant. Quand on lui parle : "Mais est-ce que
vous avez vraiment la certitude qu'ils sont en vie?" il vous
dit: "non, non, dans les premiers jours, peut-être,
mais aujourd'hui, je ne peux absolument pas vous dire qu'ils sont
en vie". Quand on lui demande: "mais, ça va être
court? ça va durer?" il répond: "... ça
peut durer six mois..." Evidemment, moi j'ai été
absourdi. On a tous été abasourdis parce qu'il y
avait une cinquantaine de patrons de presse et c'est vrai qu'il
y a un vrai décalage avec les déclarations de Monsieur
Barnier. Mais j'ai vu Monsieur Barnier il y a quelques jours et
que j'avais trouvé déjà plus optimiste. Alors
est-ce que c'est une différence de tempérament?
... Est-ce que chacun ne retient que les éléments
qui vont dans le bon sens? ou au contraire les éléments
qui sont inquiétants... Je sais pas. J'ai envie de croire
Monsieur Barnier mais Monsieur Raffarin, il était convaincant
hier quand il disait tout son pessimisme."
16 février,
20h40 - AFP
Florence Aubenas: "pas de preuves
de vie", selon Serge July
Le patron de Libération Serge July a déclaré
mercredi que le gouvernement n'avait "pas de preuves de vie"
de la journaliste Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun,
disparus en Irak, à l'issue d'une réunion avec Jean-Pierre
Raffarin à Matignon.
Auparavant, le ministre des Affaires étrangères,
Michel Barnier s'était montré plus optimiste, déclarant
mercredi en fin de journée sur France Inter : "Nous
avons eu des indications qui nous donnent l'espoir qu'ils puissent
revenir un jour". (cf. transcription
de toute l'interview ci-dessous dans le texte suivant)
"Ce que nous a dit le Premier ministre, (sans) trahir sa
pensée, c'est qu'il n'y avait pas d'éléments
permettant de dire si, au jour d'aujourd'hui, ils sont vivants
ou non", a déclaré M. July sur le perron de
Matignon. "De toute évidence, ils ont des informations
mais ils n'ont pas quelque chose qu'on a connu dans des situations
antérieures, des preuves de vie qui sont transmissibles",
a-t-il ajouté.
M. Raffarin a réuni une quarantaine de responsables de
la presse française pendant plus d'une heure sur le sort
de la journaliste de Libération et de son guide-interprète,
disparus en Irak depuis le 5 janvier. "Nous sommes plutôt
dans quelque chose de précaire (...) Il n'y a jamais eu
de vidéo", a ajouté M. July. Selon les participants,
M. Raffarin a par ailleurs jugé "pas opportun"
l'envoi en Irak d'une délégation de responsables
de presse français. "Jamais 40 responsables des médias
français ne se sont retrouvés ici. D'ailleurs le
fait même de se réunir en soi est un événement",
a ajouté le patron de Libération.
La réunion a également permis de faire part d'une
"préoccupation générale", quant
aux "enlèvements de journalistes français,
pas simplement en Irak mais aussi au Pakistan, en Afghanistan,
en Tchétchénie...", a-t-il dit. "On a
comme préoccupation tous d'optimiser les moyens de sécurité",
a souligné M. July.
M. Barnier avait également indiqué que "les
autorités françaises, nos services, nos diplomates,
à Bagdad et à Paris, sont mobilisés",
ajoutant : "Nous travaillons pour qu'ils reviennent à
la maison le plus vite possible".
16 février
- 19h24 - France Inter
Michel Barnier est l'invité de l'émission
de Pierre Le Marc sur France Inter. La disparition de Florence
Aubenas est abordée par les journalistes:
Question d'Hélène Jouan (France-Inter): "On
a pu voir une vidéo de l'otage italienne Giuliana Sgrena
(...). Est-ce que vous, vous avez des signes de vie de Florence
Aubenas et de son guide?"
Réponse du ministre:"... Florence Aubenas et ...
Hussein Hannoun ont disparu maintenant il y a plusieurs semaines.
Je veux dire d'abord... Je trouve... formidable... la dignité,
... le courage de leur famille. Je trouve formidable la mobilisation
permanente de Libération, ... son journal, ... de vous
tous, ses confrères...
Cette mobilisation est très importante pour ... maintenir
cette vigilance, pour dire... que vous êtes, que nous sommes
très attachés à la démocratie au coeur
de laquelle il y a la liberté de s'exprimer, de commenter,
la liberté de rendre compte... y compris des situations
les plus dangereuses et ...
Sachez simplement, puisque votre question manifeste une inquiétude,
que les autorités françaises, nos services, nos
diplomates, à Bagdad et à Paris sont mobilisés.
Nous le sommes exactement comme nous l'avons été
pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot depuis le premier
jour. Nous travaillons pour qu'ils reviennent à la maison
le plus rapidement possible. Voilà ce que je peux dire."
Question de Luc Lemonnier (France-Inter):"Monsieur
le ministre, vous êtes rass... vous êtes assurés
qu'ils sont vivants?"
Réponse du ministre:"... ... Nous avons eu des
indications ... euh... qui nous donnent l'espoir... qu'ils puissent
revenir un jour. Voilà ce que je peux dire."
Question de Michel Felten (L'Express): "Il
y a une autre otage française dans une autre région
du monde, Monsieur Barnier, dont on va célébrer,
si j'ose dire, les trois ans de captivité dans quelques
jours, c'est Madame Bettancourt. Avez-vous des nouvelles à
nous donner à son propos?"
Réponse du ministre:"Vous savez, nous parlons
de Florence Aubenas et je vous ai dit notre détermination
pour qu'ils reviennent le plus vite possible à la maison...
Je parle de Florence Aubenas et Hussein Hannoun... Nous sommes
mobilisés de la même manière dans tous ces
cas...
Par exemple, Fred Nérac dont nous n'avons toujours
pas de nouvelles et pour lequel nous voulons la vérité;
nous la demandons aux autorités irakiennes. Et naturellement
Ingrid Bettancourt que je connais, que j'avais rencontré
à Bruxelles avant son enlèvement. Là aussi
nous travaillons. Ce sont des circonstances difficiles: ni en
Irak, ni partout ailleurs dans le monde, ces situations se ressemblent.
Les raisons de ces enlèvements, de ces disparitions ne
sont pas les mêmes. Les raisons de ceux qui provoquent de
telles disparitions ne sont pas les mêmes et donc... la
manière de traiter, de dialoguer, de nouer des fils est
forcément différente. Elle l'est en Irak. On voit
bien que les situations ne sont pas les mêmes et elle l'est
naturellement quand il s'agit d'un pays d'Amérique du Sud."
16 février,
18h37 - AFP
Portraits de Florence Aubenas et de son
guide sur la mairie de Nancy
Les portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide,
Hussein Hanoun al-Saadi, tous deux disparus en Irak ont été
installés mercredi sur la façade de l'hôtel
de ville de Nancy, a annoncé la mairie dans un communiqué.
Florence Aubenas, journaliste de Libération, et Hussein
Hanoun al-Saadi, ont disparu le 5 janvier en Irak.
16 février, 13h54 - AFP
(...) Une grande manifestation nationale pour
la libération de Giuliana Sgrena est prévue à
Rome le samedi 19 février. Les manifestants réclameront
également celle de Florence Aubenas, la journaliste du
quotidien français Libération, disparue en Irak
depuis le 5 janvier.
15 février,
16h07 - AFP
Portraits de Florence Aubenas, Hussein
Hanoun et Giuliana Sgrena à Belfort
Les portraits des journalistes Giuliana Sgrena, Florence Aubenas
et du guide de cette dernière, Hussein Hanoun al-Saadi,
tous trois disparus en Irak, ont été installés
mardi sur la façade de l'Hôtel de Ville de Belfort,
a-t-on appris auprès de la mairie.
L'envoyée spéciale de Libération et son guide
ont disparu depuis le 5 janvier dernier, la reporter du quotidien
italien Il Manifesto, depuis le 4 février.
15 février, 08h59 - AFP
A Paris, la chanson française, francophone
ou arabe s'est réunie lundi soir à l'Olympia, pour
un concert de soutien à la journaliste Florence Aubenas
et à son guide Hussein Hanoun disparus le 5 janvier à
Bagdad.
Le concert, avec la participation de Charles Aznavour, Patrick
Bruel, Bernard Lavilliers, Alain Souchon et Cheb Mami, était
également dédié à la journaliste italienne
Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du journal Il
Manifesto en Irak, enlevée le 4 février.
12 février,
18h06 - AFP
Soutien à Florence Aubenas, Hussein
Hanoun et Giuliana Sgrena à Besançon
Les portraits des journalistes Giuliana Sgrena, Florence Aubenas
et du guide de cette dernière, Hussein Hanoun al-Saadi,
tous trois disparus en Irak, ont été installés
samedi sur la façade de l'Hôtel de Ville de Besançon,
a constaté une journaliste de l'AFP.
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à
cette occasion pour manifester leur soutien à l'envoyée
spéciale de Libération et son guide, disparus depuis
le 5 janvier ainsi qu'à la reporter du quotidien italien
Il Manifesto, enlevée le 4 février. "Un rassemblement
à Besançon, loin de Paris, si loin de Bagdad cela
peut paraître vain, inutile. Mais plus il y aura de rassemblements
comme tous ceux qui ont été déjà organisés
dans de nombreuses villes de France, mieux cela sera", a
déclaré Joël Mamet, journaliste à l'Est
Républicain, devant les représentants de la presse
écrite et audiovisuelle bisontine qui avaient appelé
à cette manifestation.
Par ailleurs, le responsable d'un petit journal mensuel distribué
gratuitement à Ribeauvillé, une localité
de 5.000 habitants proche de Colmar (Haut-Rhin), Fabien Becker,
a fait placarder des portraits des deux disparus sur les vitrines
des commerçants de cette bourgade alsacienne. Il projette,
grâce à des sponsors, de faire imprimer 140.000 tracts
pour appeler à ne "pas les oublier".
12 février,
12h26 - www.elkechfa.com
Nous envisageons forcément le
pire pour sauver la vie de Florence!
par Iskander Debbache, journaliste en exil
J'ai personnellement connu Florence Aubenas en
2002 à mon retour d'Argentine après le torpillage
de mon défunt journal "Perspectives Latino-Africaines"
par l'ambassade d'Algérie à Buenos Aires...
Elle m'a été présentée
par François Gèze des éditions "La Découverte".
Je devais rencontrer d'abord la journaliste de Libération
José Garçon. Nous nous sommes vus sur la terrasse-cafétéria
du journal avec vue époustouflante sur Paris. Nous devions
préparer la couverture du procès qui s'annonçait
du "général" autoproclamé Khaled
Nezzar contre le sous-lieutenant Habib Souaïdia. Elle me
parlait d'une voix calme presque timide de ses missions en Kabylie
et de la crise récente dans cette partie de l'Algérie
de l'Argentine et sa vraie-fausse crise économique concoctée
par les Péronistes contre l'homme de l'église: le
président De La Rua... Elle-même mariée à
un Argentin, elle évoquait ce pays avec une lueur dans
les yeux un pays qui l'a adoptée et qu'elle a adopté.
Pendant son récent séjour en Irak, elle soupçonnait
déjà des relents de manipulation grossière
affectant la "prise d'otage" des deux premiers journalistes
Français relachés la veille de Noël dans une
forme resplendissante de jeunes touristes par un groupe terroriste
Islamiste en guerre. Florence cette fois ci c'en est une autre
que je crois d'autant plus dramatique qu'elle prend les contours
d'un règlement de comptes. Le cas Algérien a fait
école et des pays ont appris à éliminer leurs
journalistes indésirables sous la couverture d'un crime
Islamiste.
Dans l'un de ses articles consacrés à l'affaire
des moines de Tibéhirine, Florence Aubenas avait déclaré
un jour qu'en Latin, le mot "martyr" signifiait également
témoin. A ce propos justement si elle n'aurait su décrire
en si peu de mots et à bon entendeur les dessous et les
objectifs inavoués d'un crime aussi abject, elle était
par contre loin d'en soupçonner l'aspect prémonitoire
quant à ce qui lui arrive aujourd'hui et pour cause, Florence
enquêtait en plus de la précédente prise d'otages
Français en Irak Georges Chesnot et Christian Malbrunot,
non seulement sur le rôle violemment contesté de
Didier Julia et de la polémique qui en avaient suivi mais
également sur le comportement interlope et très
peu convaincant du ministre français des affaires étrangères
Michel Barnier à l'égard de Didier Julia voire,
de sa récente et somme toute étrange déclaration
à la presse où il persiste ne pas reconnaitre le
possible enlèvement et la prise en otage de Florence (
Libération du Mercredi 12 Janvier 2005 ). D'un autre côté,
la presse Française a étrangement observé
un silence radio inquiétant sur les suites et les retombées
de l'affaire Didier Julia ainsi que de la plainte supposée
du chauffeur Syrien Mohamed El Joundi contre les forces armées
U.S. pour actes barbares et de tortures. Faut il que Florence
ait touché à quelque chose qu'elle n'aurait jamais
dû savoir? Ou alors s'agirait-il d'une des malheureuses
retombées quant à une mauvaise gestion de l'affaire
Julia qui se plaignait récemment d'une intrusion dans son
bureau d'où des do*****ents compromettant le gouvernement
dans cette affaire auraient disparu?
Les assassins n'ont plus aucune retenue. Florence était
trop engagée en Algérie avec l'affaire des massacres
et des disparus en Algérie pour espérer s'en tirer
à si bon compte! Comme pour Tahar Djaout, Ismaïl Yefsah,
Saïd Mekbel et bien d'autres assassinés par le D.R.S.
pour infiniment moins que ça, elle paie aujourd'hui son
engagement auprès des rescapés de massacres ceux
de Raïs, de Bentalha, de Zââtria, de Beni-Messous
et de bien d'autres villages martyrs voire, des manifestants de
Kabylie. C'est elle qui écrivait que dans l'antiquité
et à propos de l'ignoble assassinat des moines Sisterciens
de Tibéhirine, le mot martyr signifiait également
témoin et c'est de cela justement qu'il s'agit! Ses assassins
ou tout simplement les criminels qui l'auraient enlevée,
ne seraient motivés en plus d'un très fort désir
de vengeance, que par le besoin d'éliminer le témoin
de l'un des crimes de masse les plus parfaits du 20°siècle
et de la pire compromission parceque née d'une alliance
contre nature, celle du crime au service de la prétendue
raison d'état. On imagine mal aujourd'hui les services
Irakiens de Iyad Allaoui refuser ce "service" aux amis
de leurs amis Américains en Algérie. Si cela venait
à se confirmer, cela voudrait surtout dire que le monde
aura beau être aussi vaste que Dieu l'a créé,
les journalistes ne seront plus jamais en sécurité
nulle part sur la terre. Cela voudrait également dire que
la nouvelle guerre d'Algérie avec ses massacres de civils
et autres assassinats ciblés de journalistes et les têtes
pensantes pour un état de droit aurait été
payante tant pour ses commanditaires que pour leurs "généraux"
inconditionnels affidés. S'acharnerait-on tout simplement
à nous faire croire que les journalistes Français
seraient réellement visés par la mouvance supposée
d'El Quaïda auquel cas, si tant est que cette dernière
organisation méritait la comparaison avec les G.I.A. montés
par le D.R.S Algérien, nous aurons alors tout lieu de craindre
l'avenir et de trembler pour Florence Aubenas tant la France aurait
profité de ses relations privilégiées avec
la junte militaire et criminelle d'Alger et donc retenu la leçon
qui consiste à éliminer ses journalistes indésirables
sous couvert de crimes Islamistes?
Va t-on retrouver bientôt le cadavre de Florence Aubenas?
Fort de notre expérience passée et récente
du journalisme en Algérie, j'en suis même persuadé,
j'espère seulement me tromper et Dieu fasse que je me trompe!
10 février,
17h31 - AFP
(...) A Rome, la rédaction d'Il Manifesto
a fait savoir qu'elle était toujours sans nouvelle de sa
journaliste, Giuliana Sgrena.
Même situation en France où plusieurs manifestations
ont eu lieu en signe de soutien à la journaliste de Libération,
Florence Aubenas, et à son guide syrien, Hussein Hanoun
Al-Saadi, disparus depuis 36 jours.
9 février,
10h10 - AFP
(...) D'autre part, par la voix du ministre des
Affaires étrangères Michel Barnier, les autorités
françaises ont indiqué qu'elles faisaient tout leur
possible pour obtenir la libération de la journaliste du
quotidien français Libération Florence Aubenas et
de son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus depuis le 5 janvier
en Irak.
8 février,
08h34 - AFP
(...) Le Quai d'Orsay a rappelé que "la
France reste naturellement mobilisée pour retrouver Florence
Aubenas (journaliste du quotidien de gauche Libération)
et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun", disparus
le 5 janvier.
7 février,
17h18 - AFP
La Ligue arabe et la chaîne de télévision
Al-Jazira ont appelé lundi à la libération
des journalistes italienne Giuliana Sgrena, et française
Florence Aubenas, dont on est sans nouvelles depuis sa disparition
le 5 janvier.(...)
La France a demandé la libération "immédiate"
de la journaliste italienne. Le Quai d'Orsay rappelle que "la
France reste naturellement mobilisée pour retrouver Florence
Aubenas et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun".
7 février,
15h04 - AFP
M. July insiste sur la conviction que
F. Aubenas et son guide sont vivants
Le patron de Libération Serge July a insisté lundi,
à l'issue d'une réunion avec les directeurs de rédaction
de la presse française, sur la conviction exprimée
par le gouvernement selon laquelle la journaliste Florence Aubenas
et son guide Hussein Hanoun "étaient vivants".
"Nous avons noté dans la communication gouvernementale
une précision en ce qui concerne Florence et Hussein",
a-t-il dit devant la presse, à l'issue de la réunion
au Centre d'accueil de la presse étrangère, à
la Maison de la Radio, à Paris.
Evoquant les interventions à ce sujet du Premier ministre
Jean-Pierre Raffarin et de la ministre de la Défense Michèle
Alliot-Marie, M. July a relevé qu'avec "des implicites
accentués", "tous ont dit d'une manière
ou d'une autre leur conviction qu'ils étaient vivants.
C'est un élément important car depuis le 5 janvier,
nous étions dans la situation où ils étaient
des disparus".
M. July a annoncé également qu'il allait solliciter
pour ses confrères et lui-même une entrevue avec
le Premier ministre. Il s'agissait de la deuxième réunion
des directeurs de rédaction, après celle du 24 janvier,
sur la situation des journalistes en Irak et plus particulièrement
sur Florence Aubenas et Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles
depuis le 5 janvier. Une cinquantaine de représentants
de médias (agences, audiovisuel, radios, presse écrite)
étaient présents. "Nous appelons tous, nous
les directeurs de rédaction, à une soirée
de solidarité le 14 février à l'Olympia,
avec la participation de nombreux chanteurs français, arabes",
a déclaré Serge July.
Il a été également question d'une campagne
de sensibilisation "dans plusieurs journaux du monde arabe",
notamment irakiens, et de l'envoi d'une délégation
à Bagdad. Sur ce dernier point, a indiqué le patron
de Libération, "la question est ouverte" et "des
points de vue divergents peuvent s'exprimer".
La mobilisation vise à faire libérer Florence Aubenas,
Hussein Hanoun, mais aussi la journaliste italienne Giulana Sgrena,
enlevée vendredi à Bagdad, ainsi qu'à "développer
l'idée que la liberté, c'est la liberté d'informer".
Une prochaine réunion dont la date n'est pas fixée,
est prévue.
Robert Ménard, secrétaire général
de Reporters sans frontières (RSF), a souligné que
la soirée à l'Olympia serait un "temps fort
de la mobilisation". De Bernard Lavilliers à Alain
Souchon, la soirée accueillera également "des
vedettes du monde arabe, pour bien montrer qu'on pense aux deux",
a souligné M. Ménard. Outre des dirigeants de la
presse française, seront invités des représentants
du Manifesto, quotidien italien où travaille Giulana Sgrena.
Le nom de la journaliste italienne sera associé à
toutes les manifestations et son portrait va être installé
sur la place de la République, aux côtés de
ceux de Florence Aubenas et Hussein Hanoun.
7 février, 09h56 - AFP
Effrayés et paralysés,
les journalistes étrangers déterminés à
rester, par Salwan Binni
L'enlèvement de la journaliste italienne Giuliana Sgrena
a créé un nouveau choc parmi les journalistes étrangers
en Irak qui demeurent pourtant déterminés à
rester malgré leur appréhension et les restrictions
drastiques sur leurs mouvements.
"Nous avons peur de sortir, non par crainte des bombes mais
parce que nous ne savons plus à qui nous fier", explique
Luc Walpot, chef du bureau de la chaîne allemande ZDF à
Bagdad. Près de deux ans après la chute du régime
de Saddam Hussein, il est impossible de connaître les quartiers
sûrs. "Sous l'ancien régime, nous pouvions circuler
presque partout. Maintenant, nous sommes confinés au bureau
et dans quelques endroits de Bagdad. Le reste nous est interdit",
ajoute ce journaliste qui doit quitter le pays dans deux semaines.
Certains correspondants, envoyés pour les élections
du 30 janvier, comptent les jours pour partir. "Bien que
je sois reçue chaleureusement quand les gens savent que
je suis Allemande, je suis effrayée et ne quitte plus l'hôtel",
confie Christine Buck du quotidien allemand Die Welt. Mais ce
sentiment n'est pas partagé.
"J'ai l'impression de ne pas être la bienvenue",
estime Barbara Schiavulli, journaliste italienne indépendante
qui partageait la chambre de Mme Sgrena. Face à ce qu'elle
considère comme une xénophobie ambiante, elle espère
que les Irakiens comprendront que la réelle raison de la
présence de journalistes étrangers est de décrire
la vie quotidienne des habitants et non de glorifier les troupes
étrangères. "Notre boulot c'est de couvrir
les évènements heureux ou tristes. Nous sommes ici
pour raconter la souffrance des Irakiens, pour écrire des
histoires et non pour être un acteur de l'histoire",
explique Mme Schiavulli.
Vendredi, Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du quotidien
de gauche Il Manifesto a été enlevée après
un reportage sur les réfugiés de Falloujah, installés
sous des tentes près d'une mosquée dans l'université
de Bagdad.
Un groupe armé islamiste a revendiqué le rapt et
menacé de la tuer si les 3.000 soldats italiens ne se retiraient
pas d'Irak. Les collègues de la journaliste doutent que
leur pays cède aux menaces. "Je ne crois pas que le
rapt de Giuliana modifiera la politique de Rome. Même la
gauche, mouvance à laquelle appartient le quotidien de
Giulana, refuse l'intimidation", explique Roberto DiCaro,
de l'hebdomadaire Espresso. Pour lui, les ravisseurs ont voulu
se venger du camouflet subi avec la forte participation des Irakiens
aux élections. "Les élections ont été
une défaite politique pour l'insurrection et ils ont kidnappé
Giuliana pour se venger des médias qui ont montré
ce qui s'était passé", ajoute M. DiCaro.
Certains journalistes changent leur apparence. "Tant que
je suis ici, je garde ma moustache et me cache le visage avec
une keffieh quand je sors avec un chauffeur", confie Luciano
Gulli, d'Il Giornale. Pour réduire les risques, d'autres
médias s'appuient sur leur personnel local. "Depuis
avril, quand les terroristes ont commencé la chasse aux
journalistes, nous nous remettons entièrement aux cameramen
locaux", reconnaît Fabio Chivcconi, de la RAI2 TV.
Le camp abritant les réfugiés de Falloujah est devenu
une "zone rouge". Il y a deux semaines, un reporter
occidental a échappé miraculeusement à un
rapt après un reportage à cet endroit et, le 5 janvier,
la journaliste française Florence Aubenas a disparu avec
son traducteur Hussein Hannoun, après s'y être rendue.
Franco Pagetti, photographe italien travaillant pour l'hebdomadaire
américain Time Magazine, était vendredi avec Mme
Sgrena mais il a décliné le déjeuner offert
sur place car ses gardes irakiens lui ont conseillé de
quitter les lieux. "Chacun était gentil avec moi.
J'ai été ici plusieurs fois et je connais le cheikh
qui est très hospitalier. Je ne sais pas ce qui est arrivé
à Giuliana", dit-il.
5 février, 17h12 - AFP
(...) Une consoeur française de Mme Sgrena,
Florence Aubenas, a disparu avec son guide à Bagdad il
y a un mois et leur sort reste inconnu. (...)
5 février, 10h51 - AFP
Portraits de F. Aubenas et de son guide sur l'hôtel
de ville de Strasbourg
Une affiche avec les portraits de la journaliste de Libération
Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun al-Saadi, disparus
depuis un mois en Irak, a été installée samedi
matin sur la façade de l'hôtel de ville de Strasbourg,
a constaté une journaliste de l'AFP. "La presse est
fille de liberté", "Libérez les otages",
est-il écrit sur cette affiche qui montre côte à
côte les photos des deux disparus.
Le maire de Strasbourg Fabienne Keller (UMP) et le président
de la Communauté urbaine de Strasbourg Robert Grossmann
(UMP) "affirment leur solidarité à Florence
Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi au nom de l'ensemble des Strasbourgeois",
a indiqué dans un communiqué la ville de Strasbourg,
qui a "toujours défendu la liberté de la presse".
"Cette liberté reste fragile et toujours menacée
dans de nombreux pays, l'Irak en est aujourd'hui le symbole le
plus dramatique avec l'enlèvement et l'assassinat de nombreux
journalistes", a ajouté ce communiqué.
Samedi 5 février - Libération
Le ministre des Affaires étrangères
«garde l'espoir», par Patrick Sabatier.
«Les indications et les recoupements les plus récents
dont nous disposons nous permettent de garder l'espoir.»
Recevant Libération au quai d'Orsay vendredi après-midi,
Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères,
s'est voulu un mois jour pour jour après la disparition
à Bagdad de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi
à la fois rassurant et très circonspect. Le
choix, prudent, des mots n'en confirme pas moins ce qui était
déjà implicite dans la déclaration du Premier
ministre Jean-Pierre Raffarin devant l'Assemblée nationale
le 1er février (Libération du 2 février)
: Florence et Hussein sont vivants. Leur situation, insiste le
ministre, «ne ressemble pas à d'autres. Nous nous
trouvons dans une situation très sensiblement différente
du cas de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Les circonstances,
les raisons de ces disparitions ne sont pas comparables».
On peut penser que les autorités françaises disposent,
pour faire cette évaluation, d'indices ou d'informations
qu'elles ne souhaitent pas rendre publics. «La règle
obligatoire, dans de telles situations, c'est la discrétion»,
rappelle Michel Barnier, «pour préserver la sécurité»
des disparus. La confidentialité la plus totale fait souvent
partie des exigences des ravisseurs, qui cherchent à assurer
ainsi leur propre sécurité. Sauf, en particulier
quand il s'agit d'un rapt à motivations politiques, s'ils
estiment pouvoir profiter d'une médiatisation propagandiste
de l'affaire, qu'ils assurent eux-mêmes par la diffusion
de vidéos à la télévision ou via l'Internet.
«Les autorités françaises, nos services, nos
diplomates, à Bagdad et à Paris, font ce qu'ils
peuvent et ce qu'ils doivent pour que [Florence et Hussein] reviennent
à la maison le plus vite possible», assure le ministre.
Jean-Pierre Raffarin avait déjà assuré que
le gouvernement a mis en place «un dispositif qui nous permet
de suivre en permanence la situation et de prendre toutes les
dispositions appropriées». Mais il est clair, après
un mois d'efforts, que la résolution de la crise est aussi
lente que difficile.
«Plus que jamais, note le ministre, la situation [à
Bagdad] est dangereuse, comme on le voit encore aujourd'hui avec
l'enlèvement de votre consoeur italienne, Giuliana Sgrena.
Il y a un vrai danger pour ceux qui font le travail d'informer,
de rendre compte.» Les autorités françaises
rejettent néanmoins l'idée que les Français
soient particulièrement visés. «L'enlèvement
de votre consoeur italienne est la preuve que non, remarque Michel
Barnier, ajoutant qu'en Irak, il y a des enlèvements tout
le temps, de différentes natures. On voit bien qu'il y
a dans certaines parties de l'Irak une forme de chaos.»
Les déclarations officielles ne permettent
donc de spéculer ni sur l'existence d'éventuels
contacts avec les ravisseurs, ni sur leurs motivations, même
si, confortées par d'autres indices et informations fragmentaires,
elles incitent à écarter la piste d'une prise d'otages
politique. L'hypothèse d'un rapt crapuleux, aux fins d'obtenir
une rançon, paraît à ce jour la plus vraisemblable.
Mais à Bagdad pas plus qu'ailleurs dans le monde, les kidnappeurs
n'opèrent dans un vide politique. Ils peuvent agir en hommes
de main. Et des considérations politiques aident
ou bloquent fréquemment la résolution de situations
d'otages. C'est pourquoi «la mobilisation de tous ceux qui
s'expriment, témoignent, manifestent pour Florence et Hussein
[et demain pour Giuliana, ndlr] reste très importante»,
reconnaît Michel Barnier.
5 février, 05h14 - AFP
Aubenas et al-Saadi: un mois après
leur disparition M. Barnier "garde l'espoir"
Un mois jour pour jour après la disparition en Irak de
la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son
guide Hussein Hanoun al-Saadi, le ministre des Affaires étrangères
Michel Barnier "garde l'espoir", a-t-il déclaré
vendredi en recevant des représentants du journal au quai
d'Orsay.
"Les indications et les recoupements les plus récents
dont nous disposons nous permettent de garder l'espoir",
a déclaré le ministre cité samedi par Libération.
L'article affirme que le chef de la diplomatie française
s'est montré "à la fois rassurant et très
circonspect". "Nous nous trouvons dans une situation
très sensiblement différente du cas de Christian
Chesnot et Georges Malbrunot", a poursuivi M. Bernier, "les
circonstances, les raisons de ces disparitions ne sont pas comparables".
Pour Libération, "le choix, prudent, des mots n'en
confirme pas moins ce qui était déjà implicite
dans la déclatation du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin
devant l'Assemblée nationale le 1er février: Florence
et Hussein sont vivants".
Comme son ministre des Affaires étrangères, M. Raffarin
avait déjà noté devant les députés
que la journaliste et son guide se trouvaient "dans une situation
très sensiblement différente" de celle des
deux ex-otages français en Irak. Les journalistes français
Christian Chesnot et Georges Malbrunot, enlevés le 20 août
2004, avaient été libérés à
Bagdad le 21 décembre, après 124 jours de captivité.
Libération estime également qu'"on peut penser
que les autorités françaises disposent, pour faire
cette évaluation, d'indices ou d'évaluations qu'elles
ne veulent pas rendre publics". "L'hypothèse
d'un rapt crapuleux, aux fins d'obtenir une rançon, paraît
à ce jour la plus vraisemblable", ajoute le quotidien.
Vendredi, les députés ont appelé, toutes
tendances politiques confondues, à la libération
de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun Al-Saadi, exprimant leur
"très vive inquiétude" quant à
leur sort. Reporters sans frontières (RSF) a estimé
pour sa part qu'il fallait "garder espoir" et qu'"aucune
hypothèse ne peut être exclue".
4 février, 18h07 - AFP
Florence et Giuliana, deux journalistes
dans le piège de Bagdad, par Sammy Ketz
La Française Florence Aubenas et sa consoeur italienne
Giuliana Sgrena, qui sont tombées dans la trappe de Bagdad,
étaient des journalistes de terrain n'hésitant pas
à prendre des risques pour aller chercher une histoire
en zone de conflit.
Toutes les deux ont eu la même idée à un mois
d'intervalle. La première, travaillant depuis 1986 pour
le quotidien français de gauche Libération, avait
affirmé à ses confrères peu avant sa disparition
qu'elle voulait faire un reportage sur les déplacés
du bastion sunnite de Falloujah ayant trouvé refuge près
d'une mosquée dans l'université de Bagdad.
La seconde, employée depuis 1988 pour le quotidien italien
de gauche indépendant Il Manifesto, a été
enlevée vendredi peu après avoir rencontré
les mêmes personnes. Fuyant l'offensive américaine
en novembre 2004 contre leur ville devenue une place forte de
l'insurrection, 17 familles, soit 1.033 personnes, vivent depuis
trois mois sous des tentes autour de la mosquée sunnite
al-Moustafa de cette université du centre de Bagdad.
Toutes les deux célibataires, elles s'étaient rendues
dans des zones difficiles. Agée de 43 ans, Florence Aubenas,
qui est née en Belgique, a ainsi travaillé en Algérie,
au Rwanda, au Kosovo, en Bosnie, en Afghanistan et bien sûr
en Irak. "Elle est une grande professionnelle, habituée
des zones à risques", commente le directeur de la
rédaction de Libération Antoine de Gaudemar.
Spécialiste du Moyen-Orient, Giuliana Sgrena, 56 ans, originaire
du Piémont dans le nord-ouest de l'Italie, était
venue plusieurs fois en Irak, a travaillé en Afghanistan
et avait étudié l'arabe.
"Elle a des rapports très solides à Bagdad,
a des bons rapports avec les oulémas, est engagée
contre la guerre, comme c'est la ligne d'Il Manifesto. Elle est
tout sauf "embedded", faisant des reportages très
personnels et documentés", a indiqué à
l'AFP, le chef des pages reportage, Loris Campetti.
Brunes, les cheveux châtains et mi-courts, elles étaient
de caractères différents. Giuliana était
petite et réservée alors que Florence était
plutôt grande et avait le rire facile.
Leur point commun est qu'elles circulaient sans peur dans cette
ville, livrée à l'anarchie, aux enlèvements
politiques et crapuleux et aux meurtres. "Cela nous fait
avoir quelques doutes sur le fait qu'il puisse s'agir d'un enlèvement
politique", a ajouté M. Campetti. C'est exactement
le même sentiment qu'ont les autorités françaises
concernant la disparition de Florence Aubenas.
4 février, 13h47 - AFP
Appel commun des députés
français pour la libération de F. Aubenas
Les députés français ont lancé vendredi
un appel commun en vue d'obtenir la libération de la journaliste
Florence Aubenas et de son assistant irakien Hussein Hanoun Al-Saadi,
et exprimé leur "très vive inquiétude"
quant à leur sort.
Dans un communiqué commun, les quatre présidents
des groupes UMP, UDF, PS et PCF de l'Assemblée déclarent
que le sort de Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus
à Bagdad depuis le 5 janvier, "doit unir l'ensemble
de la communauté internationale". "Nous, députés
français, exprimons notre très vive inquiétude
et appelons les autorités politiques à tout mettre
en oeuvre pour rassembler toutes informations utiles" sur
leur situation et leur état de santé, ajoute le
communiqué.
Cet appel intervient alors qu'une journaliste italienne a été
enlevée vendredi à Bagdad.
1 février,
17h35 - AFP
Nouvelles initiatives de mobilisation
autour de F. Aubenas et de son guide
Plusieurs nouveaux rendez-vous sont prévus pour nourrir
la mobilisation autour de Florence Aubenas et de son guide irakien
Hussein Hanoun, notamment une soirée le 14 février
à l'Olympia à Paris, a indiqué mardi Reporters
sans frontières (RSF).
Ce soir-là, 12 journalistes français ex-otages devraient
se retrouver pour l'occasion. "On veut demander à
tous les patrons de presse d'appeler à cette soirée",
a précisé à l'AFP Robert Ménard, secrétaire
général de RSF. Chanteurs et comédiens seraient
également présents. Une précédente
soirée de mobilisation, lundi soir au Théâtre
du Rond-Point à Paris, a été un succès
avec un millier de participants.
Une campagne d'affichage dans le métro est par ailleurs
prévue à partir du 7 février, avec les portraits
de Florence Aubenas et Hussein Hanoun.
Une maison de production, Folamour Productions, a proposé
des clips pour la télévision et des spots pour les
radios. Une version arabe devrait être diffusée auprès
des médias arabes, a-t-on appris de même source.
Un appel aux maires de France a été lancé
pour qu'ils apposent des affiches devant leurs mairies. Grenoble,
Montpellier, Lille, Marseille, Villeneuve d'Ascq (Nord) et Tours
ont déjà répondu favorablement. RSF a également
envoyé à tous les journaux un petit encadré
pour qu'ils placent le portrait de Florence Aubenas et de Hussein
Hanoun et inscrivent le nombre de jours depuis le 5 janvier, jour
de leur disparition à Bagdad.
Enfin plusieurs chefs de rédaction doivent se retrouver
mercredi à 17h00 chez le ministre des Affaires Etrangères
Michel Barnier, à la suite d'une réunion de patrons
de presse le 24 janvier à Libération au cours de
laquelle avait été évoquée l'idée
d'envoyer une délégation symbolique à Bagdad.
M. Barnier doit recevoir ainsi mercredi Arlette Chabot (France
2), Claude Carré (TF1), Alain Genestar (Paris Match), Bruno
Frappat (La Croix), Hervé Chabalier (Capa), Antoine de
Gaudemar (Libération) et Robert Ménard. Il s'agit
selon ce dernier de "discuter de l'éventualité
et des modalités possibles pour faire cette délégation".
1 février,
16h39 - AFP
20.000
autocollants en Seine-Saint-Denis pour soutenir Florence Aubenas
20.000 autocollants avec les photos de Florence Aubenas et de
son interprète irakien seront diffusés mercredi
par solidarité dans les services du conseil général
de Seine-Saint-Denis par solidarité, a annoncé mardi
le conseil général.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter à Libération,
et Hussein Hanoun Al-Saadi, 44 ans, son assistant irakien, ont
disparu depuis le mercredi 5 janvier à Bagdad.
"A l'initiative d'Hervé Bramy, président du
conseil général, le département a décidé
d'affirmer sa solidarité avec Florence Aubenas et Hussein
Al-Saadi (...) avec l'édition d'un petit autocollant où
figurent leur photo et la mention +Solidaires+", a annoncé
le conseil général dans un communiqué. Les
6.000 agents du conseil général "sont invités
à l'apposer sur les enveloppes des courriers au départ
de la collectivité, soit plusieurs milliers par jour",
a ajouté le conseil général. Au total 20.000
autocollants "seront dès le mercredi 2 février
diffusés dans les directions et services du conseil général
et tenus à disposition des agents". Par ailleurs,
"Hervé Bramy a adressé une lettre à
Serge July, directeur de Libération, pour l'informer de
cette démarche et s'associer à l'appel pour la liberté
de la presse, lancé le 24 janvier par 40 directeurs de
rédaction".
31
janvier, 21h02 - AFP
Grande affluence pour la soirée
de solidarité avec Florence Aubenas et son accompagnateur
Des centaines de personnes se presssaient lundi soir
au Théâtre du Rond-Point pour la soirée de
soutien à la journaliste de Libération Florence
Aubenas et son interprète irakien Hussein Hanoun, dont
on est sans nouvelles depuis le 5 janvier, a constaté l'AFP.
Une grande banderole est déployée au dessus de la
scène avec en gros caractères arabes et la traduction
en français "Nous informer c'est leur métier,
les sauver c'est notre devoir". Deux portrait sgéants
de Florence et d'Hussein sont également suspendus aux cintres.
Un écran géant a été installé
à l'extérieur du théâtre pour que les
nombreuses personnes qui n'ont pu rentrer suivent la soirée.
Serge July, le patron de Libération, a déclaré
que c'est "une soirée de témoignages et de
rassemblement, c'est une rumeur autour de Florence et Hussein
pour dire à leurs éventuels et probables ravisseurs
le prix immense qui est le leur". Le témoignage de
notre soutien est pour eux une sorte d'"assurance-vie"
(...) "Plus nous nous mobilisons en France, en Europe et
en Irak, et plus nous renforçons notre protection"
(...) "Sans eux, nous serions aveugles", a-t-il ajouté.
"Officiellement, nous sommes sans la moindre nouvelle, a-t-il
poursuivi, et nous ne pouvons nommer avec certitude la violence
qu'ils subissent". "Même si l'enlèvement
crapuleux parait l'hypothèse la plus crédible, la
plus conforme, c'est cette hypothèse que semblent privilégier
les autorités françaises qui doivent disposer d'élements
de naturee plus objective".
Le père de Florence, Benoit Aubenas, très ému
a dit "nous, sa famille, nous ne vivons que d'attente et
d'espérances" (...) "nous avions confiance dans
sa force d'âme" pour gérer la situation".
"Florence, nous attendons", a-t-il conclu la voix brisée.
Jean-Michel Ribes, le patron du Théâtre du Rond Point,
a dit en ouverture de la soirée "nous voulons être
solidaires et manifester notre soutien, notre amour pour que Florence
et Hussein. Florence est en vie, elle va revenir grâce à
vous", a-t-il ajouté. La mère et la soeur de
Florence sont également dans la salle, ainsi que le ministre
de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres,
l'ancien otage au Liban Jean-Paul Kauffmann, Christian Chesnot
et son chauffeur Mophammed Al-Joundi, l'ancien ministre Jack Lang,
l'actrice Catherine Deneuve, le sécrétaire du PS
François Hollande, le maire de Paris Bertrand Delanoë,
etc.
La soirée est organisée par RSF et le quotidien
Libération et elle est retransmise en direct par France-Culture.
Parmi les comédiens qui viendront lire des textes de solidarité,
sont annoncés Charles Berling, Dominique Blanc, Claude
Brasseur, Catherine Deneuve, Michel Aumont, Emmanuelle Devos,
Hippolyte Girardot, Jérôme Deschamps, Tcheky Karyo,
Judith Magre, Tonie Marshall, François Marthouret et Ludmila
Mikaël. Parmi les chanteurs et musiciens qui ont annoncé
leur participation: Alain Bashung, Bénabar, Idir, Manu
Dibango, Alain Bashung, Vincent Delerm.
24 janvier,
17h14 - AFP
A Paris, les directeurs des rédactions
d'agences, de la presse écrite et de l'audiovisuel ont
lancé lundi un appel à la solidarité avec
la journaliste française Florence Aubenas et son interprète
irakien Hussein Hanoun et à la défense de la "liberté
des journalistes".
La journaliste du quotidien français Libération,
qui a disparu à Bagdad depuis le 5 janvier, n'a pas donné
signe de vie depuis.
18
janvier, 08h42 - AFP
Près de deux semaines après sa
disparition avec son interprète irakien, Florence Aubenas,
envoyée spéciale de Libération, n'a donné
aucun signe de vie.
Le gouvernement n'a "pas d'information confirmée"
concernant le sort de Florence Aubenas et de son guide, a déclaré
lundi le ministre des Affaires étrangères Michel
Barnier. "Au moment où je vous parle, nous n'avons
pas d'information confirmée sur leur sort", a déclaré
à la presse M. Barnier.
17
janvier, 02h34 - AFP
Disparition Aubenas: al-Yaouar écarte
l'éventualité d'un rapt politique
Le président irakien par intérim Ghazi al-Yaouar
a estimé sur la télévision al-Arabiya qu'aucune
partie politique en Irak n'avait intérêt à
enlever la journaliste française Florence Aubenas et que
cette affaire pourrait être liée à une demande
de rançon.
"Je ne pense pas qu'il y ait une partie politique (en Irak)
qui aurait intérêt à enlever un Français.
Je pense que l'affaire (Aubenas) pourrait être liée
à une rançon ou quelque chose de ce genre",
a déclaré M. Yaouar dans une interview à
la chaîne à capitaux notamment saoudiens, basée
à Dubaï. "Mais ils (les ravisseurs éventuels)
essayent d'accroître la tension avant de poser leurs conditions",
a poursuivi M. Yaouar qui vient d'effectuer une visite à
Paris durant laquelle les autorités françaises ont
réaffirmé leur soutien à la reconstruction
de son pays en proie au chaos, à deux semaines des élections
générales. "Jusqu'à présent,
il n'y a pas d'informations sur la journaliste. Dans ce genre
de cas, il y a en général un mutisme total (observé
par les ravisseurs) pendant une semaine ou deux, après
lequel les informations commencent à filtrer", a-t-il
ajouté.
M. Yaouar a affirmé avoir évoqué la disparition
de Florence Aubenas avec les responsables français qu'il
a rencontrés à Paris. "Je leur ai exprimé
notre tristesse et notre souffrance en Irak concernant l'enlèvement
ou la disparition de cette dame. Nous leur avons dit que le gouvernement
irakien ne ménagera aucun effort, selon nos moyens dans
la situation sécuritaire actuelle, pour élucider
cette affaire et parvenir à un dénouement heureux
de cette tragédie", a-t-il dit. "Nous avons expliqué
aux Français que le terrorisme aveugle ne fait pas de distinction
entre les nationalités, les religions, les sexes ou les
fonctions (...). C'est cela le terrorisme contre lequel le monde
entier doit se dresser. Je ne pense pas que quiconque peut prétendre
mener la résistance, la résistance noble, et ensuite
oser enlever un innocent", a-t-il ajouté.
Florence Aubenas, envoyée spéciale du quotidien
Libération, et son accompagnateur irakien Hussein Hanoun
Al Saadi ont disparu il y a neuf jours à Bagdad.
14
janvier, 21h58 - AFP
(...) Enfin, le Premier ministre français
Jean-Pierre Raffarin a déclaré qu'"aucune information"
concernant la journaliste Florence Aubenas, disparue depuis neuf
jours en Irak, "n'est aujourd'hui confirmée",
dans un entretien à paraître samedi dans le quotidien
Libération.
12
janvier, 09h22 - AFP
Les autorités françaises ont de
nouveau demandé aux dirigeants de la presse française
de ne pas envoyer de reporter en Irak en raison des risques encourus,
alors que la disparition à Bagdad de la journaliste Florence
Aubenas et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al
Saadi restait entourée de mystère.
11
janvier, 08h54 - AFP
Concernant la disparition depuis mercredi de
la journaliste française Florence Aubenas et de son guide
irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, le ministre français des
Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué
n'avoir toujours "pas de certitude" sur les raisons
de cette disparition.
10
janvier, 21h26 - AFP
A Paris, le ministre français des Affaires
étrangères Michel Barnier a indiqué ne pas
avoir "de certitude" sur les raisons de la disparition
en Irak depuis mercredi de la journaliste Florence Aubenas et
de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi. "L'Etat (français)
mobilise tous ses moyens pour retrouver Florence Aubenas",
grand reporter au quotidien Libération, a assuré
le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
A son tour, le ministère italien des Affaires étrangères
a déconseillé lundi aux journalistes de se rendre
en Irak, où les conditions de sécurité demeurent
"très critiques".
10
janvier, 21h14 - AFP
Concernant la disparition depuis mercredi de
la journaliste française Florence Aubenas et de son guide
irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, le ministre français des
Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué
n'avoir toujours "pas de certitude" sur les raisons
de cette disparition.
10
janvier, 09h50 - AFP
Sur le dossier des otages, le Conseil des démocrates
musulmans de France (CDMF) a réclamé "que toute
la lumière soit faite sur le sort" de la journaliste
du quotidien français Libération, Florence Aubenas,
disparue avec son interprète en Irak. "Attristé
et inquiet, le CDMF se mobilise afin d'obtenir des nouvelles de
la journaliste Florence Aubenas comme il l'avait fait pour Christian
Chesnot et Georges Malbrunot, heureusement libérés",
a déclaré son président, Abderrahmane Dahmane,
dans un communiqué.
Plusieurs écrivains mondialement connus, dont trois prix
Nobel de littérature, ont appelé dimanche "ceux
qui en ont le pouvoir" à rendre sa liberté
à la journaliste, disparue depuis mercredi en Irak.
9
janvier, 09h32 - AFP
(...) Enfin, la direction du quotidien français
Libération a accueilli samedi avec prudence des informations
en provenance de Bagdad selon lesquelles son envoyée spéciale
en Irak Florence Aubenas et son interprète irakien, disparus
depuis mercredi matin, seraient "en bonne santé".
Ces informations ont été données vendredi
soir par trois hommes cagoulés à deux reporters
irakiens, dont un de l'AFP, dans la ville de Balad (75 km au nord
de Bagdad).
8
janvier, 21h43 - AFP
Dans la localité rebelle de Balad, à
75 km au nord de la capitale, trois hommes cagoulés ont
affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens,
dont un de de l'AFP, que la journaliste française de Libération
et son interprète irakien étaient "en bonne
santé". Les trois hommes n'ont pas explicitement mentionné
le nom de la journaliste et de son interprète. Selon toute
vraisemblance, il s'agit de l'envoyée spéciale du
journal Libération à Bagdad, Florence Aubenas, et
de son interprète irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus
depuis mercredi, ont estimé les deux reporters irakiens
sans en avoir de preuves définitives.
Le journaliste de l'AFP a raconté qu'il s'était
rendu de Samarra à Balad pour enquêter sur le rapt
de deux membres de l'armée irakienne. A 23h00 (20h00 ,
une voiture blanche de fabrication japonaise a intercepté
sa voiture. Un homme cagoulé est sorti du véhicule,
alors que le chauffeur et un autre sur la banquette arrière
étaient restés dans la voiture. Un autre homme armé
d'une mitrailleuse lourde était en position dans la rue.
"Il a demandé ce que nous faisions ici et nous lui
avons répondu que nous étions journalistes",
a indiqué le correspondant de l'AFP. "Il nous a dit:+La
journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé+",
a-t-il ajouté.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien Libération,
a disparu mercredi matin alors qu'en compagnie de son interprète
elle était en reportage sur place depuis le 16 décembre,
enquêtant notamment sur les femmes candidates aux élections
irakiennes du 30 janvier.
8
janvier, 21h26 - AFP
Les nouvelles de la journaliste Florence Aubenas
ont été données par trois hommes cagoulés,
qui ont affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens,
dont un de l'AFP, dans la ville de Balad (75 km au nord de Bagdad),
qu'elle était "en bonne santé", tout comme
son interprète. Florence Aubenas, 43 ans, a disparu mercredi
alors qu'elle enquêtait notamment sur les femmes candidates
aux élections.
Ces informations ont toutefois été accueillies avec
prudence par la direction du journal à Paris, et le ministère
français des Affaires étrangères n'a pas
souhaité les commenter.
8
janvier, 21h24 - AFP
Par ailleurs, l'envoyée spéciale
du quotidien français Libération, Florence Aubenas,
et son interprète irakien, disparus depuis mercredi matin,
seraient "en bonne santé", selon des informations
recueillies en Irak.
8
janvier, 14h09 - AFP
Dans la localité de Balad, à 75
km au nord de Bagdad, trois hommes cagoulés ont affirmé
vendredi soir à deux reporters irakiens, dont celui de
l'AFP, que la journaliste française de Libération
et son interprète irakien étaient "en bonne
santé". Les trois hommes n'ont pas explicitement mentionné
le nom de la journaliste et de son interprète. Selon toute
vraisemblance, il s'agit de l'envoyée spéciale du
journal Libération à Bagdad, Florence Aubenas, et
de son interprète irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus
depuis mercredi, ont estimé les deux reporters irakiens
sans en avoir de preuves définitives.
Le journaliste de l'AFP a raconté qu'il s'était
rendu de Samarra à Balad pour enquêter sur le rapt
de deux membres de l'armée irakienne. A 23h00 locales (20h00
GMT), une voiture blanche de fabrication japonaise a stoppé
sa voiture. Un homme cagoulé est sorti du véhicule,
alors que le chauffeur et un autre sur la banquette arrière
étaient restés dans la voiture. Un autre homme armé
d'une mitrailleuse lourde était en position dans la rue.
"Il a demandé ce que nous faisions ici et nous lui
avons répondu que nous étions journalistes",
a indiqué le correspondant de l'AFP. "Il nous a dit:+La
journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé+",
a-t-il ajouté.
Balad est une localité rebelle où se produisent
de nombreuses attaques contre les militaires américains
et les forces de sécurité irakiennes.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien Libération
(gauche), a disparu mercredi matin alors qu'en compagnie de son
interprète elle était en reportage sur place depuis
le 16 décembre, enquêtant notamment sur les femmes
candidates aux élections irakiennes du 30 janvier.
8
janvier, 10h11 - AFP
(...) Par ailleurs, le président français
Jacques Chirac a "formellement" déconseillé
l'envoi de journalistes français en Irak, après
la disparition mercredi à Bagdad de l'envoyée spéciale
du quotidien Libération, Florence Aubenas, et de son interprète
irakien.
Cette disparition provoque une forte inquiétude en France,
quelques jours seulement après la libération, le
21 décembre, des deux journalistes Georges Malbrunot et
Christian Chesnot, retenus en otages durant quatre mois en Irak.
Samedi 08 janvier 2005 - éditorial de Libération, par Serge July
Un témoignage indispensable
Faut-il aller en Irak ? Libération a déjà répondu à cette question : nous sommes actuellement en Irak, avec Florence Aubenas, journaliste de Libération depuis dix-neuf ans, grand reporter que nos lecteurs connaissent bien et qu'ils ont pu lire récemment sur le procès d'Outreau, après le Rwanda, l'Algérie, l'Afghanistan ou l'Irak. Jeudi matin, nous avons publié une longue enquête de Florence sur la campagne électorale irakienne. Il suffit de la relire : Florence incarne à bien des égards les valeurs et les qualités de notre journal, et de l'équipe qui le réalise tous les jours. Florence n'est pas une touriste mais un témoin professionnel, un de ces artisans de l'information qui justement ne sont pas, ne peuvent pas être, ne seront jamais agents de communication.
Florence a disparu depuis mercredi matin et avec elle son guide dans la société irakienne, à la fois interprète et accompagnateur, Hussein Hanoun al-Saadi, qui collabore avec Libération depuis dix-huit mois et qui est un élément important de notre dispositif en Irak, sans lequel notre «couverture» des événements ne serait pas ce qu'elle est.
Elle s'est rendue à Bagdad le 16 décembre, moins d'une semaine avant que nos deux confrères Georges Malbrunot et Christian Chesnot soient libérés. Parmi toutes les raisons de s'y rendre, évidemment cette campagne électorale, mais aussi le fait que nous étions toujours sans nouvelles des deux journalistes français et qu'il nous paraissait utile à leur défense et à leur protection que justement d'autres confrères opèrent sur place. Florence a naturellement rendu compte de leur libération et des conditions dans lesquelles celle-ci s'est opérée.
L'Irak est un pays en guerre à la veille d'une échéance électorale qui, pour être brinquebalante, n'en est pas moins un processus de légitimation. Guerre américaine et multiples résistances, guerres civiles évidemment, terrorismes et brigandages de tous ordres, toutes ces guerres sont meurtrières pour les Irakiens, pour les soldats de la coalition, mais aussi pour les journalistes, pour ces encombrants témoins, d'autant plus encombrants qu'ils dérangent à peu près tous les acteurs de cette tragédie politique, qui souhaitent les uns et les autres leur départ d'Irak. Le jour où il n'y aura plus de journalistes à Bagdad, Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la Défense, et le représentant d'Al-Qaeda en Irak, Abou Moussab al-Zarkaoui, seront les principales sources d'information. Si des portes restent entrebâillées, nous le devons à des poignées de journalistes sans lesquels ce pays deviendrait un territoire aveugle.
Toutes les guerres sont dangereuses à couvrir. Aucune ne se ressemble et pourtant les risques s'y répètent inlassablement. Avec ses victimes, ses blessures. Libération a les siennes. A chaque guerre, les mêmes questions, les mêmes inquiétudes, les mêmes réponses sur l'incontournable devoir d'informer. Il est possible de limiter, de raisonner les risques, pas de les éliminer. Guerres d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Quelles que soient les précautions, chaque instant est une épreuve, un acte de courage. Mais aussi un témoignage indispensable sans lequel notre vision du monde se réduirait à des communiqués officiels. Il n'y a pas de débat, de réflexion, de vie sociale et démocratique, sans ces dizaines de milliers d'actes individuels ici et ailleurs, par tous les temps et en tous lieux.
A chaque départ pour la capitale irakienne, nous nous interrogeons sur les risques, sur l'optimisation des sécurités, sur les procédures à renforcer. A chaque départ, le même questionnement, sur le moment, l'opportunité, la météo de la guerre, nos conditions de sécurité. La réponse doit être à chaque fois adaptée. En Côte-d'Ivoire par exemple, en janvier 2004, nous avions pris la décision, avec RFI, de retirer notre correspondante, Virginie Gomez, parce qu'elle était directement menacée par les «patriotes» et nous avons alors pratiqué la politique éditoriale des sauts de puce sur place.
Nous attendons tous la réapparition de Florence et Hussein, le coeur étreint et le souffle court.
7
janvier, 09h25 - AFP
(...) Par ailleurs, Paris était toujours
sans nouvelles d'une journaliste française du quotidien
Libération, Florence Aubenas, portée disparue depuis
mercredi matin en Irak.
"Nous ne savons pas de quoi il s'agit. Nous partageons l'inquiétude"
de la rédaction de Libération, a indiqué
le ministre français des Affaires étrangères
Michel Barnier sur la chaîne d'information en continu LCI,
ajoutant que "nous avons des inquiétudes mais pas
de certitudes" et que "plusieurs hypothèses"
sont possibles. Le quotidien français Libération
a annoncé jeudi être "depuis plus de 24 heures
sans nouvelles de Florence Aubenas", son envoyée spéciale
à Bagdad où elle était arrivée le
16 décembre, ainsi que de son assistant irakien.
Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi n'ont plus été
vus depuis qu'ils sont sortis de leur hôtel à Bagdad
mercredi matin, a précisé Libération dans
un communiqué.
Deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges
Malbrunot, ont été pris en otages par l'Armée
islamique en Irak et retenus pendant plus de quatre mois avant
d'être libérés le 21 décembre.
La pratique des enlèvements frappant indistinctement les
ressortissants des différents pays a fait son apparition
en Irak au mois d'avril dernier. Une trentaine d'otages sur plusieurs
centaines ont été exécutés.
Parmi eux, un journaliste italien, Enzo Baldoni, tué fin
août par l'Armée islamique en Irak qui réclamait
le retrait des troupes italiennes d'Irak.
07 janvier 2005 - liberation.fr - Antoine de Gaudemar
Pourquoi nous avons choisi d'être à Bagdad
Libération est depuis plus de quarante-huit heures sans nouvelles de Florence Aubenas, notre envoyée spéciale à Bagdad, où elle est arrivée le 16 décembre 2004. Florence était accompagnée de son guide et interprète irakien, Hussein Hanoun al-Saadi, qui collabore avec les envoyés spéciaux de Libération depuis presque deux ans. Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi n'ont plus été vus depuis qu'ils sont sortis de leur hôtel au centre de Bagdad, mercredi matin. Nous n'avons eu depuis ce moment aucun contact avec eux, délai suffisamment important pour déclencher l'alerte. Et rendre publique notre inquiétude.
Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction, répond aux questions de Libération.fr.
Faut-il arrêter d'envoyer des journalistes en Irak?
Nous sommes en Irak depuis deux ans, nous avons choisi d'y être avant, pendant et après l'enlèvement de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, au point que c'est précisément Florence Aubenas qui a couvert depuis Bagdad la libération des deux otages français. Nous avons eu plusieurs discussions sur l'opportunité de maintenir notre présence dans ce pays et nous avons toujours considéré, avec nos envoyés spéciaux, que la couverture médiatique était possible. Florence n'est pas une tête brûlée, nous non plus. La meilleure preuve, c'est que quand notre correspondante en Côte-d'Ivoire a reçu des menaces, nous lui avons demandé de quitter le pays. La question d'envoyer ou non un reporter dépasse le cadre de l'Irak, elle est aussi vieille que le journalisme de guerre.
Comment travaillent les journalistes envoyés en Irak?
Ils prennent un maximum de précautions, nous préviennent de leurs sorties, des rendez-vous qu'ils prennent. Florence nous appelait deux fois par jour et son interprète appelait sa femme toutes les deux ou trois heures. Nous avions décidé que les envoyés spéciaux ne devaient plus sortir de Bagdad.
Sur quoi repose la décision de rester, malgré les risques?
Nous pensons que la mission du journaliste est de ne pas laisser la parole à ceux qui, dans tous les camps, ont intérêt à manipuler la vérité. Comme nous, d'autres équipes de presse sont présentes en Irak pour éviter de laisser le champ libre à la propagande de guerre. La télévision italienne, la RAI, a toujours des journalistes à Bagdad alors qu'un des leurs a été tué dans le pays. C'est facile de venir nous dire «vous êtes fous d'y aller», mais c'est exactement ce que cherchent les gens qui ne veulent plus d'information, qui préfèrent les communiqués de propagande sur l'Internet. Mais notre métier ne se fait pas que dans un fauteuil, derrière un ordinateur.
Chirac et deux ministres demandent que la presse française n'aille plus en Irak...
On les entend. Nous déconseiller d'aller en Irak, c'est leur boulot, ils sont dans leur rôle, tout comme lorsque le Quai d'Orsay demande aux touristes de ne pas se rendre dans tel ou tel pays en guerre. Les politiques ont des problèmes de sécurité à résoudre. Mais si on les écoutait, il n'y aurait plus aucun journaliste dans les zones de guerre et des pans entiers de la planète deviendraient aveugles, faute de témoins. Couvrir les guerres, envoyer des journalistes raconter ce qu'ils voient, c'est défendre le rôle des médias dans la démocratie.
Mais un journaliste enlevé n'est plus un témoin.
C'est une contradiction difficile à résoudre et une question qu'on n'a pas fini de se poser
|
|
|